ACTE Y, SCÈNE III
teiise... inconnue... (c'était elle!) s'arrête, tremblante, et comme si elle sentait ses genoux fléchir, s'appuie un iiistant contre la muraille. Je me rappelle mon conte du Muletier, je détache de mon corsage un nœud, une agrafe de rubans bleus, que j'accroche à son épaule, témoin mystérieux, inrlice révélateur, qui peut, tout à l'heure, à la cour, me la faire reconnaître.
HENRI
J'en doute.
MARGUERITE, gaiement.
A tout hasard !... Je n'aurai perdu qu'un ruban, et je risque de gagiier un secret, espoir que j'ai fait partager au roi, et un autre espoir encore... Maintenant que je puis à toute heure, et saiis que personne s'en doute, me rendre auprès de lui, il sera facile de combiner avec adresse et prudence quelque nouveau moyen d'évasion.
HENRI
Quoi!... vous y pensez encore?...
MARv.URRlTE.
Toujoirs!... et grâce aux nouveaux alliés qui me viendront en aide...
HENRI
Et où les prendrez-vous?
MARGLERITE.
Dans le camp ennemi.
HENRI
Ce n'est pas possible !
Silence!... on vient!... C'est l'Infante!... SCÈNE III.
- HENRI, se retirant à récart} MARGUERITE, ISABELLE. ISABELLE, venant du fond el s'ava;'çant mystérieusement près do Marguerite.
Eh bien! quelles nouvelles?...
MARGUERITE, à demi-voix el rapidejiient.
Tout est rompu, vous êtes libre... Voici vos lettres... A vous de commander... à lui d'obéir!
ISABELLE
Merci ! j'en userai... A mon tour, je viens vous dire... (Aperce-
Tant d'Albrel, elle â'airêle et fait un geste do surprise.) Ail !...
MARGUERITE
Vous pouvez parler devant M. d'Albret, il est de notre conseil intime!
ISABELLE
Je viens vous dire de prendre bien garde... car l'empereur est d'une humeur terrible!...
MARGUERITE
Contre qui?
ISABELLE
Contre tout le monde; il vient de réunir là... dans son cabinet, ses principaux conseillers. Le comte Guattinara a été appelé; pour quel sujet? je ne puis vous le dire.
Je le saurai.
ISABELLE
Ah! et puis, avant le conseil... l'empereur a causé avec l'ambassadeur d'Angleterre... devant moi, sans gêne aucune,
MARGUERITE
Comme marque de confiance...
ISABELLE
Non... comme si je n'avais pas compris...
MARGUERITE, vivement.
C'est précieux!...
ISABELLE, avec malice.
Et je comprenais...
MARGUERITE, gaiemenU
Vraiment
ISABELLE
Je comprenais : que le roi d'Angleterre se plaignait des projets d'agrandissement de l'Espagne, et que, comme il est alhé de la France, il ne veut pas qu'on vous prenne la Bourgogne.
MARGUERITE
A merveille !
ISABELLE
Que l'empereur lui a alors écrit à ce sujet, et qu'il attend aujourd'hui sa réponse.
MARGUERITE
Merci... merci... Isabelle... (S'approchant de Henri pendant qu'Isabelle va l'asseoira la table à droite.)
Je n'en reviens pas...