SCÈNE XL
Les précédents, les Seigneurs et Dames de la cour, CHARLES- QUINT, puis HENRI D'ALBRET.
HENRI, s'approchant de Marguerite, pendant que Charles-Quînt reçoit les hommages des seigneurs et des dames.
J'ai prévenu le connétable de ^Montmorency, le cardinal d'Urbain, et tous ceux qui avaient eu l'honneur d'être invités par vous.
MARGUERITE, à Toix basM.
A merveille!...
HENRI
Quand neuf heures sonneront... tout sera terminé.
MARGUERITE
C'est un quart d'heure qu'il nous faut. Nous l'avons et au delà!
(Elle passe à gauche et s'assied près d'Isabelle. Dans ce moment Charles-Quint aperçoit Henri d'Albret. Il quitte le groupe de seigneurs avec lesquels il causait, et s'avance vers Henri.)
CHARLES-QUINT
Eh bien... Monsieur d'Albret... vous venez de voir mon frère François P^ Quelle est sa réponse?
HENRI
Celle que je pressentais, sire. Dût-on changer sa prison en un cachot, il ne cédera sur rien de ce qui touche à l'honneur de la France !
CHARLES-QUlNT, bas, à Gualtinara en souriant.
Je comprends!... 11 se croit sur de l'aj^pui du roi d'Angleterre... de là sa fierté!... Elle tomberait bien vite, s'il voyait de ses propres yeux cette lettre d'Henri... dont je ne puis me dessaisir... Mais... (Après un instant de réflexion.) Si j'allais la lui montrer!...
GUATTllSARA, à demi-voix.
Vous, sire!
CHARLES-QLl.NT, de mêras.
Moi-même... avant ce départ auquel j'aimerais mieux ne pas avoir recours.
GUATTINARA, de même.
Accompagnerai-je Votre Majesté?
CHARLES-QUlNt.
Oui... Dis à un officier de prendre un flambeau, (pendant cette
conversation, qui s'est faite à demi-voix sur le devant du IhéStre, à droite, les seigneurs et daines s.t\\ assis dan- le salon et forment différents groupes. Mar^tuerite et Isabelle sont assises l'une près de l'autre, sur le devant du lliéâlre, à gauche. D'Albret, debout derrière Marguer te. Charles-Quint va causer avec une dauie à l'extrême droite, Guattinara traverse le théâtre, donne à un officier l'ordre d'allumer un flambeau, et se trouve placé débouta la droite du fauteuil de Marguerite.)
MARGUERITE, bas, à Guattinara.
Qu'y a-t-il?...
GUATTINARA, à voix basse.
Il va monter lui-même chez le prisonnier.
MARGUERITE
Dans ce moment! ô ciel! comment l'empêcher? faire naufrage
au port!...
HENRI
Quand il ne nous fallait plus que quelques instants!
MARGUERITE
Quelques instants, mon Dieu !... comment les gagner... ah!...
(Elle voit l'officier qui s'est ajiproché de l'empereur, portant un flambeau. L'empereur se dispose à sortir. A voix haute à Isabelle.) PuisqUC VotrC AltCSSC le VCUt absolument...
ISABELLE, à demi-voix.
Je ne veux rien !
MARGUERITE, de mêm .
Si vraiment!... (a voix haute.) Puisqu'elle Texigc^i
ISABELLE, à voix haute.
Oh! certainement... je l'exige. (Charles-Quint fait signe à rofCcier delà précéder, et se met en marche.)
Je vais lui dire ce vieux fabliau... (Charies-Quint s'arrête.) ce conte pour lequel elle a la bonté de réclamer ma promesse...
CHARLES-QUlNT.
Ah ! le conte de ce matin... Ce qui plaît aux darnes, (ii fait signe
à l'olficier de partir.)
MARGUERITE
Non, sire, car celui-là vous le connaissez, et je prcCère en ra-