‹ Opéras-comiques (volume 2)Chapitre 291 sur 353 · ACTE T, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE T, SCENE VI

quand im Français tire sur un Français, c'est au cœu France elle-même qu'il frappe! 11 y a un mois pourtant, au ment où venait d'éclater la conspiration du capitaine Ledoux, j'entre un matin à Lyon; je vois rangé sur la place Bellecour un peloton d'infanterie, et avant que j'aie pu demander quelle exécution s'apprêtait... arrive une voiture de place suivie de carabiniers à cheval; j'en vois descendre, entre deux soldats, un vieillard en cheveux blancs, en grand uniforme, et je reconnais... qui?... mon ancien général ! le brave comte Lambert, qui a reçu vingt blessures au service de notre pays!... Je m'élance^ croyant qu'on Famenait sur cette place pour le fusiller ! non! c'était bien pis encore... pour le dégrader!... Était-il coupable ? je l'ignore... mais quelque crime politique qu'ait commis un brave soldat, on ne le dégrade pas, on le tue! Aussi, quand je vis un jeune commandant arracher à ce vieillard sa décoration, je ne me connus plus moi-même, je m'élançai vers mon ancien général, et, lui remettant la croix que j'avais reçue de sa main, je m'écriai ; Vive l'Empereur !

Malheureux!

HENRI

Ce qui arriva, vous le devinez; saisi, arrêté comme un chef de conspiration, je serais encore en prison, ou plutôt je n'y serais plus, si un des geôliers, gagné par vous, ne m'avait donné les moyens de fuir, ici... chez une royaliste, mon ennemie, ici, où j'ai le double bonheur d'être sauvé, et d'être sauvé par vous. Voilà mon crime!

LA COMTESSE

Dites votre gloire, Henri. J'étais bien résolue ce matin à vous sauver, mais maintenant... qu'ils viennent vous chercher auprès de moi !

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