‹ Opéras-comiques (volume 2)Chapitre 302 sur 353 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

DE GRIGNON, sortant de l'appartement à droite, puis MONTRICHARD, enlran» par le fond.

C'est étonnant!... depuis Taveu qu'elle m'a fait... elle ne me regarde plus !... Et pourtant... quand je me rappelle son trouble de ce matin, sa physionomie... tout me dit que je suis aim«3... tout... excepté elle!... Ah! c^est qu'une lettre passionnée... des paroles brûlantes ne suffisent pas pour la connaissance de mon amoHi- ... il faudrait des preuves réelles... des actions... (Remontant le théâtre el voyait M. de Monlrichaid qui en!re précédé d'un maréchal de» logis de dragons, auquel il parle bas ) Qucl CSt Cet étranger? MONTRICHARD, au dragon.

Que mes ordres soient exécutés de point en point!... Rien de plus, rien de moins!... vous entendez?

36i BATAILLE DE DAMES.

LR DRAGON, saluant et se retirant.

Oui; monsieur le préfet.

iMONTRlCHARD, s'arançant et saluant de Grignon.

Madame la comtesse d'Autreval, Monsieur?

DE GRIGNON

Elle est au salon, environnée de tous ses amis, dont elle reçoit les bouquets... C'est sa fête... mais dès qu'elle saura que M. le préfet du département...

MONTRICHARD

Vous me connaissez, Monsieur?

DE GRIGNON

Je viens d'entendre prononcer votre nom, (Faisant quelques pas yera le ?aion.) et je vais...

MONTRICHARD

Ne vous dérangez pas, de grâce î rien ne me presse ! Quand on est porteur de fâcheuses nouvelles...

Ah ! mon Dieu !

MONTRICHARD

La comtesse, que je connais depuis longtemps, a toujours été parfaite pour moi, et, dernièrement encore, le ministre ne m^a pas laissé ignorer qu'elle avait parlé en ma faveur.

DE GRIGNON

Elle est fort bien en cour! et je conçois qu'il vous soit pénible...

MONTRICHARD

Pour la première visite que je lui fais...

DE GRIGNON

De lui apporter une mauvaise nouvelle.

MONTRICHARD, froidement.

Plusieurs, Monsieur.

DE GRIGNON, effrayé.

Et lesquelles?

MONTRICHARD

Lesquelles?... mais d'abord une qui est assez grave, le feu vient de prendre à l'une des fermes de madame la comtesse.

DE GRIGNON

Vous en êtes sûr?

MONTRICHARD

Nous l'avons aperçu de la grande route où nous passions, et

Page 1