ACTE iT. ?rF,NE irr
ÎIENfil, priuis.inl un cri.
Ah! mon Dieu !
LA COMTESSG.^
Qu'avez- VOUS?
HENRI
Une contredanse que j'ai promise.
LA COMTESSE
A qui?
HENRI
A Catherine, votre fermière, vis-à-vis mademoiselle Léonie, votre nièce, contredanse que j'oubliais près de vous.
LA COMTESSE, avec joie.
Est-il possible!
HENRI
Heureusement l'orchestre n'a pas encore donné le signal... et je cours...
LA COMTESSE
Oui, mon ami... il ne faut pas faire attendre... madame Catherine la fermière... Allez!... allez!... (Pendam qu'Henri «orl par la droite, après avoir baisé la main de la comtesse qu le suit des yeux, Léonie entre doucement par la porte du fond, et s'approchant de la comtesse.)
LÉONIE
Ma tante!...
LA COMTESSE
Toi ! Je te croyais invitée pour cette contredanse...
LÉONIE
Oui.
Eh bien! tu n'y vas pas?
LÉONIE
C'est qu'auparavaot j'aurais un conseil à vous demander.
LA COMTESSE
Comment?...
LÉONIE
Je vais vous dire... Pendant que je chantais... j'ai vu des larmes dans ses yeux... à lui! et c'est déjà un bon commencement... Cela prouve que je ne lui déplais pas... n'est-ce pas, ma tante !
LA COMTESSE
Sans doute...
372 BATAILLE DE PAMES.
LÉONIE
Mais c'est qu'il m'a priée de lui faire vis-à-vis, el j'ai une grande peur que ma danse ne vienne détruire le bon effet de mon chant... j'ai envie de ne pas danser.
LA COMTESSE
Y penses-tu?
LÉONIE
J'ai tant de défauts en dansant... Hier encore, vous me le disiez vous-même... trop de raideur dans les bras... les épaules pas assez effacées...
LA COMTESSE, avec franchige.
Et malgré cela tu étais charmante.
LÉONIE, vivement.
Vraiment?...
Que trop!
LA COMTESSE, «'oubliant.
LEONIE.
Ah ! tant mieux! (Avec contentemeni.) Jc vais dauscr, ma tante, je vais danser. (Caiement.) Et puis je tâcherai de me corriger... et la première fois que je danserai avec lui... ce qui ne tardera pas,
je Tespère... (S'arrêtant.)
LA COMTESSE
Eh bien!... qui te retient?...
LÉONIE
Un autre conseil que j'aurais encore à vous demander... un
COP.SOil... pour lui plaire... (Elle regarde autour d'elle avec inquiétude.) Nous
avons le temps encore...
LA COMTESSE, à part.
Moi, lui apprendre?... Eh bien oui! si Henri me choisit après cela., c'est bien moi qu'il aimera.
LÉONIE, à demi-voix.
C'est pour ma coiffure... Si je plaçais, comme vous, quelque ornement dans mes cheveux... une fleur... ou plutôt... (Montrant
un bracelet.) Cc braCClct dc pCrlcS.
LA COMTESSE, vivement.
Enfant! qui ne sais pas que la plus belle couronne de la jeunesse, c'est la jeunesse elle-même, et qu'en voulant parer un front de seize ans, on le dépare...
LÉONIE
Eh bien... je ne mettrai rien... Merci, ma tante... adieu, ma ante I... (Eiie i^» nas pour s'éloigner.) Ah ! j'oubliais... S'il me parle