‹ Opéras-comiques (volume 2)Chapitre 315 sur 353 · ACTE IT, SCÈNE VIIlJ · texte numérisé non relu

ACTE IT, SCÈNE VIIlJ

LA COMTESSE;, avec bonhomie.

M. de Flavigneul !. .. ce tout jeune homme, qui a l'air si doux... ob ! je n'aurais jamais cru cela de lui !... je l'ai vu en effet quelquefois chez sa mère... mais c'en est fait^. (Riant.) je dis comme le farouche Horace : Il est bonapartiste, je ne le connais plus ! Je crois que je fais le vers un peu long, mais Corneille me \q pardonnera... Ah! ça, mais où est-il ce M. de Flavigneul?

MQISTRICHARD,

Il se cache.

Il se cache !

Dans un château...

Voisin?

Très- voisin...

I^ COMTESSE

MÛNTRICHARP, LA COMTESSE.

MONTRICHARD

LA COMTESSE

OÙ vous allez le surprendre...

MONTRICHARP,

Voilà le difficile !... et il me faudrait votre aide pour cela, Madame...

LA COMTESSE

Mon aide!..,

MONTRTCHARD.

Oui! Imaginez-vous que ce château appartient à une femme du plus haut rang, du plus pur royalisme... une femme d'esprit, de cœur, et de plus, ma bienfaitrice...

LA COMTESSE, ironiquement.

Comme moi?...

MONTRTCHARD.

Précisément... Vous concevez mon embarras... pour lui dire d'abord, que je la soupçonne, puis, que je viens faire chez elle une invasion domiciliaire... et, ma foi. Madame, je vous l'avouerai... j'ai compté sur vous pour la prévenir.

LA COMTESSE, éclatant de rire.'

Ah! la bonne folie!... Ainsi vous croyez que moi!... je recèle un conspirateur...

MONTRICHARD

, Ilélas ! ... je ne le crois pas; j'en suis sûr î

380 BATAILLE DE DAMEf?.

LA COMTESSE

Et c'est pour cela que vous avez amené tout cet attirail de dragons? que vous avez déployé ce luxe de gendarmerie?

MONTRICHARD

Mon Dieu, oui ! et je ne m'éloignerai qu'après avoir arrêté Tennemi du roi... Il faut bien que je vous prouve ma reconnaissance, comtesse...

LA COMTESSE, changeant de ton.

Eh bien... moi, monsieur le baron, je vous prouverai comment une femme offensée se venge î

MONTRICHARD

Vous venger...

LA COMTESSE

D'un procédé inqualifiable... d'une sanglante injure pour une fervente royaliste comme moi... (Aiiant au canapé.) Veuillez vous asseoir, baron... asseyez-vous... et écoutez-moi !...

HENRI, sii rapprochant pour écouler, et à part.

Qu'est-ce qu'elle va lui dire?

LA COMTESSE, à Henri.

Qu'est-ce que vous faites là?.,, vous écoutez, je crois... achevez donc votre service! (a Montnchard.) Vous rappelez-vous, monsieur le baron, qu'il y a, hélas I... dix-huit ans, un jeune magistrat plein de talent et de zèle, fut envoyé au château de Kermadio, pour y arrêter trois chefs vendéens?...

MONTRICHARD

Si je me le rappelle, Madame? ce magistrat, c'était moi !

LA COMTESSE, avec moquerie.

Vous !... vous étiez alors procureur de la république, ce me semble...

MONTRICHARD

Vous croyez?..

J'en suis sûre.

C'est possible.

LA COMTESSE

MONTRICHARD

LA COMTESSE

Or donc, puisque c'était vous, monsieur le baron, vous souvenez-vous qu'une petite fille de treize ou quatorze ans?...

MONTRICHARD

Fit évader les trois chefs vendéens à ma barbe, et avec une adresse...

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