‹ Opéras-comiques (volume 2)Chapitre 41 sur 353 · ACTE III, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE I

DESGAUDETS.

Vous avez fait ce coup-là ?

ALBERT

Oui, Monsieur... j'ai justifié cette pauvre femme?

DESGAUDETS.

Et vous lui avez ôté sa pension?

ALBERT

Moi !... comment cela?

DESGAUDETS.

M. de Marignan, qui tient à se faire des amis, apostille toutes le*^ pétitions qu'on lui présente sans les lire, c'est connu au ministère, et pour donner à celle-là un caractère distinctif, un cachet particulier qui attirât sur el'e l'attention et rintérèl... j'avais glissé à l'oreille du secrétaire général quelques mots... accompagnés d'un sourire... de ces mots qu'on peut interpréter et amplifier... à volonté!

ALBERT, a»ec colère.

Mais vous avez donc la manie... la rage des... amplifications.

DESGAUDETS, froidement.

C'est mon système ! le seul pour arriver. Aussi, vous le voyez... j'avais réussi... tandis que vous! Je ne m'étonne plus maintenant de cette lettre à laquelle je ne comprenais rien... (Lui donnant une leitre.) Vous pouvcz Texpliqucr !

ALBERT, la regardant d'un air troublé.

C'est de madame de Saint-Avold... et elle vous est adressée !.*. (Lisa>it ) « Monsieur, j'apprends par un employé du ministère, et « je ne sais comment vous en remercier, que vous aviez, sans « me connaître, parlé en ma faveur. On allait m'accorder le « supplément de pension que vous aviez demandé pour moi, « lorsque quelqu'un... (je ne puis encore le croire) M. Albert « d'Angremont, que mon mari a comblé de bontés, est venu « détruire l'effet de vos soins. Je ne sais ce qu'il a pu dire « coîitre nous, dans les bureaux, mais toute la bonne volonté « qu'on noustémoiguait s'est évanouie, et devant un procédé aussi « indigne... devant une ingratitude pareille... » (N'achevant pas u ieiti«.) Ah ! c'est à confondre !... c'est moi qu'on accuse... et c'est vous qu'on remercie...

DESGAUDETS.

Vous le voyez?

ALBERT

Moi qui chéris la mémoire du général... Moi qui défendais

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l'honneur de sa veuve courons du moins la délrompor!...

DESGAUDETS, le retenant.

Attendez donc! j'ai une invitation à vous transmettre de la part de M. de Marignan et de la mienne.

ALBERT

A moi!...

DESGAUDETS.

Comme ami de Maxence et de sa famille, vous êtes prié d'assister au contrat qui se signe aujourd'hui chez moi... ainsi qu'au dîner et à la soirée que nous donne chez lui M. de Marignan.

Un contrat ce matin... un diner ce soir... et pourquoi donc?

DESGAUDETS.

Pour le mariage d'Antonia^ ma pupille!

ALBERT

0 ciel ! et avec qui ?

DESGAUDETS.

Avec M. de Marignan... c'est décidé depuis hier soir... et je suis encore à me demander comment elle y a consenli! .. (iie-

j.ardant Albert qui chancelle et s'appuie sur un fauteuil.) Eh bien! qu'aVeZ-VOUS

donc ?

ALBERT

Rien, Monsieur... je vous jure.

DESGAUDETS.

Mais si, vraiment I

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