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SCÈNE PREMIÈRE

M. DE LINSBERG, MADEMOISELLE DE WEDEL.

MADEMOISELLE DE WEDEL.

Non , la princesse n'est pas visible, elle n'est pas encore remise de sa frayeur; mais, savez-vous que moi qui vous parle, j'ai manqué de mourir de joie et de surprise en vous apercevant? Comment, monsieur le comte, on vous croit à soixante lieues d'ici, occupe! à vous battre, et tout à coup vous vous trouvez à nos côtés à cette partie de traîneaux, où sans vous...

M. DE LINSBERG.

Rien n'est plus simple à vous expliquer. Arrivé hier à

â LA NEIGE.

minuit, j'apprends que toute la cour devait se rendre ce matin sur le grand lac, et qu'il y am'ait une course de traîneaux. J'étais curieux d'y assister; mais, pour différents motifs, ne voulant pas qu'on fût instruit de mon retour, je m'étais glissé dans la foule, et j'étais placé au premier rang, lorsque j'aperçois le traîneau de la princesse qui était lancé d" uotre côté et qui se dirigeait vers un endroit où la glace étail rompue ! Je n'eus que le temps de me précipiter au-devant de Son. Altesse et de l'arrêter. Je ne sais plus trop ce qui s'est passé. Je crois seulement que la violence du coup m'a renversé, car j'ai entendu en tombant un cri d'effroi, et j'ai cru reconnaître la voix de la princesse et la vôtre, ma chère baronne.

MADEMOISELLE DE VVEDEL.

Je le crois bien! j'étais derrière; comme tille d'honneur de Son Altesse, je suis obligée de la suivre partout ; et voyez où le devoir de ma charge allait me conduire!.. Eh! mon Dieu! vous revenez de l'armée, et j'oubliais de vous demander des nouvelles. Vous avez battu l'ennemi, n'est-il pas vrai?

M. DE LINSBERG.

Oui, certainement.

MADEMOISELLE DE WEDEL.

Ah! que vous avez bien fait! Nous nous intéressions tous à vos succès, jusqu'à la princesse elle-même, qui ne s'occupait jamais de géographie, et que j'ai surprise deux ou trois fois suivant sm- la carte les mouvements de l'armée. Aussi, dès que j'apprenais quelques nouvelles favorables, je com-ais vite les lui répéter.

M. DE LINSBERG, souriant.

Que vous êtes bonne! Ah! je savais bien que je pouvais compter siu* l'amitié de mademoiselle de Wedel.

MADEMOISELLE DE WEDEL.

N'est-ce pas bien naturel? 11 n'y a que vous dans cette coiu" avec qui je puisse m'entendre. Vous, sans famille, moi, sans fortune; exposés à toutes les attaques, à toutes les railleries, nous nous prêtions un mutuel secours; aussi je vous attendais. Ah !

M. DE LINSBERG.

Il y a donc du nouveau!

MADEMOISELLE DE WEDEL.

Oh! beaucoup; je vais vous conter tout cela. D'abord un

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