‹ Opéras - comiquesChapitre 2 sur 305 · ACTE ï, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE ï, SCENE I

grand événement : la princesse, qui jusqu'ici paraissait insensible, aime enfin quelqu'un et va se marier.

M. DE LINSBERG, à part.

Ce qu'on m'avait dit était donc vrai, et mes soupçons n'étaient que trop fondés, (iiaut.) Quoi! Son Altesse...

MADEMOISELLE DE WEDEL.

Oui, Son Altesse la princesse Louise de Souabe va épouser le prince de Neubourg.

M. DE LINSBERG.

Le prince de Neubourg?

MADEMOISELLE DE WEDEL.

Celui qui ce matin conduisait le traîneau de la princesse

M. DE LINSBERG,

Eh bien, je l'aurais parié.

MADEMOISELLE DE WEDEL.

Et moi aussi.

M. DE LINSBERG, étonné.

Quoi donc?

MADEMOISELLE DE WEDEL.

Qu'il renverserait Son Altesse ! Le prince de Neubourg est le plus maladroit des hommes. Élevé dans les camps, n'ayant aucun usage de la société, brusque, bizarre, il ne fait rien comme tout le monde, et avec tout cela il est difficile d'être plus aimable.

Vous voulez plaisanter?

MADEMOISELLE DE WEDEL.

Non , il a une franchise , une bonhomie qui font tout pardonner. Nul ne convient mieux que lui de ses maladresses et ne s'entend mieux à les réparer. Du reste, il est vivement protégé par le grand-duc, par la comtesse de Drakenback, notre gouvernante, et par le chambellan Valborn, qui s'est fait votre ennemi mortel, je ne sais pourquoi, apparemment pour être quelque chose. Il croit que cela lui donne de la consistance.

M. DE LINSBEUG.

Mon ennemi ! il l'a toujours été, surtout depuis que j'ai obtenu cette place de capitaine des gardes, que madame de Drakenback sollicitait pom'lui. Mais, dites-moi, la princesse...

MADEMOISELLE DE WEDEL.

D'abord recevait le prince assez mal ; mais depuis, grâce ù "nés soiiis...

M. DE LINSBERG.

Vos soins, baronne?

MADEMOISELLE DE WEDEL.

Oh ! c'est charmant ! c'est moi qui donne au prince de Neubourg des leçons de galanterie : c'est mon élève.

COUPLETS

PREMIER COUPLET

Je suis fîère de ses progrès Pour la grâce et la politesse; A peine je le reconnais; Mais il veut plaire à la princesse, Et je crois qu'il a réussi.

(tinsberg fait un mouvement.) Silence!... C'est un grand inystète' Mais vous êtes mon seul ami, Et, de plus, vous savez vous taire.

ENSEMBLE

LINSBERG.

Dieux! que viens-je d'apprendre!

Cachons-lui mon tourment.

MADEMOISELLE DE WEDEL.

Daignez encor m'entendre.

Ah! ce n'est rien, vraiment.

DEUXIÈME COUPLET

MADEMOISELLE DE WEDEL.

Sur l'amour et sur son pouvoir.

Jusqu'ici j'ai peu de science, A part moi pourtant j'ai cru voir Qu'on lui donnait de l'espérance!

On aime à causer avec lui.

(Même mouvement de Linsberg.) Silence!... C'est un grand mystère!

Mais vous êtes mon seul ami.

Et, de plus, vous savez vous taire.

ENSEMBLE

LINSBERG.

Dieux! que viens-je d'apprendre!

Cachons-lui mou tourment.

MADEMOISELLE DE WEDEL.

Oui, VOUS devez m'entendre.

N'en dites rien, vraiment.

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