SCÈNE VII
MADEMOISELLE DE WEDEL, LINSBERG, sortant de cher le
grand-duc , d'un air agité.
MADEMOISELLE DE WEDEL.
Eh! mou Dieu! qu'avez-vous donc?...
M. DE LINSBERG.
Rien. Je vous quitte; je m'éloigne!
MADEMOISELLE DE WEDEL.
Qu'est-il donc arrivé ?
M. DE LINSBERG.
Je ne sais; mais c'est un parti pris. Le prince de Neubourg ne quitte pas Son Altesse, il est sans cesse auprès d'elle, (a part.) Et ce M. de Valborn, qui semblait prendre plaisir à me le faire remarquer. (Haut.) Enfin, dans un moment où de nouveau la princesse lui présentait la main, je l'ai vu distinctement, il a osé la porter à ses lèvres !
ftUDEMOISELLE DE WEDEL,
Au fait, c'est peu convenable ; mais on peut lui pardonner.
M. DE LINSBERG.
Lui pardonner! Je me suis élancé vers lui...
MADEMOISELLE DE WEDEL, vivement.
Hé! pourquoi donc. Monsieur? qu'est-ce que cela vous fait?
M. DE LINSBERG.
Qui? moi? je l'ignore. Mais enfin dans ce mouvement j'ai heiu'té par mégarde M. de Valborn, qui sans doute s'en est formalisé : je ne sais ce que je lui ai répondu ; mais c'est sur lui qu'est retombé mon ressentiment. Je n'étais plus à moi.
MADEMOISELLE DE WEDEL.
0 ciel! vous l'avez défié?
M. DF. LINSBERG.
Je le crois...
MADEMOISELLE DE WKDEL.
Devant des femmes! devant la princesse!
M. DE LJNSBERG.
Devant le monde entier.
MADEMOISELLE DE "WEDEL.
Manquer à ce point de respect !
M. DE LINSEERG.
Je me suis aperçu de ma faute à l'air sévère du grand-duc, aux murmures des courtisans; mais il était trop tard, la princesse m'avait donné l'ordre de sortir de sa présence.
MADEMOISELLE DE WEDEL.
Pouvait-elle faire autrement?
M. DE LINSBERG.
Je le sais. (Regardant dans le fond.) C'est M. de Valbom.
MADEMOISELLE DE WEDEL.
Grand Dieu! qu'allez-vous faire?
M. DE LINSBERG.
Rien, je vous le promets; m'informer seulement de ce qui
s'est passé.