PREMIÈRE VOISINE
Nous v'noiis, à l'amitié fidèles.
HENRIETTE
Vous êtes bien bonnes, vraiment.
SECONDE VOISINE. Eh bien! ma cher', (luelles nouvellet!
TOUTES
Recevez notre compliment.
HENRIETTE, apercevant madame Bertrand.
Allons, encor madam' Bertrand !
Que j' la déteste! cih! quel tourment!
CHCXUR.
Au lever d' la mariée Nous venons de grand matin.
Pour qu' la fét' soit égayée.
Faut encore un lendemain.
DUO
MADAME BERTRAND
Peut-on vous d'mandcr, ma voisina.
Gomment se port' votre mari?
HENRIETTK.
Mon mari !
Mais pour aifairu, j'imagine.
Dès le matin il est sorti.
MADAME liERTRAND.
Il est sort ?
Voyez pourtant la médisance :
106 LTÎ MAÇON.
Des jiorsonnes m'onl assuré Qu'hier il notait jias rentré.
iii:iNitii:TTE.
Que dites-vous?
MADAME liERTRAlND.
Quelle imprudence! Pardon! car je crois voir Que j'ofTens' Madam' sans le vouloir :
Me taire alors est un devoir.
Pardon, car je le voi, J'offensu Madam' malgré moi; C'est indiscret à moi.
HENRIETTE
Du tout, car on peut voir Que Madam' se fait un devoir D'obliger du matin au soir.
Qui? moi m' fàclier, pourquoi?
C que dit Madame est, je le voi.
Par intérêt pour moi.
ENSEMBLE
MADAME BERTRAND
Voyez c' que c'est qu' d'obliger les gens; Comme on répond à mes soins obligeants!
HENRIETTE
EU' ne se plaît qu'à désoler les gens !
MADAME BERTRAND
C'est donc, ma chère, une querelle?
Cela se voit souvent, ma belle.
HENRIETTE
Ça n'est pas chez nous. Dieu metci!
MADAME BERTRAND
Je 1' crois bien, du moins jusqu'ici.
HENRIETTE
Dieu! que j'ai peine à me contraindre!
On n' peut pas souvent, c'est à craindre, Trouver un mari de son goût.
HENRIETTE
Je s;iis des gens bien plus à plaindre Qui n'en peiiv'nt pas trouver du tout.
MADAME BERTRAND
Que dites-vouj? quelle insolence 1