‹ Opéras - comiquesChapitre 117 sur 305 · ACTE III, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE V

C'est peut-être ça; mais, depuis hier, cette fièvre-là ne m'a pas quitté.

ROGER

Tu viens de chez le lieutenant de police? que t'a-t-il dit?

BAPTISTE

Rien, je ne l'ai pas vu.

• ROGER

II se pourrait ! N'étions-nous pas convenus que tu courrais chez lui ?

BAPTISTE

Oui, sans doute. Aussi j'ai été jusque dans la rue; mais là il m'est arrivé...

ROGER

Quelques événements ? quelques nouvelles ?

B.\PTISTE.

Non, des réflexions; des réflexions que j'ai faites... Vois-tu, Roger; ces superbes voitures qui nous ont conduits, ces deux bourses pleines d'or qu'on nous a données , ces deux domestiques qui nous entouraient et qui étaient si insolents, tout cela prouve...

ROGER

Eh bien ?

BAPTISTE

Tout cela prouve qu'ils appartiennent à quelque grand seignem"; nous autres gens du peuple nous n'avons pas besoin de nous mêler de tout cela.

Y penses-tu?

BAPTISTE

Oui, sans doute. Il vaut mieux rester chez soi et ne pas se compromettre pour les autres. Raisonne un peu, et tu verras qu'un homme riche a toujours raison.

ROGER

Et pourquoi? morbleu!...

BAPTISTE

Pourquoi! pourquoi! D'abord il a raison d'être riche... et toi, c'est un tort que tu as de n'être qu'un imbécile ! qui veux te mêler de ce qui ne te regarde pas.

ROGER

Tu veux donc que j'abandonne ce malheureux jeune homme?

lE MAÇON.

BAPTISTIC.

Sois donc tranquille ; je ne suis pas inquiet sur son compte. Autant que j'ai pu voir, c'est quoiqu'un de distingué. Nous autres, quand nous sommes dans le danger, nous y restons; mais les gens comme il faut s'en tirent toujoiu-s.

ROGER

Et comment veux-tu qu'il se tire de là?

Bah! avec des protections... Et puis, apprends que ce matin, avant que jôtasse mon bandeau, l'im d'eux m'a dit à l'oreille : « Garde le silence, ou nous te retrouverons. »

ROGER

Et à moi aussi on m'en a dit autant, ça m'est égal.

BAPTISTi:.

Mais écoute donc. Tout à l'heure, au moment où j'allais entrer chez M. le lieutenant do police, j'ai cru, dans la rue, en reconnaître un qui me suivait.

ROGER

Et tu ne lui as pas sauté au collet ! tu ne l'as pas arrêté !

BAPTISTE

Au contraire, c'est ce qui m'a fait sauver.

ROGER

Dieu ! si j'avais été là ! Vois-tu, Baptiste, je ne peux pas vivre comme ça. Arrivera ce qui pourra, à moi ou aux miens, mais je le sauverai.

BAPTISTE

Est-il possible d'être égoïste à ce point-là !

ROGER

Je ne te compromettrai pas, je te le jm-e; mais cherche dans ta mémoire, cherche bien. N'aïu'ais-tu pas vu ou entendu quelque chose qui pourrait nous mettre sur la voie?

BAPTISTE

Dans le trajet, j'avais comme toi les yeux bandés, et dans cette grotte, lorsque ce diable d'homme nous parlait, j'avais tellement peiu" que je ne l'entendais pas; mais cependant si j'étais bien sûr de ta discrétion, je pourrais te commmiiquer une découverte.

ROGER , lui sautant au cou.

Ah! mon ami! mon sauveur! parle vite.

DAPTISTE.

En dehors de cette grotte, où c'était deux fois plus obscur

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