ACTE III, SCÈNE XI
HENRIETTE, pleurant.
Ah' ma pauvre madame Bertrand, je suis bien malhcureiise ! Mon mari a perdu la tête. Voilà sa raison qui a déménage.
MADAME BERTRAND
Écoutez-donc, ma chère, c'est peut-être votre faute; cela exigeait des ménagements, et vous lui aurez reproche avec trop de dureté... lui qui est nouvellement en ménage et qui n'a pas encore l'habitude des scènes.
HENftlETTE.
Moi' lui faire une scène! au contraire, j'ai été trop bonne : aussi j'en aurai justice. Je m'en vais chez mon frère; je vais tout lui raconter.
MADAME BERTRAND
Votre frère! Ah bien oui! c'est bien pis encore; et celui-là en a fait bien d'autres!
HENRIETTE
Que dites-vous?
MADAME BERTRA^D.
Je me doutais bien qu'il y avait quelque chose, et que ce n'était pas naturel. Je viens de chez lui, et sa femme est dans la désolation. Apprenez que M. Baptiste, votre frère, a passe la nuit hors de sa maison.
HENRIETTE
Comment! et lui aussi!
MADAME BKRTRAND.
Et lui aussi! les deux beaux-frères! Quelle famille! et quel exemple pour le faubourg! Car enfin, jusqu'ici les maiis étaient sédentaires, du moins la nuit...
HENRIETTE
Je vais parler à mon frère.
MADAME BERTRAND
Vous avez raison, il faut vous plaindre à lui, à toute la famille; je vous soutiendrai. C'est une affaire qui nous regarde toutes.
HENRIETTE
Mais puisque vous êtes veuve!
MADAME BERTRAND
C'est égal : on ne sait pas ce qui peut arriver. (Montrant la rue.) Mais regardez donc; où va tout ce monde qui court amsi dans le faubourg?
1 ! î^ LE MAÇON.
riNAi..
(On aperçoit dans la rue qui est au fond tout la peuple qui traverse le thr^tre en courant. )