SCÈNE IX
M. DE LINSBERG, MADEMOISELLE DE WEDEL.
MADEMOISELLE DE WEDEL.
Eh bien!...
M. DE LINSBERG.
Quoi! vous étiez encore là?
MADEMOISELLE DE WEDEL.
Oui , parlez ; que vous a-t-il dit''
M. DE LIKSBERG.
Pendant sis mois l'on m'exile de la cour.
MADEMOISELLE DE WEDEL.
Ah! voilà ce que je craignais.
M. DE LINSBERG, à part.
Elle pleurait; et c'est moi qui rafQii:e, qui l'outrage! mais partir sans la voir, sans me justifier! (iiaut.) Baronne, condui- .sez-moi vers elle; il faut que je la voie, que je lui parle.
MADEMOISELLE DE WEDEL.
Y pensez-vous? ne vous a-t-on pas donné l'oiJre de vous \.'loi2;ner?
1i LA NEICE.
M. DE LINSBERG.
Oui, sans doute; aussi je veux lui parler; mais à elle seule.
MADEMOISFXLE DE WEDEL, d'un air étonné.
Ernest, Ernest, vous n'y êtes plus. Un entretien particulier, quand elle vous a banni de sa présence !
M. DE LINSBERG.
Oui, oui, vous avez raison; je ne sais ce que je veux.
RÉCITATIF
0 ciel! après trois mois d'absence...
Sans pouvoir lui parler, m'éloigncr de ces lieux! Et dévorer encor mes chagrins en silence!
Ahl plaignez-moi! je suis bien malheureux! DUO.
Il faut partir.
Partir encore.' Hélas! j'ignore Mon avenir.
(a part.) Mais auprès d'elle Mon cœur Adèle Reste en ce lieu.
Adieu! adieu !
MADEMOISELLE DE WEDEL.
Eh quoi ! partir, Partir encore !
Hélas ! j'ignore Notre avenir !
Mais un cœur tendre.
Pour vous défendre, Reste en ce lieu.
Adieu! adieu !
M. DE LINSBERG.
Quoi! me bannir de sa présence!
MADEMOISELLE DE WEDEL.
Qu'avez-vous lait? quelle imprudence!
M. DE LINSBERG.
Hélas! mon crime est bien plus grand.
(a part.)
0 Louise! ô ma noble épouse! J'ai pu, dans ma fureur jalouse, Te soupçonner un seul instant; J'ai mérité mon rhàtiment.