SCÈNE VIII. GEORGES, GAVESTON
GEORGES
Elle s'éloigne; elle a disparu.
GAVESTON
Mon jeune officier, voici le point du jour.
GEORGES
Déjà!...
GAVESTON
Je vois que je vous ai réveillé.
GEORGES
Hélas oui ! un joli rêve, si c'en est un...
GAVESTON
Eh bien ! comment avcz-voiis passé la nuit?
GEORGES
Une nuit charmante, quoiqu'un peu agitée; car, en honneur, je n'ai pas eu le temps de dormir.
GAVF.STON.
Je conçois, le souvenir de la dame blanche vous a poursuivi.
iV)Q LA DAME BLANCHE.
GEORGliS.
Son souvenir!... mieux que cela.
GAVESTiiN.
Que voulez-vous dire?
GEORGKS.
Tenez, mon cher hôte, comme vous et beaucoup d'autres esprits forts allez probablement vous moquer de moi, je commence le premier : je vous dirai donc en confidence qu'à dater d'aujourd'hui je me déclare le chevalier de la dame blanche.
GAVESTON
Est-ce que par hasard vous l'auriez vue ?
GKOROI.S.
Non, je ne l'ai pas vue... mais j'ai passé une heure avec elle; une conversation charmante, un ton excellent; ce qu-. prouverait que dans l'autre monde il y a fort bonne société.
GAVKSTON.
Ah çà! permettez : êtes-vous bien sûr d'être dans votre bon sens ?
GEORGES
Ma foi, je vous le demanderai; car je n'ose plus m'en rapporter à moi-même.
GAVESTON
J'espère cependant que vous ne croyez pas à la dame blanche; c'est impossible!
GEORGES
Vous avez raison, c'est impossible! aussi je suis comme vous, je n'y crois pas, mais j'en suis amoureux.
GAVESTON
AmoureiLX de la dame blanche !
C'est-à-dire d'elle ou de mon inconniie ; peut-être de toutes les deux, je ne vous dirai pas au juste. Par exemple, je dois vous ei; prévenir, vous n'êtes pas dans ses bonnes gïàces ; elle vous traite fort mal.
GAVESTON
Moi!
GEORGES
Elle prétend (mais c'est elle qui parle) que vous êtes un homme injuste, avide, intéressé; que dans la vente (jui va