ACTE ÎT, SCÈNE VTTÎ
avoir lieu ce matin, vous voulez vous rendre acquéreur pour dépouiller votre ancien maître.
GAVESTON
On pourrait supposer...
GEORGES
Rassurez-vous, elle dit que votre espoir sera déçu, et qu'elle empêchera bien l'héritage des comtes d'Avenel de tomber entre vos mains.
GAVESTON
Ah! la dame blanche vous a dit cela?
GEORGES
Ces propres paroles , ou à peu près.
GAVESTON
Eh bien! l'événement prouvera qui d'elle ou de moi a le plus de pouvoir; car, dans une heure, ce riche domaine m'appartiendra. Tenez, tenez, voyez-vous, dans la cour du château, M. Mac-lrton, le juge de paix, qui doit présider à cette vente, et tous les gens du pays qui viennent y assister?
GEORGES
Ce sont vos affaires, arrangez-vous. Je vais faire vm tour de parc en attendant les ordres de ma dame invisible, car elle m'a promis de me les envoyer.
GAVESTON
Vraiment ?
GEORGES
Oui, par un message charmant, par ma belle inconnue, qu'il me tarde de voir paraître.
GAVESTON , à part.
Allons, allons, je lui supposais d'abord quelque arrièrepensée; mais décidément il a perdu l'esprit. (Haut.) Eh bien ! mon jeune officier, pourquoi ne restez-vous pas ici? vous verrez par vous-même qui aura raison de la dame blanche ou de moi.
GEORGES
Au fait, c'est un spectacle comme un autre: je n'ai jamais été à une vente publique.
GAVESTON
Jamais?
GEORGES
Non, sans doute, et il y avait de bonnes raisons.
GAVKSTON.
Asseyez-vous aux premières places.
lo8 LA DAME ni,AN'CnE.
SCÉNJ' IX.
GEORGES, GAVESTON, DIKSON, MARGUERITE, JENNV;
CHOEUR DK FEKMIiOUS i: T DK VASSAUX.
CHOEUR
Nous qtiittone nos travaux champêtres, Nous accourons en co castel Savoir quels sont les nouveaux maîtres Du beau domaine d'Aveoel.
MARGUERITE
Hélas! quelle douleur, i'é[)rouve!
Voici donc le moment fatal.
JENNY, apercevant Georges.
C'est vous, Monsieur, je vous retrouve!
Hé bien! ce mystère infernal'?
DIKSO:^.
Qu'avez-vous vu? parler, de grâce f
GEOI'.GES.
Vous le saurez. Mais, en honneur, J'ai bien fait de prendre sa place.
Car il en serait mort de peur !
DIKSOW.
Vois-tu, ma femme, quelle horreur!
JEMNY.
Mais taisons-nous, faisons silence, Car voici monsieur Mac-Irton, Le juge (le paix du canton.
(Entrent Mac-Irton et tous les gens de justice. Ils vont se placer sur des sièges préparés autour d'une table au milieu du théâtre, Gaveslon se tient d«buut à gauche, non loin de lui. A droite, sur le premier plan, George» assis sur un fauteuil; Diiison environné de tous les fermiers.) LES FERMIERS, à Diksoa.
Tu vas bien te montrer, je pense.
d'autres FERMIERS.
Tu connais quels sont tes devoirs.
DIKSON.
Ne craignez rien, j'ai vos pouvoirs J' sais jusqu'à quelle concurrence
Il nous est permis d'enchérir.
MAC'IRTON.
Messieurs, la séance commence.
GEORGES
Gomment cela va-t-il fioirt