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SCÈNE PREMIÈRE

HENRIETTE, MINA, demoiselles de boutique, occupées à travailler.

IMRODUCTION.

LE CHOEUR

Travaillons, Mesdemoiselles ; Grâce à nos heureux talents, Les dames soront plus belles Et les messieurs plus galants,

MINA

C'est en chantant que l'ouvrage s'avance. Henriette, dis-nous la romanci?

De Brigitte et de Julien.

TOUTES, regardant autour d'elles.

Madame n'est pas là!

ACTK I, SCÈNE I. '83

TOUTES

Silence! écoutons bien.

HENRIETTE

PREMIER COUPLET

« Si je suis infidèle^ « Même après ton trépas, « Pour me punir, dit-elle, « Julien, tu reviendras! »

Il partit et Brigitte Un prand mois le pleura.

Et puis le mois d'ensuite Elle se consola.

Dans ce temps-là C'était déjà comm' ça.

Mais alors en Autriche

Était un beau seigneur,

Jeune, amoureux et riche,

Toujours rempli d'ardeur.

Brigitte, toujours constante,

D'abord le repoussa; Puis la semaine suivante,

Brigitte l'épousa.

Dans ce temps-là

C'était déjà comm' ça.

TROISIÈME COUPLET

On fait le mariage; Mais voilà que le soir.

Un siiectre au noir visage Près du lit vient s'asseoir.

(Toutes les petites filles se lèvent et se rapproclieut d'Hc.ivicUe.) Et ce spectre effroyable, Cest Julien, le voilà.

(Le mcutrant de la main.) Et d'effroi la coupable A sa vue expira!

Dans ce temps-là C'était toujours comm' ça.

LA FIANCËË.

SCÈNIl II.

Les précédents; MADAME CHARLOTTE, suivie d'une demoisulli?

DE COMPTOIR, portant un carton.

LE CHOEUU.

Mais taisons-nous ! c'est Madame ! c'est elle !

(Se rasseyant et se mettant à l'ouvrage.) Eh vite! redoublons de travail et de zèle.

MADAME CHARLOTTE

PREMIER COUPLET

Que de mal, de tourments!

Et qu'il faut le talents, Quand on est modiste et coutuiière!

Aux tendrons de quinze ans,

Et même aux grand'mamans, A chacune, en un mot, il faut plaire.

« Changez-moi ce bouquet,

« La couleur m'en déplaît! »

— « Reprenez ce bonnet, « Je le veux plus coquet, n

— « Le tour de ce corset « Me paraît indiscret. »

Que de goûts différents!

Que de mal, de tourments!

Quand on veut satisfaire les femmesl

Il faudrait des secrets

Pour pouvoir à jamais Conserver les attraits de ces dames .

On a tant d' mal déjà

A garder ceux qu'on a!

L'une veut s'embellir.

L'autre veut rajeunir.

Et chacune a le dessein de plaira

A l'amant, au mari :

Par bonheur celles-ci Ne sont pas nombreuses d'ordinaire.

« Que ce nœud séducteur

« Me ramène son cœur ! »

— « Avec ces rubans bleus, « Il me trouvera mieux! »

— « Le vert lui plaît beaucoup. »

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