‹ Opéras - comiquesChapitre 237 sur 305 · ACTE m, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE V

Et quoi donc?

SALDORF.

Avouer ce qui en est. Car enfin, ne nous fâchons pas, j'ctais là quand on l'a arrêté au moment où il descendait du balcon.

HKNKIETTE, étonnée.

Quel balcon?

SALDORF.

Celui de mon hôtel, le balcon au premier, qui donne sur la chambre où tu as passé la nuit.

HE?<R1ETTE

Mais je n'ai point passé la nuit à l'hôtel.

SALDORF.

Que dis-tu?

HENRIETTE

Madame de Saldorf m'a renvoyée avant minuit. Elle a voulu rester seule : et moi, sans que personne me vit, je suis rentrée à la maison, d'où je ne suis sortie que ce matin.

SALDORF.

0 ciel! et pour qui donc alors Frédéric allait-il cette nuit dans mon hôtel?

HENRIETTE

Qu'entends-je?

SALDORF.

11 n'y avait que ma femme, elle y était seule, elle avait Aouluy rester seule! c'était pour le recevoir, elle l'attendait! plus de doute !

HENRIETTE, à part.

Malheureuse! qu'ai-je fait? (Allant à Saidorf.) Monsieur!

SALDORF, furieux.

Laisse-moi!

SALDORF.

Que ce lâche , ce téméraire.

Redoute ma juste colère.

Rien ne peut calmer ma fureur; Je punirai le séducteur.

HENRIETTE, à part.

Pour les sauver que puis-jc faire?

liibpire-moi, Dieu tutùlaire!

242 LA FIA.NGËE.

Comment, hélas! toucher bon cœur?

Coiniiiciif (k''s;irmer sa fureur?

UEMUKTTE, à part.

Je connais donc enfin ce funeste m>sti.Te !

SALLiOFlF, qui s'est mis à la table et qui écrit. « Je sais tout, mon outrage et votre trahison; « J'abandonne à jamais une épouse coniiablc, « Je brise tous nos nœuds; mais d'un affront semblable « Votre sang aujourd'hui doit me rendre raison. « Je vous attends. »

(il ferme la lettre.) HENniETTE, ii part.

Ah! leur perte est juréel Ma bienfaitrice, hélas! déshonorée, Frédéric expirant! 0 remords superflus!

Et c'est moi qui les ai perdus!

Pour les sauver que puis-je faire !

Inspire-moi, Dieu tutclaire!

Comment leur rendre le bonheur?

(Montrant Saldorf.) Et comment tromper sa fureur?

SALDORF.

Que ce lâche, ce téméraire.

Redoute ma juste colère.

Rien ne peut calmer ma fureur :

Je punirai le séducteur; Courons punir le séducteur, (il Ta pour sortir, et Henriette, qui le retient, le ramène au bord du théâtre.)

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