‹ Opéras - comiquesChapitre 259 sur 305 · ACTE I, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VIII

Et mon époux était dans la chambre voisine; Lui si jaloux, jaloux comme Othello!

LE MARQUIS

Est-ce donc l'offenser que chanter uu duo? ( Prenant la mandoline que Zerline a placée sur le coin de la table à la cinquième scène. ) Et nous pouvons, sur cette mandoline.

Répéter tous les deux cet air Que nous commençâmes hier.

PAMÉLA, regardant à gauche par la porte de l'auberge. Ah! je l'entends! c'est lui.

DCO.

LE MARQUIS , saisissant brusquement la mandoline et en jouant. « Le gondolier fidèle « Brave, pour voir sa belle, « Les autans ennemis.

(La regardant. 1 « De loin, s'il obtient d'elle « Un regard, un souris, « C'est toujours ça de pris. »

( Il regarde sur la gauche si l'on ne lîient pas , et remet la mandoline sur la table en s'adressant à Pan.éla.) Faut-il que votre cœur ignore Le feu brûlant qui me dévore!

PAMÉLA, voulant s'éloigner.

Monsieur, je ne puis écouter.

LE MARQUIS, la retenant.

Je me tais, vous pouvez rester; Oui, vous admirer en silence Ne peut vous paraître une offense,

PAMÉLA

Je ne pouvais pas, je le croi.

Empêcher vous d'admirer moi.

LE MARQUIS

Ah! combien mon âme est ravie En contemplant ces traits charmants!

Cette robe simple et jolie.

(Regardant un médaillon qui est à sou con.) Ah! grand Dieu! les beaux diamants!

PAMÉLA

Les seuls échappés au pillage.

Tant je les cachais avec soinl

508 PRA DIATOLO.

LE MAHQUIS, à part.

Les maladroits! ah ! quel dommage!

(Haut, à Paméla, d'uu toa gulaiit.) Pour plaire en avf;z-voi)s besoin?

Mais plus je considiTc Ce riche médaillon... il contient un secret?

PAMÉI.A.

Pour lui mon éponx l'a fait faire, Car il renferme mon portrait.

( L'ouvrant et le lui montrant. ) Trouvez-vous ressemblant?

LE MARQUIS, affectant un trouble amoureux.

0 ciel ! il se pourrait y Le regardant avec ivresse.) Voilà ce reiiard doux et tendre. Voilà ces traits si gracieux; Je crois la voir^ j j crois l'entendre.

(Avec délire.) Mon àme a passé dans mes yeux.

(Avec rage.) Et c'est pour un rival, un tyran, un barbare... ( Il met le portrait dans sa poche.) PAMÉLA.

Que faites-vous!

LE MARQUIS

Je m'en empare.

PAMÉLA, troublée, et voulant le reprendre. Monsieur!

LE MARQDIS.

Jamais, jamais il ne me quittera.

PAMÉLA

Monsieur !

LE MARQUIS

Oui, sur mon cœur toujours il restera.

PAMÉLA

C'est mon mari !

(Milord sort de l'hôtellerie, et le marquis, saisissant vivement la mandoline, reprend vivement le premier motif.) « Le gondolier fidèle « Brave su»- sa nacelle « Les jaloux, les maris, « Quand sou cœur de sa bell«

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