‹ Opéras - comiquesChapitre 276 sur 305 · ACTE n, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE n, SCÈNE V

femme ! il est vrai qu'il y a si longtemps que .j'y rêve ! toiis les soirs en me couchant ; mais maintenant il n'y a plus a dire .

Sur la ritournelle de l'air suivant, elle s'assied près de la table, et commence sa toilette de nuit, elle détache son collier, ses boucles d'oreilles et les ruban» de sa coiffure.)

CAVATINE

Oui, c'est demain, c'est demain Qu'enfin l'on nous marie!

C'est demain, c'est demain Qu'il recevra ma main.

Que mon àme est ravie!

C'est demain, c'est demain, C'est demain!

(Détachant son fichu.) Nous ferons bien meilleur ménage Que cette Anglaise et son époux; Car Lorenzo n'est pas volage.

Il ne sera jamais jaloux.

Aye, aye, je n'y prends pas garde.

Et je me pique!

(Elle presse son doîgt.) BEPPO, regardant par la porte vitrée.

Elle est jolie ainsi!

(Sur un geste menaçant que lui fait le marquis.) Je ne parle pas, je regarde.

LE MARQUIS, le poussant et reprenant sa place. Va-t'en, c'est moi qui dois tout observer ici.

ZERLINE, continuant l'air tout en faisant sa toilettA Je suis sûre de mon mari ; En sa femme il a confiance; Aussi pour moi quelle espérance!

C'est demain, c'est deiaain Qu'enfin l'on nous marie !

C'est demain, c'est demain.

Qu'il recevra ma main!

Que mon àme est ravie!

C'est demain, c'est demain.

C'est demain! ^

Elle a ôté sou tablier, ses manches et son corset, elle reste le cou et les bra» nus et avec une petite robe de dessous.) Pour moi, je n'ai lias l'élégance Ni les attraits de Milady.

28i FRA-DIAVOLO;

(Se regardant. ) Pourtant Lorenzo, quand j'y pense.

N'est pas à plaindre. Dieu merci!

(Se retournant pour voir sa taille.) Oui, voilk pour une servante, Une taille qui n'est pas mal; Vraiment^ vraiment, ce n'est pas mal :

Je crois qu'on en voit de plus mal.

(Avec satisfaction.) Oui, oui, j'en suis assez contente.

LE MARQUIS ET LES DEUX AUTRES, dans le cabinet, ne pouvant contenir un éclat de rire.

Ah ! ah ! c'est original.

ZERLINE, eÊfrayée, s'arrêtant.

Je crois qu'on vient de rire.

(Elle remonte le théâtre, écoute du côté du cabinet et n'entend plus rien.) Est-ce en la chambre de Milord?

(Allant écouter.) Non, il ne rit jamais; je n'entends rien! il dort. (Repren^t avec gaieté.) C'est demain, c'est demain, Ce jour que je désire; C'est demain^ c'est demain.

Qu'il recevra ma main.

Ah ! quelle bonheur de dire:

C'est demain, c'est demain !

(Elle reporte la table près du lit, et s'y asseyant, elle dcifait ses souliers.) Allons, allons, il faut dormir.

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