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SCÈNE V

Les précédents, cachés ; ZERLINE, tenant un bougeoir.

(Le théâtre redevient éclairé.) ZERLINE.

Bonne nuit, Milord; bonne nuit, Milady. Oh! vous dornàrez

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bien : la maison est très-sùre et très-tranquille. (Posant son bougeoir sur la table près du lit.) Gfâce au ciel, voilà chcz nous tout le monde endormi; et je ne suis pas fâchée d en faire autant, Je suis fatiguée de ma journée. Dépêchons-nous de dormir, car il est déjà bien ♦ard, et demain au point du jour il faut être sur

pied. (Elle s'approche du lit, dofit elle ôte la courtepointe.) Mon lil ne vaut

pas celui de Milord, non certainement. (Elle ouvre la porte d» cabinet, et place sur la chaise qui est à l'entrée la couverture qu'elle vient de ployer, elle laisse la porte ouverte; cette porte doit s'ouvrir en dehors, c'està-dire du côté du spectateur; continuant à parler, elle se rapproche de son lit,

et tourne le dos au cabinet.) Mais c'est égal, j'ai idée que j'y dormirai mieux; je suis heureuse!...

GIACOMO, paraissant à l'entrée du cabinet dont on vient d'ouvrir la porte.

11 pai'aît que c'est sa chambre.

BEPPO, de même.

Qu'allons-nous faire?

LE MARQUIS, de même.

Attendre qu'elle soit couchée et endormie.

BEPPO

Alors qu'elle se dépêche.

ZERLINE

Demain matin Lorenzo reviendra ; il demandera ma main à mon père, qui ne pouira la lui refuser : car il est riche, il a dix mille francs ! (les tirant de son corset.) Les voilà ! ils sont à lui ! qu'est-ce que je dis? ils sont à nous ! Le compte y est-il? oui, \Taiment ! J'ai toujours peiu- qu'U n'en manque. Qu'ils sont jolis ! que je les aime ! (EUe les porte à sa bouche.) Aussi ils ne me quitteront pas. (Allant les mettre sous son oreiller.) Us passeront la nuit à côté de moi, sous mon chevet.

Bf:PP0, à part, dans le cabiuet.

Ces coquins de billets !

LE MARQDIS.

Te tairas-tu !

BEPPO. avec mauvaise humenr.

On ne peut plus parler maintenant.

ZERLINE, va chercher la table qui est à côté du lit, et sur laquelle est an miroir en pupitre.

Et Francesco, que mon père doit m'amener comme son gendre ! Je lui pai'lerai franchement ; je lui dirai que je ne l'aime pas, cela le consolera; et demain, à cette heure-ci, peut-être que je serai la femme de Lorenzo. (s'anétant.) Sa

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