ACTE II, SCÈNE VI. Sî
lious remettre à sa poursuite; mai^ auparavant, j'ai voulu faire prendre à mts soldats quelques heures de repos, car ils ont marché toute la nuit et meurent de faim.
M'XORD.
Mourir de faim! c'était un vilain mort.
ZERLINE
Jésus Maria! Et vous, Monsieur?
LOREISZO.
Et moi aussi! pour être brigadier, cela n'empêche pas.
ZERUNE.
Il y a d'autres auberges, où vous auriez depuis longtemps trouvé à souper.
LORENZO
11 n'y avait que celle-ci où j'aurais trouvé Zerline.
ZERLINE
Ah ! ah ! c'est pour cela?
LOhENJtO.
Justement; aussi je disais toujours : Cavaliers! en avant, marche! Voilà les occasions où il est agréable d'être commandant.
ZEfiLlNE.
Ce pauvre garçon! Je vais vous chercher à manger.
LORENZO
Non, commencez par mes camarades; eux qui ne sont pas amoureux sont plus pressés. Va vite, ma Zerline.
ZERLCNE.
Ma Zerline ! Il se croit déjà mon mari.
LOZENZO, la serrant dans ses bru.
Pas aujoiu-d'hui; mais demain!
ZERLirSË.
Finissez, Monsieur! finissez. Je ne sais pas ce que vous voulez dire. Et tenez! tenez! voilà vos camarades qui s'impatientent. ( Ou entend les cavaliers qui sonnent et frappent sur les meubles. ) tiOlà !
la fille! holà! quelqu'un!
ZERLINE, se dégageant des bras de Lorenzo.
Ils ne sont pas comme vous, ils sont bien sages. — Voilà, voilà! — Je vais leur donner tout ce qu'il y aura, et puis je garderai ce qu'il y a de meilleur pour vous l'apporter... Eh! mon
Dieu! quel tapage! (Elle sort ea courant. — tl est grand jaur.) «• ¥• if
290 FRA-DlAVOI.n.
SCÈNK VII.
LORENZO. MILOKD.
MILttRD.
Et moi, messie la brigadier, je allais retrouver Milady qui était capable pour mourir de frayeiu-. J'ai dit : rassurez-vous, je vais aller voir. ( Coutrefaisaut la v. ix de femme. I Milurd, mon cher milord, ne laissez pas moi toute seule! El elle seiTait moi tendrement beaucoup. C était pas arrivé depuis bien longtemps.
LORENZO, souriant.
Vous voyez qu'à quelque chose la frayeur est bonne.
Yes, c'était bonne pour des femmes, (continuant à parier pendant que Lorenzo remonte le théâtre, il regarde par la porte à droite si Zerline revient, et redescend à gaucho du spectateur. Il s'assied près de la table.)
Mais pour nous autres, messie la brigadier, poiu" nous autres
qui étaient des hommes... ( On entend dans le cabinet à droite le bruit d'une chaise qu'on renverse. )
MILORD, effrayé.
Hein! avez-vous entendu?
LE MARQLMS, bas, à Beppo dans le cabinet.
Maladroit !
LORENZO , froidement.
C'est le bruit d'un meuble qu'on a renversé.
MILORD
Nous n'étions pas seuls ici?
LORENZO
C'est sans doute Milady ou sa femme de chambre.
MILORD
Non, elle n'est pas de ce côté : il n'y avait personue,
LORENZO, toujours assis.
Vous croyez?
MILORD , inquiet et regardant.
Je en étais persuadé !
BEPPO
Nous sommes perdus !