ACTE III, SCÈNE II
LA PRINCESSE
Je VOUS remercie, Mesdames; que je ne vous retienne pas davantage. 11 doit être tard, n'cst-il pas vrai?...
LA COMTESSE
Mais non, Madame, minuit vient à peine de sonner,
LA PniNCESSE.
Minuit! 11 n'est que minuit?
LA COMTESSE
Sans doute. A peine le grand-duc était-il rentré dans ses appartements, que Votre Altesse a quitté la salle du bal... Une i'ète qui n'était donnée que pour elle!...
LA PRINCESSE
Il suffit, comtesse, il suffit; je ne me sens pas très-bien, et vous me feriez plaisir de vous retirer.
LA COMTESSE
Votre Altesse n'y pense pas : mon devoir est de ne point la quitter, et je passerai la nuit auprès d'elle.
LA PRINCESSE
Du tout; je ne le soufFrii'ai pas; et, très-sérieusement, ce serait me contrarier.
LA COMTESSE
Puisque Votre Altesse l'exige, je rentre dans mon appartement; mais je ne me coucherai pas, et au moindre bruit...
LA PRINCESSE
Mais voilà qui est encore pis; pour vous fatiguer, vous rendre malade; je vous défends de veiller, je veux que vous dormiez, entendez-vous, je le veux.
LA COMTESSE
Dès que Votre Altesse l'ordonne... (Bas, aux autres dames.) C'est égal, j'avertirai la baronne de Wedel, c'est elle qui doit être de service.
LA PRINCESSE
BonSOil', Mesdames. (La comtesse et les autres dames font la révérence, et sortent en emportant la robe de la princesse.)