SCÈNE II
LA PRINCESSE, seule, près de la porte.
Bien, elles s'éloignent. J'entondi ouvrir leiu's appartements; car c'est un fait exprès, ils donnent tous sur le corridor. Allons, elles causent encore ; leurs bonsoirs n'en finissent pas.
32 l'A NEKJE.
Grâce au ciel, toutes les portes se referment. Ah! mon Dieu! qu'on a de peine à être seule !
ROMANCE
Dans ce palais on m'entoure, on m'adore :
De tant de soins comment me délivrer?
Le cœur chagrin, il faut sourire encore :
Fille de roi n'a pas droit de pleurer.
0 toi ! l'objet d'une ardeur légitime.
Cache-leur bien que tu m'as su charmer :
De mon amour ils te feraient un crime.
Fille de roi n'a pas le droit d'aimer. Il va venir! Mon ami! mon Ernest! je vais donc te voir! mais à quel prix?... U m'a fallu traliir mon secret, le confier à quelqu'un, et ce n'était pas à mon père ! Pauvre baronne de Wedel ! lorsqu'elle a appris que le comte de Linsberg était mon époux, quelle a été sa surprise! Oh! je le vois maintenant, et j'aurais dû m'en douter, elle était bien près de l'aimer. Chère Mathilde! avec quel zèle elle a promis de me servir!... mais pourra-t-elle rejoindre le comte de Linsberg? poiuTa-t-elle lui faire parvenir cette clé ! et s'il était découvert? si on le voyait entrer et sortir de mon appartement? Quelle imprudence! exposer à la fois mon repos, mon honneur, mon existence!... Oui, mais je vais le voir! 11 me semble qu'on marche dans ce corridor. Écoutons. Ah! comme mon cœur bat!... c'est lui!
c'est Ernest! Courons lui ouvrir. (Elle ou^re la porte et s'écrie avet
expression.) Ah! mou ami!... Ciel! mon père!...