‹ Opéras - comiquesChapitre 52 sur 305 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

M. DE LINSBERG, WILHEM.

WILHEM, à part.

Jarni! si je pouvions trouver quelqu'im à qui dcgoiser ça! (Apercevant M. de Linsberg. ) M'est avis que voilà uii (le iios seigneurs, sti-là même qui est le favori du prince : je ne pouvions pas mieux tomber.

M. DE LINSBERG, à part.

Eh ! mais, c'est ce garçon jardinier du prince, et le mien sans qu'il s'en doute. (Haut.) Te voilà, \Vilhem?tu es bien matinal, presque autant qu'un auioureux.

WILHEM, d'un air d'importance.

Dame! quand on n'est encore que premier jardinier adjoint, faut se donner de la peine pour arriver.

M. DE LINSBERG.

Ah! tu es le premier jardinier?

WILHEM

D'hier au soir. Il paraît que le prince de Neubourg, qui est un digne seigneur, en a touché deux mots à l'intendant des jardins; car celui-ci m'a annoncé que je partagerions l'emploi en chef avec maître Pierre, qui se fait déjà Aieux.

M. DE LINSBEUG.

De sorte que te voilà bien content ?

WILHEM

Au contraire ; depuis ce moment-là, ça me tracasse, parce qu'il n'est pas agréable d'être deux , et qxie je voudrions être icul pour avoir mes coudées franches.

M. DK I.INSm.Rr,, à part.

Allons, c'est fini! vuilà un pauvre diable à qui l'ambition fera touiner la tète.

Wir.llKM.

Et si vous vouliez tant seulement me faire parler à notre gracieux souverain, j'ai une nouvelle qui vaut son pesant d'or.

M. DE LIINSUËRG.

Toi, maître Wilhem?

WILHEM

Oui; c'est ime manigance que j'ai découverte, et qui me fait l'effet d'un complot.

M. DE LINSBERG.

Un complot! parle vite...

WILHEM

Non pas, parce que, si je vous l'apprenions, ce serait vot' nouvelle et non pas la mienne.

M. D!-: LINSBERG, souriant.

C'est juste; allons, je te ferai parler au prince.

WILHEM

Oui; mais faudrait se dépêcher, parce que si un autre le découvrait avant moi, ou si le guignon voulait que ça n'eût plus lieu, tout serait perdu !

M. DE LINSBERG.

Je comprends; et en cas de réussite, quelles sont tes prétentions?

WILHEM

Dame! ce qu'on voudi'a; moi, je ne demande qu'à aller, le plus haut s'ra le mieux, et pour ça il ne faut qu'une boime occasion et du tact ; car enfin vous, que v'ià grand seigneur, on dit que quand vous êtes venu à la cour, on ne savait pas qui vous étiez et d'où vous sortiez.

M. DE LINSBERG, souriant.

Oui, mais poiu- parvenir, je tâchais d'éviter les maladresses, et il n'en faudrait qu'une comme celle que tu viens de faire pour ruiner la fortune la mieux établie.

WILHEM

Ah! mon Dieu! est-ce que j'aïu-ais lâché quelque sottise?

M. DE LINSBERG.

A peu près: et avec tout autre que moi...

WILHLM.

Eh bien! c'est sans le vouloir; et je suis capable, sans m'en

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