ACTE T. SCENE V
DAi'ilSÏE.
Quel est donc ce mystère t
Quoi ! ce jeune seigneur
Embrasse mon beau-frère !
Ah! pour moi quel bonheur!
BAPTISTK.
Mais comment donc se peut-il faire.
Que vous vous connaissiez tous deux?
ROCfin, bas.
Taisez-vous donc, mon cher beau-frère.
Vous le saurez.
LÉON
Non pas, je veux Devant vous proclamer moi-même Ce que je dois à son secours.
ROGER
Que dites-vous ?
BAPTISTE
Bonheur extrême!
LÉON
Oui, c'est lui qui sauva mes jours.
AIR
Occupé d'une image chère,
Et bercé par un doux espoir.
Non loin de ce lieu solitaire.
En secret j'errais l'autre soir.
Lorsqu'à, mes yeux, dans la nuit sombro,
Des meurtriers s'offrent soudain.
Surpris, accablé par le nombre,
Je voulais résister en vain.
Le sort trahissait ma vaillance.
Quand tout à coup, dans le lointain.
Pour ranimer mon espérance,
Je crois entendre ce refrain :
Du courage.
Du courage, Les amis sont toujours là.
C'était lui! le voilà!
ROGER
Je revenais de l'ouvrage.
Et mes armrs sur le dos; Je revenais 'e l'ouvrage Pour gùùter un d ux repo»»
Pensant h mon mariage, El, pour abréger mon voyage, Je marchais en chantant, Gaiment, Tra, la, la, la...
Quand je crois entendre des cris.
Et je vois ce brave jenne homme Oui se défendait. Dieu sait comme.
Quoiqu'il fut tout seul contre six.
LÉON
Près de moi soudain il s'élance.
Son exemple me donn' du coeur.
LÉiJN.
Déconcerté par sa présence.
ROGER
Intimidé par sa valeur.
LÉON
L'ennemi s'enfuit en silence.
ROGEH.
Nous restons maîtr's du champ d'honneur.
LÉON
Mais croirez-vous qu'avec mystère.
Mon sauveur s'obstine à me taire Son nom, son adresse? oui, vraiment!
A peine puis-je, en l'embrassant, Lui glisser, et sans qu'il s'en doute.
Le peu d'or que j'avais sur moi.
11 s'éloigne, je l'aperçoi Qui gaîmeiit s'était mis en route; Et seulement dans le lointain J'entendais encor ce refrain :
Du courage.
Du courage , Les amis sont toujours là.
BAPTISTE, à madame Bertrand.
Pour la famiir quel avantage.
D'avoir un frèr' comm' celui-là!
ENSEMBLE