Opération d'ovariotomie suivie de guérison
Je livre à la publicité un fait d’ovariotomie digne, je crois, du plus haut intérêt.
Le succès a été complet chez une femme vouée à une mort certaine au bout de quelques mois, par les seuls progrès de sa maladie, ainsi que le démontre évidemment la nature du kyste.
1l était multiloculaire et l’ane des poches, la plus grande, était pleine de pus, avec cette circonstance aggravante que les parois en étaient minces et friables, susceptibles de se déchirer au moindre traumatisme et d'amener un épanchement intra-péritonéal rapidement mortel. Une simple ponction exploratrice aurait suffi pour produire un pareil résultat.
L'authenticilé de cette guérison et les particularités qui s'y rattachent ne sauraient être mises en doute. La malade, avant son traitement, a été vue dans les salles de l'Hôtel-Dieu par plusieurs médecins et par de nombreux élèves ; elle a été opérée sous les yeux de plusieurs confrères, et, en dernier lieu, elle a été présentée à la Société impériale de médecine de Lyon, qui l'a soumise à un sérieux examen.
Or, un succès d’ovariotomie n’est point encore aujourd’hui une chose assez commune pour ne point avoir une grande valeur scientifique. En effet, si les regards sont actuellement tournés vers cette opération, grâce à l’heureuse initiative de M. le professeur Nélaton et à l’autorité de sa parole, il s'en faut de beaucoup que toutes les hésitations soient vaineues et toutes les préventions-effacées. L’ovariotomic n’est point encore chez
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nous une opération passée dans les habitudes médicales, trop de revers en atténuent les succès. Il est donc important de faire connaître les cas heureux que l’on obtient pour alléger la responsabilité de ceux qui pourraient être appelés à la pratiquer ; mais si l’on engage à entrer dans cette voie, il est bon de rappeler qu’on ne doit jamais marcher qu'avec une extrême prudence. | n
Je me suis efforcé dans mon opération de suivre pas à pas la pratique anglaise, pensant ne pouvoir mieux faire que de prendre pour guide ceux que l'expérience a déjà éclairés sur ce point. J'ai donc recherché les détails opératoires auxquels les chirurgiens anglais attachent de l'importance, et je dois dire qu'ici j'ai été admirablement servi par les circonstances. M. le docteur Gayet, chirurgien en chef désigné de l'Hôtel-Dieu, arrivait de Londres, où il avait vu opérer MM. Spencer Wells et Backer- Brown ; il connaissait leur manière de faire, et, dans les entretiens qu'il avait eus avec M. Spencer Wells, il avait puisé une foule de renseignements utiles.
J'ai donc été très-heureux de la collaboration de M. Gayet, et je lui en exprime toute ma gratitude. Je dois aussi des remerciments à M. le docteur Chauvin, pour l’empressement qu’il a mis à me seconder dans cette opération ; je lui dois, en outre, une mention à part pour le savoir et l’habileté qu’il a déployés dans l’étude histologique de Ia tumeur. Je me félicite d’avoir eu pendant l'opération l'assistance de M. le docteur Pomiès, médecin de l’'Hôtel-Dieu, et de M. le docteur Bourtaud, médecin de la malade. Enfin, je rappelle avec plaisir que MM. Christol, Horand et Béraud, internes des hôpitaux, ont donné des soins à la malade avec le zèle le plus dévoué ; leur concours m'a été précieux pendant toute la durée du traitement.
O8s. — Kyste multiloculaire droit, d’une capacité de dix litres environ ; une des poches pleine de pus. — Ovariotomie. Suites simples. Guérison radicale.
(Observation recucillie par M. Cnrisro, interne des hôpitaux.)
Anne Vaugelle est une femme de trente-quatre ans, d’une figure épanouie et intelligente, d’une constitution robuste, quoique un peu dé-