STATISTIQUE — RÉSULTATS
De la comparaison des statistiques de mortalité dans les divers traitements médicaux ou chirurgicaux de l’appendicite, il résulte que dans l'immense majorité des cas l'adoption comme règle générale de l'intervention précoce telle que nous l'avons définie au début, c'est-à-dire ne se faisant pas plus tard que la 36° heure, donne un pourcentage de guérison bien supérieur aux autres moyens thérapeutiques. |
Lorsque l’on cherche dans les classiques el les diverses publications le pourcentage de mortalité de l’appendicite, quand on prend comme ligne de conduite l’expectative etle traitement purement médical, on est frappé du chiffre élevé auquel on arrive.
Il est bien entendu que l'on comprend dans cette moyenne toutes les formes cliniques de lappendicite, depuis la forme banale légère à pronostic bénin et guérison spontanée presque certaine Jusqu'à ces formes
hypertoxiques où même l'intervention dès le début n'au-
rait pas été capable d'éviter l'issue faneste. On a beaucoup écrit sur les bienfaits du traitement médical : nous avons vu dans notre chapitre de lHistorique comment les auteurs s'étaient divisés et comment des médecins que l'on ne peut pas taxer de partialité s'étaient rangés par
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conviction à cette idée que le traitement médical était le meilleur à moins que des complications urgentes (formation d'abcès etc) ne viennent indiquer une intervention. Chauvet, dans une communication à l'académie de médecine /1899),a montré que dans unestatistique qu'il apportait la mortalité moyenne de l’appendicite traitée uniquement parles moyens médicaux était de 30 0/0. C'est un chiffre énorme el qu'aucune statistique chirurgicale que nous donnons un peu plus bas n'alteint ni n'approche. Si on examine quelle a été la cause de la mort dans la plupart de ces cas on constate que le plus souvent elle a été due à une extension brusque du mal, à l'apparition inattendue d'une complication, tous faits qu'on aurait pu éviter par l'intervention précoce. Chauvet, s'exprimant impartialement, dit ceci: « D'habitude les patients succombent à » une périlonite suppurée généralisée, parfois à la » septicémie péritonéale, parfois aussi à une infection de » toute l'économie née de fusées purulentes où gan- » gréneuses parties du foyer appendiculaire. »
Quand on litles statistiques des auteurs qui sont pour l'attente et l'intervention à froid, il y a une cause d’erreur qu'il est bon de signaler. Ils vous disent : l'intervention à froid est l'idéal elle n’entraîne qu’une mortalité minime, à peine Î ou 20/0. Cela estvrai mais 1l ne faut pas prendre ce chiffre comme nombre de mortalité de lPappendicite dans ce procédé de traitement, car ainsi on laisse passer les cas, etils sont nombreux, de tous les malades morts pendant la période aiguë avant l'intervention, alors que l’on attendait tranquillement le refroidissement obligatoire. En réalité la mortalité dans le traitement d’attente d'intervention à froid est beaucoup plus élevée, elle est la somme des mortalités opératoires 1 ou 20/0 et des mortalités du traitement médical 30 0/0 {d’après Chauvet).
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Riedel fixe la mortalité globale de Pappendicite à 28 0/0. Saht à 8 0/0.
Les classiques sont assez unanimes pour adopter 15 ou 20 0/0. |
Or l'opération pratiquée dans le premier jour ne donne que 6 0/0 de mort et dans la seconde journée 12 0/0.
Rôtter (de Berlin), opportuniste d'abord, s'était mis à opérer tout les eas qu'il voyait dès le début. Avant 1903, sa mortalité globale était de 17 0/0 (54 0/0 dans les périlonites généralisées ; 10 0/0 dans les périlonites circonscrites). Depuis 1903 sa mortalité est tombée à 10 0/0: pas un seul mort dans 30 cas opérés ; 27 cas opérés avec exsudal péritonéal localisé ont fourni une mortalité de 93,7 0/0 et dans 33 cas opérés en pleine péritonitesuppurée il a eu 24 0/0 de morts.
A la réunion libre des chirurgiens de Berlin (14 juin 1906) Roôtter à présenté une série de 120 cas opérés pas plus tard que dans les premières 48 heures sans aucun décès. Pour lui le début correspond au moindre signe: atteinte de l'état général, douleurs abdominales, nausées, ete:
Kümmel{de Hambourg) avait pratiqué jusqu'en 1905 49 interventions précocés où il n’a eu que 3 morts, soil une mortalité de 6 0/0; un malade à sucecombé à une pneumonie, un autre à de la péritonite généralisée et le Lroisième à une gangrène tardive du côlon. Dans le courant de 1905 Kiümmel a opéré 290 appendiciles avec une mortalité de b,5 0/0;48 malades ont étéopérés avant 48h. dont 5 morts. En lotalisant ces résullalts avee ceux de 1905, sur 97 opérations précoces Kümmel à eu 9 morts soit 9 0/0. Sur ces 9 morts 6 avaient 6Lé opérés à Ta 48° heure : 4 respectivement à la 12°, 20° el 24° heure.
Riese (de Britz), au congrès allemand de 1905, a présenté
PUR: you.
Dicas non opérés avec 8 morts, soit 15,7 0/0; 49 cas opérés précocement avec 4 morts, soiL8,1 0/0; 19 péritonites diffuses ont donné 3 morts, soit 15,8 0/0; 15 gangrènes ou perforations de l'appendiee ont été Loutes suivies de guérisOn.
Weir {de New-York), dans ses 100 dernières opérations faites dans les 36 premières heures de la crise, n'a eu que 4 morts où 1l y avait péritonite diffuse.
Sprengel (de Brunswick) a eu eu dans lés dernières années un seul décès dans les 42 cas opérés dans les 2 premiers jours. Le malade qui a suecombé présentait des symptômes de péritonite généralisée. Malgré la précocité de l'opération il eut consécutivement des complicaions diverses (empyème, péricardite suppurée etc.) et mourut neuf semaines après l'opération.
Parmi ces 42 cas le professeur Sprengel a trouvé 9 fois des lésions de périlonite diffuse et ces malades ont guéri.
Le docteur Témoin {de Bourges) a présenté à la Société de chirurgie 15 cas opérés dans les 24 premières heures sans aucun décès ; dans loutes ces opérations faites dans les 48 heures il n'y eut pas non plus de décès.
Dans la statistique comprenant les opérations faites depuis novembre 1902 il cite 55 opéralions entreprises dans les premières 48 heures sans un seul décès. Et cependant dans plusieurs cas, le docteur Témoin avait trouvé l'appendice sphacélé et deux fois 1l lui creva dans la main.
Le docteur Pauchet (d'Amiens) a eu sur 19 cas opérés dans les 48 heures 2 morts.
La statistique de Legueu comprend 25 cas opérés dans les 48 heures avec 4 morts.
- Ce pourcentage est considérable mais aussi les cas
élaient graves (périlonile généralisée).
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Le professeur Roux {de Lausanne} n'a eu que des guérisons dans Lous les cas opérés dans les 24 heures de la crise. Il n'opère que dans les cas où le diagnostic est absolument certain.
Carl Beck (1) (de New-York) cite 27 cas d’appendicites opérées dans les 24 heures sans aucun décès, tandis que la mortalité s'élève à 24 0/0 après 48 heures.
Deaver et Rost (2), dans une statistique de 416 appendicites, comptent 73 opérés dans les 40 premières heures. I n'y avait qu'un seul décès d’un malade opéré dans les 24 heures, qui avait une péritonite généralisée.
Bernays (de Saint-Louis) conelut de ses statistiques que les opéralions pratiquées le premier et le deuxième jour de la maladie donnent 98 0/0 de guérisons,
Le docteur Fuflier a communiqué à la Société de chirurgie, en 1902, 2 cas d’appendieite opérées sans mortalité.
Onpourrait encore en citer beaucoup d'autres eten faire une longue liste, mais nous nous arrêlons sur notre énu-
méralion, car il nous semble pouvoir en faire quelques déductions,
Il résulte de toutes les statistiques que nous venons de voir que, sauf complications, loutes les formes anatomocliniques de l’appendicite aiguë sont susecptibles de guérir à condition d'être opérées assez LôL.
Les cas d’appendicite avec perforation où gangrène opérés dans les premières 24 heures guérissent presque toujours ; les périlonites eirconserites se trouvent également très bien de l'intervention précoce; enfin, les pér-
(1) N.-Y. Med. Journ., 1896.
(2) Journ. À. M. A. Chicago, 1902.
toniles généralisées sont aussi améliorées quant à leur pronoslie, puisque la mortalité tombe de 54 à 27 0/0 (Rotter) et:15,8 0/0 (Riese).
Sion exclut les morts lardives par pneumonie, ileus, embolie, les seuls malades qui ne guérissent pas après l'opération précoce sont ceux atteints de péritonite diffuse purulente où de septicémie toxi infectieuse lorsqu'elle existe dès le début. Mais en comprenant ces cas, qui sont au-dessus des moyens de la chirurgie, la mortalité moyenne des différentes formes de lappendieite dans les cas de’ l'opération précoce donnent, lorsque l'on opère après le premier jour, 94 à 95 0/0 de guérisons, résultat qu'aucune autre méthode de traitement n’a été capable de donner Jusqu'à aujourd’hui (Bérard et Allamartine).
Le résultat essentiel de l'opération méthodique précoce est qu'elle diminuerait considérablement la mortalité totale des opérés et des non opérés.
Le professeur Giordano (de Venise), pour lequel lopération précoce dans l’appendicite aiguë est une chose absolument indispensable, dit : « En principe, je crois » que si l'on opérait toutes les appendicites dans les pre- » mières 24 heures, on opèrerail cerlainement quelques » malades capables de guérir sans opération: mais on » en Ssauverail aussi plusieurs qui succombent victimes » du retard, »
Tableau