‹ Opération précoce dans l'appendiciteChapitre 7 sur 56 · AD CE · texte numérisé non relu

AD CE

Au XI° Congrès des chirurgiens allemands en 1890, Kummel conseillait déjà la résection du processus vermiforme, comme procédé de cure radicale de la forme foudroyante de la pérityphlite. Cette méthode lui avait du reste donné des résultats défavorables dans le seul cas où il avait eu à l'appliquer. Une laparotomie, pratiquée 6 heures après le début des accidents péritonéaux avait montré un appendice perforé, el le malade était mort de collapsus quelques heures seulement après l'intervention. Mais les chirurgiens américains, une fois la doctrine de Fitz adoplée, ont démontré les premiers qu'on pouvait opérer assez Lôt pour arrèter dès le début l'évolution de l'appendicite. Enhardis par l’innocuité des laparotomies, ces chirurgiens, à la suite de Weir, Bull Seen et d’autres encore adoptlèrent d'emblée l’opération immédiate.

Dès que la maladie fut connue en Europe, cette même opéralion précoce a trouvé beaucoup de partisans. Dès 1892, Poncet et Jaboulay la conseillèrent comme excellente à Lous les points de vue. Cependant un certain nombre d'échecs ne tardèrent pas à rendre les-chirurgiens plus réservés. De 1892 à 1896, beaucoup d'opérateurs n'intervenaient qu'à main forcée. Pendant ce temps les chirurgiens américains ne se laissaientnullement impressionner par les idées de temporisation. De 1896 à 1898, revenant sur celle question, James Kennedy, Beck et Parker Syms montraient le danger de l’expectative, et élablissaient Ta formule : « mieux vaut trop tôt que trop

tard ». Le 10 mars 1896, M. Dieulafoy proclamait à la

tribune de l'Académie la supériorité du traitement chirurgical ; puis, revenant sans cesse sur cette question, les années suivantes, dans ces leçons et dans diverses publications, il stigmatisait la temporisation, conseillait l'intervention immédiate, et se prononcçait en disant

qu’ «on ne se repent jamais d’avoir opéré l’appendicite, on se repent souvent de nepas avoir opéré ou d'avoir opéré trop tard ».

La grande autorité, la conviction de Dieulafoy gagnèrent la plupart des chirurgiens à la cause de l'intervention hâtive, sans que toutefois, même dans les milieux les plus radicaux, on opère systématiquement pendant les deux premiers jours.

En 1897, au Congrès de Moscou, Sonnenburg qui, dans la troisième édition de sa monographie, ne conseille l'opération précoce que dans les formes gangréneuses et perforantes de l’affection, démontrait définitivement la nécessilé d'opérer après une première crise, sans attendre les crises suivantes, ainsi que le voulaient Kümmel et de nombreux chirurgiens.

Cependant, en France, on ne pratiquait que très peu l'opération systématique dans les deux premiers jours et Roux, au Congrès de Moscou de 1897, se montre très sceptique (à l'encontre des Américains) sur la possibilité d'intervenir assez tôl pour arrêter la marche des lésions.

Des discussions que soulève à cette époque (1899), tant à la Société de chirurgie qu'à l'Académie de médecine, le traitement de l'appendieite, se dégagentpourtant quelques opinions très favorables à lintervention, précoce. Ainsi, Dieulafoy, affirmant de nouveau la faillite du traitement médical, posait en principe comme délai d'opération, 24 heures pour les crises graves, 36 heures pour les crises bénignes; Le Dentu proclame la nécessité de lintervention dans les 24 heures, et Routier, Segond, Hartmann et Tuffier se rangent à son avis. À la Société de chirurgie, Poirier et avec lui la majorité des chirurgiens présents se déclarent nettement en faveur de l'intervention immédiate dans les appendicites aiguës sans tuméfaction

localisée observées dès les premiers JOUE et sans péritonite.

Mais déjà, à ce moment, une réaction sérieuse se dessinail contre ce-radicalisme croissant, réaction légitimée par les revers subis par l'intervention à outrance el la constatation qu'un très grand nombre d’appendicites, traitées médicalement, pouvaient guérir. Avec Brun, Jalaguier, Walter, Broca, Delbet, Schwartz, Régnier, et d'autres encore, la temporisation, dégagée du £aractère outrancier qu'elle avail eu précédemment, se modifiait pour aboutir à l'opportunisme et à lintervention raisonnée |

À partir de 1900, la question se précise. Les: cas opérés sontdevenus assez nombreux pour que la discussion sorte de domaine de la théorie pour aborder celui des faits et des statistiques. C’est en Allemagne (Réunion libre des chirurgiens de Berlin, Congrès de l'association allemande de chirurgie, 1901-1905) que les interventionnistes et.les opporlunistes se montrent plus absolus dans leurs opinions que partout ailleurs.

Les principaux partisans de l'intervention syslématique dans les 48 heures du début sont: Rôtter, Kôrte, Kümmel, Rehn, Karevsky, Riese et Payr.

Telest à l ue actuelle l'état de la question en Allemagne.

En France, l'opération précoce avant la fin du deuxième jour, bien qu'elle ait rencontré de nombreux partisans (Mignon, Quenu, Picqué, Broca) au cours des diseussions qu'ont soulevées les indications de l'intervention dans l’appendicite à la Société de chirurgie en 1902-1903, n'est encore que rarement pratiquée.

Toutes les discussions, les nombreuses publications et les travaux de toutes sortes qui naquirent dans la suite,

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S'ils n'ont pas mis d'accord définitif entre tous les chirurgiens, ont montré néanmoins le danger des formules de traitement absolues et outranceières. Ils ont contribué largement à la connaissance plus précise des modalités anatomiques et cliniques de lappendice, facilitant par luimême l'étude de son traitement logique et raisonné.

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