‹ Opération sans suture, sans autoplastie dans le traitement chirurgical de la rétraction de l'aponevrose palmaireChapitre 12 sur 20 · PS M · texte numérisé non relu

PS M

cas simples où la peau estjintacte, et pour les cas moyens, où elle est encore peu touchée, la question ne se pose même pas. Restent les cas anciens, ou la peau est étroitement unie à l’aponévrose : comment alors se comporter?

« Disséquez, répond M. Routier, tous ce que vous pouvez, gardez tous les lambeaux cutanés qu'il vous sera possible, pour masquer votre brèche opératoire; si cette dissection est impossible, si la sclérose a tout envahi, alors, mais dans ces cas seulement, réséquez la peau : vous comblerez ensuite la plaie par des greffes de Thiersch, qui n’auront pas l’inconvénient des volumineux bourrelets des greffes italiennes.»

Ainsi, la limite d'application du procédé de notre maitre est dans la résection de la peau : tout en ne faisant pas de suture, on éviterait, par des greffes dermo-épidermiques, la lenteur d’une cicatrisation par seconde intention de la surface produite par cette résection cutanée.

Or, il faut bien le dire, les cas, où l’on est obligé de sacrifier la peau, sont en somme rares : dans les quatre cas que nous publions (et l’un datait de cinq ans), cette ablation ne fut pas faite.

A propos d'un malade porteur d’une rétraction palmaire datant de neuf ans, M. Delbet écrit (1) : « Je ne sacrifierai pas la peau d'emblée ; mais elle est si adhérente, si manifestement rétractée pour son compte, que je serai peut être obligé de la sacrifier pour obtenir le redressement. » :

Ce n’est donc pas de gaîté de cœur que les chirurgiens

(1) Pierre DeLBer. Leçons de Clinique chirurgicale, 1899, p. (209.

nt —

consentent à faire ce sacrifice : ce n’est, en quelque sorte qu’en dernier recours, et forcément qu'ils s’y décident.

Et c’est pourquoi l’on peut dire que le procédé de notre maitre, ne comprenant point ces cas particuliers s'adresse au plus grand nombre de cas.

Mais il est des cas plus avancés encore : ce sont ceux signalés par M. Delbet, où après avoir (sur un cadavre porteur d’une rétraction pulmonaire) réséqué « les brides en totalité », sectionné « les tendons (1), les gaines devant les articulations métacarpo-phalangiennes, puis devant les articulations métacarpo-phalangiennes, la réduction restait toujours impossible... Je ne l'aurais obtenue qu’en ouvrantlargement toutes les articulations; je ne suis même pas sûr qu’il n'aurait pas fallu les réséquer. »

On comprend que la rétraction de l’aponévrose et des tissus sus-jacents, pour avoir été la cause première de la flexion des doigts, n’en soit pas moins fort secondaire à

ces périodes extrêmes; les lésions ‘osseuses sont alors,

de beaucoup, au premier plan : c’est à l’ostéotomie et aux résections totales ou partielles des têtes osseuses qu’il faudra s'adresser. Il est bien évident que dans ces cas, la peau, depuis longtemps atteinte, sera réséquée.

« Mon procédé n’a nullement visé les complications articulaires signalé par quelques-uns d’entre vous (2). »

On peut donc dire que, sauf ces cas extrêmement avancés, et en somme très particuliers, l'opération de M. Routier englobe Le plus grand nombre de cas de rétraction de

l’aponévrose palmaire.

(1) Prerre DELBET. Loc. cilat. pages 199 et 200. (2) A. Rourier. Loc. citat., p. 863.

NN

Il va sans dire que le succès opératoire et le pronostic fonctionnel dela main et des doigts seront d'autant meil-

leurs qu’on aura opéré plus tôt.

Résultats. — Quels sont les résultats de ce procédé? ‘ Sur ce point, nous nous contenterons de citer brutalement les faits, éclairés par la photographie : ils diront plus que toute discussion.

Observation 1.

(Due à l’obligeance de M. Rourier).

Charles B..., 33 ans, vendeur d’un grand magasin parisien.

Rétraction du 5° et du ° doigt de la main droite, depuis 5 ans.

L'aponévrose palmaire forme un gros fibrôme, fusionné avec la peau, se bifurquant sur le 4° et le 5° doigt.

Fig. 1. — Main du malade de l'observation 1.

La rétraction datait de cinq ans. Opération sans suture le 26 mai 1908. Etat de la main le 5 juillet 1909 (treize mois après l'intervention).

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