‹ Opération sans suture, sans autoplastie dans le traitement chirurgical de la rétraction de l'aponevrose palmaireChapitre 11 sur 20 · PITAUD · texte numérisé non relu

PITAUD

nous paraît réaliser de tels avantages que nous n’hésitons pas à regarder les sutures, dans les procédés de ses prédécesseurs, comme une des principales causes de leur échec.

Mais il ne suflit pas d’avoir montré qu’il ne faut pas faire de suture : il nous faut montrer qu'on peut ne pas en faire. |

Que pourrait-on reprocher en effet à l’incision laissée ouverte?

L'infection ? C'était une objection jadis : Ce n’en est plus une aujourd’hui, en notre période antiseptique; et d’ailleurs, cetinconvénient d'autrefois est devenu une ligne de conduite de nos jours, puisque c'est précisément dans les cas où l’on craint l'infection qu’on ne referme pas les

plans.

On pourrait objecter la lenteur d’une réunion par seconde intention : mais lorsque M. Routier présenta ses deux malades, il n’y avait que quinze jours qu’ils étaient opérés et lacicatrisation de l’incision était complètementterminée ; elle était de plus aussi parfaite que si elle avait été obtenue par suture sur des téguments sains.

D'ailleurs, comme le fit remarquer à cette occasion M. Morestin (1), les réparations spontanées ne sont point une chose rare en chirurgie.

« Le véritable intérêt de la remarquable présentation de M. Routier, dit M. Morestin, est dans la réparation de la plaie laissée béante.

« J’admire beaucoup ce résultat... Je n’en suis pas sur-

pris néanmoins... À plusieurs reprises, j'ai eu l’occasion

(1) Moresrin, Bullel. el Mém. de la Soc. de Chir., 30 juin 1908, p: 861.

d'observer le mode de réparation de pertes de substances chirurgicales plus ou moins vastes des téguments de la main, et d'assister à des restaurations spontanées tout à fait remarquables. J’ai signalé ces faits à la Société Anatomique : Lupus digital traité par la décortication (25 nov. 1904) ; Cancer du dos de la main (nov. 1905) ; au Congrès de la Société Belge de Chirurgie en 1906, et à la Société de Dermatologie... |

« .. À la réflexion, on s'explique fort bien que les choses puissent aujourd’hui se passer ainsi. L'évolution des plaies chirurgicales sous un pansement aseptique, n’est plus du tout ce qu’elle était autrefois. Il ne se fait que des infections très'discrètes, et de surface, de ces plaies exposées, et même pas d’infection du tout. Les tissus ne sont ni infiltrés ni épaissis par les processus inflammatoires, et demeurent souples.

« Le bourgeonnement et la réparation se font avec une très grande régularité, et ce travail conduit à la formation de cicatrices souples et indolentes, jadis complètement inconnues. »

Ainsi, non seulement la théorie démontre qu’il ne faut point faire de sutures après intervention dans une rétraction de l’aponévrose palmaire : les faits cliniques ajoutent que rien ne s'oppose à ce qu'on n'en fasse point.

Indications. — Ce procédé est-il applicable à tous les cas ?

Nous pourrions presque répondre, oui.

On a vu, en effet, qu’il repose sur la dissection préalable de la peau qui servira à combler la plaie. Or, pour les

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