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Gazette des hôpitaux, 18G8, p

«Dûs que l'anesthésie est complète, on incise les tissus, en ayant soin de comprimei-, à mesure qu'on les coupe, les vaisseaux qui donnent du sang. Cette compression momentanée, qui suffît dans la plupart des cas pour arrêter riiémorrhagie, est pratiquée par M. Kœberlé à l'aide de pinces à pression continue, d'un modèle spécial, qu'on laisse à demeure, jusqu'à ce que l'on soit en mesure d'effectuer l'hémostase définitive'. »

En 1867, j'ai appliqué ainsi mes pinces hémostatiques d'une manière courante, non plus seulement pour l'hémostase temporaire, mais pour Vhémostase définitive sans intermédiaire. Les ligatures des vaisseaux étaient devenues excessivement rares.

Mes serre-nœuds pour les grandes ligatures en masse, soit temporaires, soit définitives, sont un complément de mes pinces hémostatiques. Ces serre-nœuds fonctionnent d'après le mécanisme du serre-nœud de Dubois au moyen d'une vis contenue dans une gaîne, entraînant par son mouvement de rotation l'écrou auquel se trouve fixée l'anse de fil de fer. La longueur de l'instrument varie de 7 à 11 et à 14; centimètres. La partie capitale de cet instrument est son extrémité terminale qui est constituée par un orifice élargi transversalement pour le passage de l'anse métallique. Les bords latéraux de cet orifice sont courbes, en forme de poulie, de manière à se prêter à la courbure de l'anse du fil auquel ils servent de surface de réflexion, ce qui empêche la section ou la cassure du fil au point de réflexion, ainsi que cela a lieu avec les instruments analogues dont la pai-oi de la gaîne terminale est parallèle à l'axe de traction. Cette modification a permis d'obtenir une traction très-nette et une constriction parfaite dont la puissance est alors égale à la force de résistance à la traction du fil que l'on emploie. Ces serre-nœuds sont indispensables pour la ligature en masse des vaisseaux du pédicule des tumeurs ovariques, utérines, spléniques, etc.

I. Mauriac, Leçons sur les Maladies des femmes, du docteur West, traduites de l'anglais. Paris, 1870, p. 708.

Le docteur Cintrât a ajouté à mes serre-nœuds une pièce tournante, très-ingénieuse du reste, qui permet de tordre ensemble les deux chefs du fil de fer; mais cette addition est inutile et donne souvent lieu à des embarras par suite de la torsion du fil.

Le serre-nœud de 7 centimètres de longueur, dont le poids est de 13 à 14 grammes et dont la longueur du pas de vis a 27a centimètres, me sert exclusivement, depuis 1865, pour la ligature du pédicule des tumeurs ovariques. Les serrenœuds plus longs servent pour la constriction temporaire ou définitive des tumeurs utérines, etc.

Le serre-nœud de M. Maisonneuve, avec une modification de son orifice conforme à celle de mes serre-nœuds, devient ainsi un excellent instrument très-puissant, le meilleur même, pour la constriction temporaire, et peut alors remplacer dans la plupart des cas l'écraseur linéaire.

M. Péan a adopté l'usage de mes serre-nœuds avec la modification de Cintrât, en les appliquant à sa méthode de morcellement des tumeurs. M. Péan a vraiment inventé ce nom, mais c'est moi qui ai d'abord décrit et indiqué la chose pour l'extirpation des tumeurs fibreuses utérines. Du reste, tous les chirurgiens qui ont enlevé des tumeurs, notamment des tumeurs ganglionnaires, etc., ont procédé ainsi*.

« Suivant que la tumeur est plus ou moins Yolumineuse, elle peut être extraite en masse, ou être réduite de volume par l'énucléation des noyaux fibreux les plus considérables ou par une excision partielle. L'énucléation et l'excision ne sont possibles qu'autant que l'on a pu jeter préalablement sur la partie inférieure de la tumeur,

1. Tagault recommandait de jeter une ligature à la base des ganglions que l'on veut exciser. — «Est aulem vinculum ex materia aliquu non facile pvlrescibili, cvjusmodi sunt fila, qux serica nuncupantur, aut graciles dwrdœ te.itudhium. Qux enim facile putrescunl , co cito ab iis qux exceperunl decidunt. — Tagaull, De chirurcjica instilutione. Lyon, 1507, p. 115.

à son implantation à la matrice, une forte ligature provisoire en fll métallique, susceptible d'être serrée par un instrument constricteur puissant. II ne faut pas perdre de vue que les tumeurs fibreuses sont en général trôs-vasculaircs. Comme leurs veines sont dépourvues de valvules, une simple ponction, l'incision de ces tumeurs sont ordinairement suivies d'une hémorrhagie très-grave , si on n'y remédie pas rapidement par une certaine constriction ou par une compression énergique des parties divisées ou de la tumeur en masse'.

« Le grand danger de ces ligatures, lorsqu'elles sont faites seulement à la main, résulte d'une constriction incomplète des tissus, ce qui dispose à l'hémorrhagie, soit directement, soit consécutivement au glissement des fils. L'usage des serre-nœuds sera, je pense, à môme de prévenir ce danger; mais ces instruments doivent euxmêmes être resserrés progressivement, parce que les ligatures deviennent peu à peu trop lâches ; et lorsque les tissus des ligaments larges subissent une traction, ces derniers ont d'autant plus de tendance à se soustraire à la ligature que leur tension est plus considérable*. »

En pratiquant le morcellement d'une tumeur fibreuse utérine, à la manière dont l'indique M. Péan', on s'expose gratuitement à une hémorrhagie incoercible. Enlever ainsi une portion de tumeur fibreuse serait l'opération la plus inepte possible , car elle n'aboutirait à aucun résultat pratique. Des chirurgiens qui ont eu l'imprudence de suivre les indications de M. Péan, ont vu survenir les plus graves accidents.

1. E. Kœberlé, Documenfs pour servir à l'extirpation des tumeurs fibreuses de la matrice par la méthode sus-pubienne. Strasbourg, ISC4, p. 75 [Gazette médicale de Strasbourg, p. 186).

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