‹ Opérations chirurgicalesChapitre 15 sur 22 · Ibidem. {Union médicale, l'îiris, 1809, n" A · texte numérisé non relu

Ibidem. {Union médicale, l'îiris, 1809, n" A

Or, il était survenu des vomissements cliioroformiques et une péritonite pelvienne. M. Péan s'étonna de ne voir aucun écoulement par le tube et il supposa gratuitement que le tube avait irrité le péritoine. L'opérée succomba le 4® jour à la suite d'une péritonite généralisée. A l'autopsie on constata que la cavité abdominale ne présentait d'autre trace d'inflammation que celle qui existait sur les intestins, dans la portion qui entourait exactement le tube. Cependant, au fond de la cavité pelvienne on trouva du pus logé dans l'intervalle des anses intestinales entre lesquelles était placée l'extrémité inférieure du tube. —

Quelques simples remarques au sujet des incriminations de M. Péan.

Jamais je ne me suis servi d'un tube courbé ou recourbé.

Le tube placé verticalement le long du bord supérieur du pédicule, qui subit une tension rectiligne, doit être droit; il ne laisse jamais rien écouler; il ne sert que de conducteur pour faire pénétrer une sonde flexible, qui sert à extraire les liquides du fond du bassin plusieurs fois par jour, si c'est nécessaire. L'extraction des liquides s'opère par aspiration à l'aide d'une poire de caoutchouc préalablement comprimée et adaptée à la sonde par un bout de tube de caoutchouc.

Jamais les tubes de verre, dont je fais encore souvent usage chaque fois que le cas l'indique, n'ont causé une irritation locale.

Si les hquides peuvent être extraits convenablement, la péritonite reste ordinairement limitée à l'excavation pelvienne et les opérées se rétablissent très-rapidement.

D'ailleurs les résultats de mes ovariotomies que j'ai pratiquées à cette époque témoignent contre les incriminations de M. Péan. En 1868-1869 j'ai eu une série de 21 guérisons sur 22 cas, et plus récemment, en 1874-1875, j'ai eu 32 cas successifs de guérisons. Dans un de ces derniers cas cepen-

dant une opérée a succombé à la suite d'une bronchite, alors qu'elle était en bonne voie de guérison.

Le 3 août 1808 \ après la publication de l'article de M. Révillout, sur le traitement des hémorrhagies -, dans la Gazette des hôpitaux, M. Péan se sert enfin de pinces.

« Plusieurs artères ouvertes par rincision furent coraprimécs à l'aide de piuces, et huit (!) autres furent liées. . . Il fallait aussi comprimer à l'aide de petites pinces spéciales ceux des vaisseaux divisés qui donnaient du sang.»

Les petites pinces spéciales étaient alors probablement des presse-artères ou des serre-fortes, dont je faisais primitivement usage. M. Péan les avait adoptées également à cette époque.

Dans les considérations dont M. Péan a fait suivre les articles précédents, il est dit:

« Hémorrhagies. — Grâce aux ligatures métalliques que J'ai eu soin de placer sur les vaisseaux qui donnaient du sang et grâce aux cautérisations, j'ai été assez heureux dans tous les cas pour prévenir toute hémorrhagie ^ »

On voit que dans tout ce mémoire il n'est pas question une seule fois des soi-disant pinces hémostatiques* de M. Péan, et que les seules pinces dont il se soit servi jusqu'alors étaient les doigts de ses aides.

Je n'ai pas besoin de rechercher au delà de cette époque les droits de priorité de M. Péan à l'invention de mes pinces et de ma méthode d'hémostase, qui étaient alors employées d'une manière courante à Strasbourg, où les ligatures étaient deve-

L Unim médicale. Paris, 1869, n» 57.

Page 1