Union médicale. Paris
4. M. Pé;tn n'a pas môme inventé le nom par lequel j'ai moi-même, en premier lieu, en I8C8, dé.signé mes pinees. — Gazelle des hôpitaux. 18C8, p. 419.
nues une rareté dans le cours de mes opérations chirurgicales'.
M. Péan, qui était constamment tenu au courant de mes travaux et de mes perfectionnements par le D"" Morpain, jusqu'à sa mort en 1870, se décida en 1868^ à adopter mes pinces hémostatiques, toutefois en les faisant modifier par M. Guéride, fabricant d'instruments de Paris, mais sans avoir alors l'intention de s'en attribuer l'invention. On en trouve la première mention dans la traduction des Leçons sur les maladies des femmes, de M. West, par M. Mauriac :
«Le chirurgien procède alors, aussi promptement que possible, à l'incision des diverses couches de la paroi abdominale et lie successivement ceux des vaisseaux dont la compression à l'aide de pinces spéciales n'arrêterait pas l'hémorrhagie
Ces pinces spéciales étaient mes pinces, il est vrai contrefaites et estropiées. Les mors en sont d'une confection défectueuse et ne pincent pas d'une manière régulière, mais leur disposition et leur forme sont identiques. L'articulation des branches a été rendue mobile, ce qui est complètement inutile ; la partie des branches comprise entre l'articulation et les anneaux est trop mince, trop élastique, trop peu résistante. L'encliquetage est à- crémaillère ou à crochets réciproquement engrenés, ce qui rend moins facile l'enlèvement des pinces. Les anneaux sont trop rapprochés. Les pinces contrefaites sont plus lourdes; elles se faussent facilement dès qu'on veut pincer des parties relativement' trop peu minces; mais, au fond, ce sont exactement mes pinces quant à la longueur, à la forme, aux dispositions générales, etc.
1. M. le professeur Esmarch, de Kiel, se sert de mes pinces depuis 1868, après en avoir eu connaissance par son neveu, M. le D' Sclietelig, qui m'a assisté dans le temps pendant six mois à une série d'opérations à Strasbourg.
2. Deny et Exchaquet, De la fordpressure, Paris, 187;'), p. 16.
3. Mauriac, Leçons sur les maladies des femmes, du W West. Paris, 1870, p. 730. Manuel opér atoire de l'ovariolomie, d'après le D"" Péan.
Ce n'est que vers 1874, que M. Péan, enhardi par mon silence, s'attribua l'invention de mes pinces; il s'est d'abord laissé dire, puis il s'est déclaré, depuis les trois ou quatre dernières années, l'inventeur de mes pinces hémostatiques et du procédé d'hémostase qui s'y rattache, qu'il a du reste contribué à vulgariser à Paris; mais il n'est pas même fait allusion à mes procédés dans l'avant-propos de MM. Deny et Exchaquet.
« Dans ces dernières années , plusieurs cliirurgiens ont préconisé l'emploi des pinces dans les opérations, mais seulement pour faire de l'hémostasie temporaire et suppléer à l'absence d'aides suffisamment exercés. Dans ce but MM. Sédillot et Lcgouest ont conseillé des petites pinces à ressort croisé. FoUin recommande les mêmes pinces, qui ne sont autres que les serre-flnes modifiées de Vidal. Aucun des auteurs que nous venons de citer ne donne le conseil de laisser les pinces dans la plaie jusqu'à ce que l'hémostase définitive soit obtenue'.»
Mais ce qui prouve pourtant que M. Péan connaissait parfaitement mes pinces, c'est qu'à propos de l'hémostase temporaire il est dit :
«M. Kœberlé se sert au contraire d'une pince à anneaux et à arrêt qui n'est qu'une réduction de la pince à pression continue de Charrière. MM. Maisonneuve et Nélaton se servaient simplement de la pince à verrou. Nous avons dit que M. Péan, après avoir employé successivement toutes ces pinces, avait fini par les remplacer par les pinces hémostatiques qu'il avait fait construire par M. Guéride -....» "Ces pinces rappellent par leur forme et leurs dimensions la pince de Charrière, mais elles en diffèrent par la légèreté et l'élasticité de leurs branches et par la disposition de leurs mors. Ceux-ci sont petits, étroits, avec une légère entaille à leur centre. Enfin, l'arrêt de ces pinces est constitué par une crémaillère placée un peu audessus des anneaux, qui permet de les fermer et de les ouvrir plus f.iriloment qu'avec les autres systèmes ^.w
1. Deny et Exchaquet, De la Forcipressure et de l' ApjiUcalion des pinces à ihémoslase chirurgicale , d'après les leçons professées pendant l'année 1874 , par M. le D' Péan. Paris, 1875, p. 2.