Med. Times and Gazelle, 1869, p
En 1862, ayant dû arrêter une hémorrhagie de l'artère ovarique profondément située, je fis usage d'une pince à anneaux de Charrière, munie d'un arrêt à dents réciproquement engrenées pour la maintenir fermée.
«Après avoir détergé la plaie, que M. Elser maintenait béante, j'ai saisi en travers, dans la profondeur, avec une pince à pansement, l'artère ovarique, dont le sang jaillissait en abondance dès qu'on cessait d'exercer une forte compression. Une douleur très-vive, occasionnée par le pincement de quelques filets nerveux de l'ovaire , survint par suite du rapprocbement des branches de la pince, que je portai à ses dernières limites pour produire une mortification immédiate des tissus saisis. La douleur cessa aussitôt, en même temps que l'hémorrbagie. La pince fut maintenue en place et se détacha spontanément le 6« jour
Cette pince a pu être appliquée très-facilement; mais elle avait l'inconvénient d'être trop massive, trop lourde et de ne pouvoir saisir à la fois des tissus très-minces et des tissus épais. Cependant je me suis servi de quatre de ces pinces concurremment avec des serre-fortes jusqu'en 1865. Je les appliquais de préférence sur les tissus qui saignaient fortement, pour arrêter momentanément l'hémorrhagie, pour limiter rapidement la perte de sang, avant de placer les ligatures.
Les pinces alors en usage ne pouvaient guère être appliquées en grand nombre dans le cours d'une opération. Les pinces à pression continue de Charrière, droites et courbes, étaient lourdes et sujettes à se détacher aisément, de même que les serre-fortes qui avaient sur elles l'avantage d'une plus grande légèreté. Les pinces à ressort de v. Graefe, les pinces à coulisse et les pinces à torsion d'Amussat, excellentes pour des cas isolés, lorsqu'il est question d'en appliquer seulement quelques-unes, sont ou bien inefficaces, ou trop lourdes, ou d'un mécanisme qui ne permet pas de les manier vite et facilement avec une seule main, etc.