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DESCRIPTION DES PINCES HÉMOSTATIQUES

Forme, poids, longueur; articulation, mors, encliquetage , anneaux. — Pinces coudées. — Pinces groupées, géminées. — Pinces à mors revêtus de caoutchouc.

Mes pinces hémostatiques ont la forme de pinces à pansement ou de pinces croisées très-légères, dont le poids n'est que de 12 grammes environ. Elles ont 12 centimètres de longueur. Leurs branches sont munies d'anneaux qui tendent à chevaucher l'un sur l'autre et présentent un encliquetage situé immédiatement au-dessus d'eux. Leur articulation est fixe, à égale distance de la partie moyenne des mors et de l'encliquetage, lequel est à 9 centimètres de l'extrémité de la pince. Les mors sont plats, creusés, engrenés vers leurs bords par des rayures transversales parfaitement concordantes. Ils ont une largeur de 4 millimètres. Leur extrérnité est en pointe arrondie. Lorsque les pinces sont fermées incomplètement, leurs

1. Scultet, Armamentarium chirurgicum. Francfort, 1666. Tab. XI et XII.

2. Heister, Institutiones chirurgicx. Amsterdam, 1739. Tab. III, fig. 3 (./"orcep.1 dentata); fig. 4 {forceps sive volsella recla). Tab. XIII, fig. 5 (volsella ad prehendendas arlerias rostro dentato, quo facilius filo robusto consir 'ingi ligarique possinl, pro sislendo sanguinis proJluvio)\ lig. G [kl. d'aprùs Garengeol).

mors ne doivent pincer qu'à leur extrémité; lorsqu'elles sont entièrement fermées, les mors doivent être en contact parallèle. L'excavation des mors permet de mieux maintenir les tissus lorsqu'on fait servir les pinces à l'hémostase temporaire. D'après leur mode de fabrication on peut établir à volonté avec ces pinces une simple pression ou une pression élastique très-prononcée, extrême. Il faut que la flexibilité ou l'élasticité des branches ne dépasse pas certaines limites, afin que la pression reste toujours très-forte. Les mors doivent être exactement perpendiculaires à la direction des anneaux. Dans le cas contraire, les pinces tendent à se fausser par suite d'un chevauchement transversal des mors, suivant la résultante des forces. On peut s'assurer de la confection exacte des pinces, en saisissant perpendiculairement entre les mors une tige cylindrique, dont la direction doit être perpendiculaire au plan des anneaux. L'encHquelage a été disposé et calculé de telle sorte que l'on puisse à volonté produire l'un ou l'autre mode de pression et agir également sur une épaisseur de tissu assez grande, jusqu'à 3 centimètres à peu près, réductibles à 1 centimètre environ. Il comprend trois degrés d'action à l'aide detrois crans d'accroc dâns une étendue de 8 millimètres. L'encliquetage ou l'arrêt était primitivement formé de dents s'accrochant l'une dans l'autre, lorsque je me servais avant 1865 des pinces à pansement de Charj-ière. En 1865, en établissant le modèle de mes pinces, j'ai préféré une cheville en saillie, s'engageant successivement dans deux trous percés dans la branche opposée et pouvant être portée encore au delà de la branche en troisième point. Cetencliquetage très-solide, imité de Charrière, a l'avantage de permettre de décrocher aisément l'arrêt, mais il avait l'inconvénient de rendre la pince moins facilement maniable pour une main non exercée lors du pincement ; mais la difficulté a été aisément tournée en transformant l'un des côtés de la petite cheville en un plan incliné de manière que les pinces puissent se fermer par la

simple pression exercée sur les anneaux'. La cheville fonctionne ainsi d'une manière analogue au cliquet d'un cric. Les trous doivent être percés ou être alésés obliquement de manière à rendre l'accroc plus solide et à faciliter le glissement du cliquet.

Les anneaux doivent être très-minces; ils doivent rester écartés de 5 à 8 millimètres, lorsque la pince est complètement fermée. Lorsque les anneaux sont trop rapprochés, ils n'offrent plus assez de prise aux doigts.

Lorsqu'une pince doit rester pendant quelque temps à de-

1. Les pinces à pansement et à pression continue à anneaux avec des points d'arrêt à crémaillère transversale et h clou, ont d'aliord été fabriquées par M. J. Charrière et ont été présentées à l'Académie de médecine le 11 mai 1858. Ces pinces sont d'un maniement très-simple et très-commode, et j'en ai adopté le principe avec les modifications nécessaires pour les rendre les plus légères et les plus pratiques possible au point de vue de l'hémostase. Le modèle à crémaillère est moins avantageux que le modèle à clou , surtout avec la modification que j'ai fait subir au clou, en transformant l'un de ses côtés en un plan incliné. On a ainsi les avantages combinés du point d'arrêt à clou et à crémaillère.

Les pinces à ligature d'artères de Eabrice de Hilden étaient déjà munies à l'extrémité des branches d'une crémaillère latérale, que l'on remplaça plus tard par un ressort puissant disposé' entre les deux branches. Cette modification facilitait la manœuvre de l'instrument, mais elle le rendait ainsi d'autant plus massif et plus lourd.

Les premières. pinces à anneaux usitées en chirurgie se trouvent dans les Œuvres de Paré et de Fabrice de Hilden. Les anneaux ont d'abord été constitués par l'extrémité des branches simplement repliées en dehors, puis par un contournement circulaire de ces mêmes branches, et, enfin, par un anneau continu. On en trouve divers exemples dans V Armamentarium cliirui-giciim , de Scultet. Ulm, 1 G55.

Les branches de la pince de Fabrice étaient rondes ou cylindroïdes dans toute leur étendue. Celles des pinces de Paré avaient une l'orme demi-cylindrique du côté des mors qui étaient excavées et munies d'entailles transversales concordantes pour mieux saisir et retenir les objets. Ces pinces servirent d'abord pour l'extraction des os nécrosés, des corps étrangers, puis au pansement en général. Le mors de la pince îi ligature était d'abord large, quadrangulaire, avec des rayures larges et profondes. Plus tard on donna au moi's une forme plus étroite, arrondie ii l'extrémité (pince à bec de cigogne), pour permettre d'atteindre jjlus aisément les artères proi'oiidémcnl rétractées. Knfin, pour faciliter le glissement du fil vers l'extrémité de la |)ince avec laquotle on saisissait d'abord les tissus en masse, Garengeot rendit le mors conoide.

meure dans une plaie, j'emploie les mêmes pinces courbées à angle droit sur leur plat, à 2 centimètres de leur extrémité.

Lorsqu'on veut les employer à une compression médiate, temporaire, préventive, on peut les appliquer isolément ou les grouper deux à deux à angle plus ou moins aigu, de manière à se toucher à leur pointe, ainsi que j'ai eu l'habitude de le faire depuis 1865. Pour empêcher les tissus d'être blessés par leurs mors, il suffit d'engager chaque branche dans un morceau de tube en caoutchouc. On peut s'en servir ainsi pour l'aplatissement des artères, etc.

Si la pince doit servir exclusivement à l'hémostase définitive, la construction peut en être simplifiée; un seul cran d'arrêt suffit alors; l'articulation peut être reculée de 1 à 2 centimètres vers les mors, qui gagneront ainsi en solidité et en puissance d'action. La pince sera ainsi d'autant plus conforme au principe d'une compression très-énergique.

Les pinces hémostatiques ne sont du reste qu'un perfectionnement des pinces usitées antérieurement; elles sont plus actives et plus pratiques dans l'application.

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