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DE LA FORGIPRESSURE RAPIDE

Principes généraux. — Emploi exceptionnel de la forcipressure prolongée , de la ligature ordinaire et de la ligature en nœud des vaisseaux. — Les ligatures des vaisseaux sont très-rarement nécessaires. — Usage de la forcipressure rapide à Strasbourg dès 1867. — Article de M. Révillout. — Notices ovariotomiques. — Article de M. Taule. — Mes serre-nœuds. — Serre-nœud de Cintrât, de M. Maisonneuve. — La méthode de morcellement des tumeurs de M. Péan.

La forcipressure rapide, simple ou combinée avec la torsion, telle que je l'apphque, diffère essentiellement de la forcipressure prolongée.

La compression doit être très-forte, excessive, à même de dessécher les tissus comprimés, de telle sorte que les pinces ne restent à demeure que pendant la durée d'une opération.

Je ne laisse jamais aucune pince d'une manière prolongée à moins de circonstances très-exceptionnelles.

Si l'hémorrhagie n'est pas entièrement arrêtée à la fin d'une opération, je préfère avoir recours à la ligature, circonstance qui se présente très-rarement.

Toutefois j'ai recours directement à la ligature dans les cas d'adhérences filamenteuses des tumeurs abdominales,

1 . « La forcipressure n'a véritablement pris rang dans la science qu'à partir « du jour où M. Péan a fait construire, pour Texécuter, des pinces spéciales, « dites pinces hémostatiques. » — Deny et Exchaquet, De lu Forcipressure. Paris, 1875, p. 68,

lorsqu'il est possible de lier le vaisseau lui-même sans intermédiaire à l'aide d'un simple nœud, en coupant l'exlrémilé des parties liées au ras du nœud.

Un grand nombre de chirurgiens et de médecins étrangers, qui ont assisté à mes opérations, ont été témoins de l'emploi journalier de mes pinces, qui me permettaient depuis 1867 de ne recourir que très-exceptionnellement à la ligature. Il n'est pas nécessaire d'invoquer leur témoignage, non plus que celui de mes anciens collègues de la Faculté de médecine de Strasbourg, dont quelques-uns ont depuis longtemps adopté l'usage de ces instruments. On n'a qu'à parcourir mes opérations d'ovariotomie de 4867 et 1868, publiées dans la Gazette des hôpitaux de Paris, pour voir signaler presque à chaque cas leur usage et constater que leur application permettait de terminer la plupart des opérations graves sans recourir à une seule ligature. Il me suffit de citer un passage de la Gazette des hôpitaux où, dans un article sur le traitement des hémorrhagies, M. Révillout dit, en parlant de mes procédés:

« Le célèbre ovariotomiste emploie le plus souvent la pression continue pour arrêter l'écoulement sanguin. Il saisit la surface saignante à l'aide d'une pince à pansement semblable à celle de Charrière, et qu'un écrou maintient serrée au point voulu. Les tissus sont pour ainsi dire desséchés par cette pression très-énergique, et la pince est laissée en place pendant une vingtaine de minutes ou plus encore , sans que sa présence gêne le moins du monde pour la suite de l'opération. Une dizaine de pinces de cette espèce furent fixées ainsi à la surface interne de la paroi abdominale chez une des malades opérées devant nous, pendant que nous étions à Strasbourg, et leur application, qui arrêta parfaitement l'écoulement sanguin, fut des plus faciles et des plus promptes

Le point essentiel et entièrement nouveau de la méthode a été parfaitement indiqué: «les tissus sont pour ainsi dire «desséchés par cette pression très-énergique,» excessive, élastique, comme s'ils avaient été cautérisés.

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