EXPLORATION DANS LA RÉGION OU LAS CHIBOGOMO
Le lac Chiboywomo se trouve sur le versant de la Baie d'Hudson et son extrémité N. E. est à 2 jours de voyage, environ 35 milles, du lac Mistassini.
Cette région, que nous appellerons désormais ‘ District minier de
Chibogomo ,& été traversée en 1674 par le Pere Jésuite Albanel, puis explorée en 1870 par M. James Richardson de la commission géologique, et en ISS5 par M. A. P.-Low, de la méme commission. En 1897, M, Henry O'Sullivan en a fait une exploration, et des arpentages y ont été faits en 1899 par M. C.-E. Lemoine. En 1903, M. Peter McKenzie y fit deux voyages ;un au printemps, l'autre en été, et à l'automne de 1994 j'entrepris en sa compagnie une exploration qui fait l'objet de ce rapport.
Au point de vue géologique et minier le rapport Jame- Richardson (C. G. IS7O page 292) est le premier et le plus important. Il mentionne dans cette région l'existence d'une zone de schiste chlorité, de diorite, de serpentine et de conglomérat et granit qu'il n'a pas identifiés ; il y signale l'existence de la pyrite de fer et de cuivre, du fer magnétique et de l'ocr à l'extrémité nord du lac il constate un développement de serpentin allant du portage jusque, suppose-t-il, à la montagne du Jon: -ur vei lonest, et sur une colline de cette roche que nous avons app: e depuis Cüue magnétique, une masse de calcaire noirâtre; il reconnaît dans ses environs une déclinaison magnétique locale de 146 degrés. J'ai depuis constaté que ee calcaire était de la magnésite contenant ainsi que la serpentine environnante des grains de magnétite et possèdant une propriété iwaunétique telle qu'il y à une zone absolument neutre ou la déclinaison est réellement de 180 degrés. Nous reviendrons plus loin su- cette question.
En ISS5 (C, G. (IS92 à 18935) vol. VII, page 259. L.) A. P. Low explore cette révion, et vérifie les faits constatés par J. Richardson. fl
attire l'attention sur la shnilitude des roches examinées avec celles de Sudbury et montre que les granits qu'on y rencontre ne sont pas Laurentiens mais bien postérieurs à la formation Huronienne et que de l'or pourrait s'y rencontrer. Il dit que ce district présente des indications inportantes de minéraux industriels et vaudrait la peine d'être prospecté.
En 1897 H, O'Sallivan (ler et 2ème rapport sur le pays compris entre le lac St-Jean et la Baie James) mentionne les observations faites par les précédents explorateurs, et sur le portage entre les laes Chiboyomo et Wacounepi constate pres du cône magnétique une déclinaison de 166 degrés causée, pense-t-il, par le voisinage d'un dépôt de fer maymnétioue,
Il signale aussi une source d'eau considérable dans le méme endroit,
S'appuyant sur ees indications, dans le printemps de 190% Peter MekKenzie entreprit une exploration d'où il rapporta de bons échantillons d'amiante, de la pyrite de fer et des roches montrant la nature de la formation. [lv retourna dans le courant de l'été et trouva de la chaleopyrite et boraite. Ces échantillons et informations n'ayant été soumis je recome mandais au Gouvernement de faire constater ces découvertes et je partis
avec M, MeKenzie au milieu d'août 1904 pour cette exploration,
Nous partines de Québec pour Roberval le 12 août par le chemin de fer du Pace Nt-ean et nous étant procurés des waides Montaunais à la Pointe Bleue nous transportämes par voitures nos provisions et nos eanots jusqu'au portage à FOurs à 25 milles de Roberval, sur la riviere Chamou-
chouan, un bon chemin existant jusque là.
Le 19 août nous prenions les canots et nous suivions la rivière Chamouchouan (33 milles) puis la rivière Chigoubiche, (22 milles) arrivant le 27 au lac du méme nom. À partir de ce point nous traversames le lae Chigoubiche (14 milles) situé à 6 milles du lac Chamouchouan ($ milles) d'où la rivicre Nikaubau (20 milles) ‘mène au lac de ce nom (6 milles) puis traverse une suite de lacs de moindre importance conduisant jusqu'à la hauteur des terres (14 milles), de là nous traversâmes plusieurs petits laes (5 milles) pour entin arriver au grand lac Obatowoman (15 milles) rempli de nombreuses iles : puis après 10 milles de rivière et de portages nous atteiwnimes le 9 septembre au soir la tête du lac Chibogomo (20 milles) que nous ne traversämes que le 11 septembre rejoignant alors la montagne à la Peinture à son autre extrémité où devait véritablement commencer notre travail de recherches. Le pays traversé pendant ce voyage jusqu'au lne Obatogoman est analogue à celui qu’on trouve au nord du St-Laurent et pour sa complète description je renvois aux rapports
c:-dessus cités et notamment à ceux de M. H. O'Sullivan.
Le pays est généralement .ondulé, assez boisé, la terre est srgilsuse jusqu'aux pieds des rapides Pemonka (35 milles du lac St-Jesn) ; de là jusqu'aux chutes de la Chaudière, les bords de la rivière Chamouchouan sont formés de montagnes granitiques Laurentiennes escarpées, allant jusqu'à 7 à 800 pieds de houteur et ne montrant que peu de bon bois. La rivière elle-msne n'est jusque là, sur une longueur de 20 milles, qu'une suite
de gros rapides difficiles à monter même à la per Les grandes chutes de la Chaudière donnant une tête d'eau d'un: e de pieds forment un magnifique pouvoir d'eau, que j'ai estim . oir fournir, à eaux
basses, une force de cent mille chevaux. Elles sont suivies sur 3 milles de chutes et rapides aussi assez considérables jusqu'aux Fourches. A ce point la riviere tourne vers le Nord, c'est le chemin du lac Mistassini eu passant par la riviere du Chef, On peut aussi la prendre pour rejoindre le lac Chamouchouan : les sauvages trouvent ce chemin beaucoup plus diflicile en montant quoiqu'il présente moins de portages mais on peut descendre plus facilement que par la Chigoubiche avec des canots plus grands. Nous primes alors la rivière Chigoubiche, qui marche vers le NO. Cette rivivre est assez plate et rocheuse et il y à 15 portages à passer en montant (22 milles) pour arriver au lac Chigoubiche. Il y a sur cette rivicre plusieurs chutes et rapides qui pourraient s’utiliser comme pouvoirs d’eau, entre autre® la chute Vermillon 50 pieds pouvant donner neuf mille chevaux et k ute Gras de 40 pieds pouvant en fournir quatre mille.
La vallée de vette rivière et du lac présentent une succession de collines ;:ù élevées vi + .es rapides et des parties basses, quelquefois marécaveuses ve's les eaux mortes ; la terre y est formée de sable argileux et on y voit une grande variété de bois, montrant de bonnes dimensions dans quelques vallées.
La montée de la rivière Chigoubiche ne peut se faire qu'avec de petits canots de 15 à 18 pieds mais la traversée des lacs est impossibie avec de gros vents causant ainsi des retards quelquefois de plusieurs jours ainsi que nous l'avons expérimenté. Du lac Chigoubiche au lac Chamouchouan, une distance de 6 milles, le pays est assez plat et il n’y a qu'un portage de séparation des eaux des rivières Chigouviche et Chamouchouan, puis après une rivière très sinueuse traversant des marécages et de petits lacs d’où l’on voit des collines bien boisées 0: arrive au lac Chamouchouan.