‹ Opere varie, italiane e francesiChapitre 11 sur 122 · SOUS LE NOM DE VASES ÉTRUSQUES · texte numérisé non relu

SOUS LE NOM DE VASES ÉTRUSQUES

I Vjrrand vase à deux anses, peint à deux couleurs , d'un beau vernis et d'un travail très fin.

II est orné de peintures d'histoire sur le corps ainsi que sur le cou. Celles du corps se divisent en trois tableaux principaux, qui nous mettent sous les yeux un trait inconnu de l'histoire héroïque. D'un côté on voit représenté le départ pour la guerre d'un jeune héros , qui prend congé d'un vieillard assis au devant d'un portail d'ordre dorique j et le retour du même guerrier couronné et victorieux qui descend de son char et dépose son casque. De l'autre côté , un combat singuUer a lieu entre ce même héros et un guerrier vu par derrière , dont le bouclier a pour enseigne un serpent. Des hérauts d'armes s'empressent de séparer les deux combattans, tandis que la Victoire se montre toute prête à couronner le vainqueur. Les peintures du cou représentent la chasse d'une biche, et les mystères d'Eleusis, où l'Hiérophante, habillé en Triptolème, se voit sur un char ailé et atelé de deux serpens.

Ce superbe vase , passé du cabinet du cardinal Vise. Op. var. T. IV. 17

Gualtieri à celui de la bibliolhcque du Vatican , se trouve gravé dans le Supplément de Montfaucon et dans les Antiquités d'Hancarville (i).

2 Grand vase, manquant d'anses, orné de peintures a trois couleurs.

Celles du corps représentent une femme assise en attitude triste, tenant un enfant sur ses genoux, près de laquelle un guerrier s'approche -et paraît lui parler. Winckelmann a cru y voir Ménélas qui demande h Andromaque Astyanax son fils pour le mettre à mort. Dans le haut la Victoire sur un quadrige est escortée par Mercure. Au?dessus de ce quadrige on lit ces deux mots grecs :

KkimOl EFPA^E

Lasimus Va peint.

Us sont gravés dans le fond. De l'autre côté on voit un héros avec ses armes représenté au dedans d'un temple distjlc , ou plutôt d'une chapelle sépulcrale , autour de laquelle plusieurs femmes paraissent présenter des offrandes.

La tête d'une nymphe sortant d'une fleur, et

(i) Ce vase avait été publié d'abord par Dempster , Elrur. rcg. plaûch. XLVII , XL VIII j et les peintures eu avaient été données séparément , comme appartenant à quatre vases différens, par d'Hancarville, T. II, pi. io6, 129; T. Ili, p. iio, 128. Reproduit avec fidélité par M. Méllingen, Jnc. wied. Mon. P. I, pi. XX, XXIV, p. 54, 60, il a reçu de cet habile antiquaire une explication complète , de laquelle il résulte que le trait de l'histoire héroïque, qui se voit représenté sur ce vase, et que Visconti déclare inconnu, se rapporte ircs-probable" meut à lliiztoirc d'Ackille.

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Bacchus assis , avec des génies hermaphrodites , sont les peintures qui ornent le cou du vase.

Il vient de la bibliothèque du Vatican: Passeri dans ses Pictiirae Hetruscorwn , et Winckelmann dans ses Monumenti inediti , Vont publié (i).

3 Grand vase , avec deux anses , dont le bas est orné de têtes de tigres • le haut , de masques bacchiques en relief.

Les peintures du corps représentent des Initiés et des Bacchantes remplissant des cérémonies religieuses autour d'un temple et d'un autel , ou d'une grande stèle couronnée de bandelettes. Ces figures au dedans du temple ou sacelliun sont restaurées.

Plus curieuses et mieux conservées sont celles du cou. On y voit un navire de forme antique j un quadrige le surmonte, dans lequel paraissent deux divinités , la Lune et Cerès. Toutes lés deux sont debout 3 la première a la tête environnée d'une large auréole ou nimbe ; l'autre est couronnée d'épis de blé. Hesperus, avec des cornes de satyre, paraît vouloir éteindre mi flambeau à quatre mèches qu'il a dans la main droite 5 de la gauche il mène les chevaux de la Lune. Un Co-

(1) Depuis Passeri, Pici. Uetrusc. III, CGLXXIV , et Winckelrnana, Monum. ined. n. î43 , ce vase à éié publié de nouveau, et avec tout le luxe; on voudiait pouvoir dire aussi, avec tout le soin possible, par Millin , Peintures de vases , II , XXXVII — XL. L'explicatioa de ce dernier antiquaire , beaucoup plus développée , et j à plusieurs égards , plus satisfaisante que toutes les autres , s'accorde avec l'opinion de Winckelmann , dans un point essentiel, relativement à la mort d'Astyanax , qui forme le sujet du! groupe principal. Néanmoins l'interprétation de Milliu laisse; encore lieu à beatvcoup de difficultés.

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rybante arme danse de l'autre côté du navire. Le fond représente un ciel étoile. Deux guerriers qui s'arment', peut être les Dioscures. sont peints sur les anses.

Ce vase à trois couleurs a eu le même sort que celui du numero i, et il a été gravé dans les ouvrages de Montfaucon j Passeri et "Winckelmann (i).

4 Grand vase à deux anses, orné comme le précédent.

Les peintures du corps représentent des figures faisant des offrandes autour de deux petits temples ou chapelles sépulcrales. Un grand vase cinéraire sortant d'une fleur est au dedans de l'une; l'histoire de Patrocle désarmé, et blessé au dos par Euphorbe, est peinte au dedans de l'autre.

Bacchus sur un char atelé de deux grifons est représenté sur le cou du vase.

Il a été tiré de la bibliothèque du Vatican et publié par Passeri très inexactement (2).

(1) Ce vase, uès-curieux , a l'té publié de nouveau, par M. Maisonneuve , clans son Introduction à Fcliide des vases peints , pi. I. Cet antiquaire adopte , sauf quelques modifications très-peu importantes , l'explication de Visconti, lequel avait (ait préc»5demment mention de ce vase, Mus. Pio-Clénient. éd. franc, de Milan , T. V, p. 276. Mais Jusqu'ici, aucune interprétation complète n'en avait encore été proposée ; c'est ce que j'ai essayé de faire dans mes Monumens inédits.^ Jchillcide ^ p. 112, note 3.

(2) Ce vase a été publié par Passeri, Pici. Hclr. T. Ili; t. LXX , LXXIII , et expliqué par la mort d'Achille , avec tout aussi peu de fondement , à ce qu'il nous semble , que par la mort de Patrocle, que Visconti croyait y voir. J'ai fiiit mention de ce vase dans mon Achilléide, p. 108^ en avouant *jue l'interprétation m'en paraissait bien ha-? sardée.

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5 Vase à deux anses , d\nic forme très agréable j ses peintures et son vernis sont d'une finesse qui le met au rang de tout ce qu'il y a de plus précieux en ce genre.

D'un côte ?»]inerve sans casque, armée de " soi! égide, verse de Tambroisie à Hercule, qui est couvert d'une peau de lion, et s'appuie sur sa massue 5 il parait fatigué de ses travaux. De l'autre côté Mercure barbu avec le caducée, le pétase et la chlamyde , paraît appeler le nouveau dieu à partager le bonheur et le repos de l'Olimpe.

Deux mots grecs écrits en caractères courants et très difficiles à lire , relèvent le mérite de ce vase. Celui qui est écrit du côté d'Hercule indique la tasse où coule l'ambroisie, AEIIAZ- l'autre mot, IlEnAYDO , repose toi, exprime les paroles que Mercure est censé adresser au héros laborieux. Ces inscriptions très-intéressantes , comme monument paléographique , n'avaient pas été lues jusqu'à présent.

Ce vase, de la collection du peintre Mengs, avait été cédé par cet artiste à la bibliothèque du Vatican. Winckelmann et Hancarville l'ont fait connaître assez imparfaitement (i).

(i) Peu (le vases ont été publiés plus souvent, et expliqués plus diversement. Winckelmann , qui l'a fait contiaître le premier, Moiium. ined. n. iSg, croyait y voir Ulysse transformé en vieillard par Minerve. Visconti , avec infiniment plus de raison , y reconnut Hercule recevant, au terme de la glorieuse carrière, la liqueur di' vi ne que lui verse Minerva , sa divinile protectrice. C'est dans le Musée Pio-Clemcntin , T. V, p. 179, éd. franco de Milan , qu'il exposa d'abord cette explication , adoptée depuis par MiUin, qui a reproduit le vase dont il s'agit j

6 Vases à deux anses , très-fin pour la matière et pour le travail.

Les peintures du devant représentent un héros en habit barbare, couvert d'un bonnet phrj-gien: il a un arc dans sa main gauche, et paraît s'en-

Peintures des vases, T. II, planch. XLI, p, 62, et par M, Inghirami , qui Ta publié en dernier lieu , Monum. etruschi , Ser. V, tav. XXXVII , p. Sgo , 5gg. Un vase du recueil de Tischbein , où le même sujet est figuré, à peu près de la même manière , mais sans aucune inscription , et avec un sujet difféient au revers, T. II , tav. XXII, XXIII , prouve tout-h-fait la justesse de celte interprétation, qui a été suivie par Italinsky, sans faire cependant la moindre mention du vase du Vatican. H n'y a que l'explication des paroles, AEITAS et nEIlAYSO, que Visconti semblait s'applaudir d'avoir déchiffrées le premier, qui nous paraisse , non seulement très-hasardée , mais même tout-à-fait dénuée de fondement, bien qu'elle ait été adoptée sans difficulté par Millin et par M. Inghirami. On ne conçoit pas par quelle raison le vase , AEIlAS, eût été l'objet d'une désignation particulière ; et une allocution, telle que celle qui serait exprimée par le mot HEIIAYSO , n'est pas moins insolite , ni moins dépourvue d'autorité. Il est évident, pour quiconque est tant soit peu familier avec cette classe de monumens figurés que le prétendu mot AEIIAS, n'est autre chose que l'inscription HE IIAIS, qui se réproduit si souvent sur les vases j et le mot riEIIAYSO, n'est encore que la même inscription répétée, HEIIAYS pour HEIIAIS. Une méprise toute semblable a été commise , à l'occasion d'un vase provenant de Metaponto , ofi l'on a lu, Motuim. inédit. Fase. I, tav. II, p. ir, Napol. 1820, KAA02 KEXPI20, au lieu de lire tout simplement, KAAOS HEIIAIS, qui est ccriainemeut l'inscription originale. Voy. Millingen, qui a publié de nouveau le vase dont il s'agit, Ane. uncdit. Monum. Part. II , pi. XXXVIl , p. 90. Quant au vase du Vatican , qui a donné lieu à cette note , il fait aujourd'hui partie du Musée de Paris.

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tretemr avec deux guerriers, dont l'un plus jeune est sur un char ; l'autre est armé d'un grand bouclier, sur lequel est peint un demi-cheval. On pourrait conjecturer que le guerrier barbare est Pandare Lycien, célèbre par son habileté à tirer de l'arc. Enée l'invita h monter sur son char pour attaquer Diomede.

L'autre côté du vase présente trois jeunes hommes enveloppés de grands manteaux, avec des cannes à la main. C'était le costume des athlètes au sortir de leurs exercices.

Ce vase à deux couleurs vient de la bibliothèque du Vatican.

7 Autre à trois couleurs , qui est presque le pendant de celui qu'on vient de décrire.

Les peintures représentent deux guerriers vainqueurs reçus par deux jeunes femmes qui leur versent à boire. A la forme conique de leurs casques , on peut y reconnaître Castor et Pollux , avec les héroïnes leurs épouses Hilaire et Phœbé. L'autre côté offre quatre jeunes gens dans le même costume que ceux du vase précédent.

Ce vase, gravé dans le Supplément de Montfaucon , était passé du cabinet Gualtieri dans la bibliothèque du Vatican.

8 Grand vase manquant d'anses.

Deux temples ou tombeaux dlstyles sont peints un-^sur chaque côté du vase; des Initiés les entourent. Les figures au dedans des temples sont restaurées.

Une tête sortant d'une fleur, et une Sirène k jambes d'oiseau , sont peintes sur le cou du vase.

Il est tiré de la bibliothèque du Vatican.

9 Grand vase cVune forme alonge'e , mais gracieuse.

Les peintures à deux couleurs qui sont tracées sur le corps du vase, sont distribuées en deux rangs. Un buste de femme ailée, au milieu d'arabesques, orne le bandeau qui les sépare. Un grand nombre de figures, peintes autour, paraissent avoir rapport aux noces de Baccbus et d'Ariadne. Le dieu du vin, couronné de lierre et avec une grande coupe à la main, se voit dans la partie inférieure. Dans le haut, la nouvelle épouse est assise sur un trônej des figures Bacchiques l'entourent. Un bassin, un parasol , un coffre pour les bijoux , appelé pfxiSy des miroirs et des éventails , ou Jlabelles^ en sont les accessoires les plus remarquables. Plusieurs génies hermaphrodites s'entremêlent à la cérémonie. Sur le cou on voit le groupe d'une femme qui danse dans un cerceau au milieu de deux génies ailés.

Ce vase est tiré du cabinet de l'histitut de Bologne.

10 Vase à deux anses, en forme de cratère, peint à trois couleurs.

Sur le devant deux jeunes femmes , dont l'une caresse un taureau. Cupidon ailé voltige dans les airs ; il a dans ses mains un miroir et un métier, symbole des occupations des jeunes mariées. En haut Jupiter et Vénus, l'un avec la patere et le sceptre j l'autre avec un miroir et un coffret^^Jappelé pjxis. Toutes ces figures paraissent avoir un rapport assez clair avec la fable de l'enlèvement d'Europe et de ses noces avec Jupiter.

Sur le derrièrâ , deux hiitiés , des deux sexes

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autour d'un petit autel rond. Tous les deux ont des thyrsesj la bacchante soulève aussi un grand tympanon.

Ce vase, tire de la bibliothèque du Vatican, a été publié par Passeri et par d'Hancarville.

1 1 Vase à deux anses.

Castor et Poliux armés sont dans l'attitude de recevoir des offrandes des mains d'une femme j probablement leur prêtresse, assise au milieu d'eux. Sur le derrière trois jeunes athlètes, les têtes ceintes de bandelettes et enveloppés dans leurs manteaux.

Ce vase , à trois couleurs , vient de la bibliothèque du Vatican.

12 Grand vase h deux anses.

Les peintures qui en ornent le corps sont dis* posées en deux rangs* le bandeau qui les sépare offre des poissons et des crustacés. Ces figures représentent des Initiés , des bacchantes et des génies hermaphrodites autour d'un taureau dionysiaque. Deux têtes de nymphes, sortant de fleurs, sont peintes sur le cou.

Ce vase , à trois couleurs , publié dans le Supplément de Montfaucon , avait passé du cabinet de Gualtieri dans la bibliothèque du Vatican.

1 3 Grand vase à deux anses , qui fait le pendant du N.° précédent.

Les peintures du corps sont divisées sur le devant en deux bandeaux , ainsi que sur le numéro que l'on vient de décrire. Elles représentent sept Initiés des deux sexes. Sur le derrière une grande , stèle, ou autel rond, se voit au milieu de deux Liiliés. Une tête de nymphe est peinte sur le cou du vase. Il est tiré du même cabinet.

i66 VASES ANTIQUES d'aRGILE

i4 Grand vase presque gemblablc aux deux des N.*** précédens.

Sur une des faces ^ temple ou tomheim distjle , avec entablement orné de triglypbes ; au dedans est une matrone appuyée sur un vase cinéraire : une jeune femme lui présente un éventail ou fiabelle. Hors du temple 5 des femmes avec des offrandes. Sur l'autre face un temple presque pareil. Un grand candélabre est au dedans , au bas duquel un vase. Autour sont des Initiés avec des oblations.

Il vient du Vatican ; Passeri l'a publié en partie.

1 5 Petit vase d'un beau vernis et d'un travail assez fin.

Les peintures représentent Thétis qui apporte à son fils Achille les armes forgées par Vulcain. Le héros s'est déjà saisi du bouclier ; de l'autre côté est peint un jeune athlète enveloppé dans son manteau.

i6 Autre presque semblable au précédent.

Une femme magnifiquement drapée est peinte d'un côté. Elle offre à boire dans une tasse à un jeune homme couronne' , peint de l'autre côté du vase , et qui tend la main vers la femme. Tous les deux sont placés sur un socle orné de méandres. Il paraît que ces figures ont rapport aux cérémonies des mariages.

17 Petit vase h trois anses.

La peinture n'offre que des figures bacchiques,

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