‹ Opere varie, italiane e francesiChapitre 52 sur 122 · N. 122. COMMODE · texte numérisé non relu

N. 122. COMMODE

L'exécration publique qui poursuivit la mémoire de cet Empereur, en ayant fait détruire lesamages , ses bustes en marbre sont d'une grande rareté : celui-ci, bien conservé, nous l'offre, tel qu'il se voit dans les médailles de ses dernières années, avec les cheveux naturellement frisés et la barbe épaisse. Par-dessus la tunique il porte le paludamentum y manteau particulier aux Empereurs.

(i) C'est pourquoi, disse nella prima edizione il Visconti j dans les peintures et les pierres gravées antiques on voit souvent les vases des parfums des athlètes , avec leur strigile. — Gli Editori.

Ce buste , cu marbre pentélique , est tiré du palais ducal de Modène.

N. 123. VÉNUS , dite la Vénus de Médicis.

La Déesse des Amours vient de sortir de l'e'cume de la mer, où elle a pris naissance : sa beauté virginale paraît sur le rivage enchanté de CythèrCj sans d'autre voile que l'attitude de la pudeur. Si sa chevelure n'est pas flottante sur ses épaules divines , ce sont les Heures qui, de leurs mains célestes, viennent de l'arranger (Homère, Hymne IP').

Un Dauphin groupé avec une coquille est à ses pieds : ce sont des symboles de la mer , élément natal de Vénus. Les deux Amours qui le surmontent , ne sont pas les enfans de la Déesse : l'un d'eux est cet Amour primitif (£'ro5) qui débrouilla le chaos 3 l'autre est le Désir {Himeros)^ qui avait paru dans le monde en même tems que le premier des êtres sensibles. Tous les deux la virent naître , et ils ne s'écartèrent jamais de ses pas ( Hésiode , Théog. v. 201 ).

Si nous en devons croire rinscription grecque tracée sur la plinthe de la statue , ce miracle de l'art a été l'ouvrage de Cléomène Athénienl, fils d'ApoUodore, et père, suivant des conjectures trèsprobables, de cet autre Cléomène à qui nous devons la belle statue romaine décrite au N. 83: mais cette inscription est moderne, et toute la partie extérieure de la plinthe l'est aussi.

Cependant on a de fortes raisons de croire que ce n'a pas été l'imposture qui a forgé cette inscription. Suivant toutes les probabilités, lors de

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la restauration, quand on a vu quo, pour rétablir plus solidement la statue , on était obligé de sceller ^ l'ancienne plinthe dans la nouvelle, et d^en eflfacer rinscription qui vraisemblablement s'y lisait, on l'a restituée sur la plinthe moderne (i).

D'ailleurs , ce Gléomène à qui l'on attribue la Vénus, avait excellé à un si haut degré pour représenter la beauté des femmes, que Pline nous a conservé l'anecdote d'un chevalier romain devenu amoureux de l'une des Thespiades, statues de Gléomène, transportées à Rome par L. Mummius. Cet artiste n'était donc pas indigne d'être l'auteur de la Vénus.

Celle-ci a les oreilles percées , comme on l'a déjà observé sur d'autres statues de la même Déesse j sans doute des boucles précieuses y étaient suspendues. Son bras gauche conserve dans le haut la marque évidente du bracelet dit spinther^ représenté en sculpture sur plusieurs de ses images.

Cette statue a été exécutée en marbre de Paros, d'un grain très-fin : placée à Rome , dans les jardins de Médicis, depuis le seizième siècle, transport^'e dans la Galerie de Florence, dans le cours du dix-septième, elle est parvenue, dans l'opinion générale de toute l'Europe, à partager la célébrité de X Apollon de Belvédère, qu'elle rivalise par la sublimité de la conception, par le précieux du fini, et par la beauté idéale des formes.

La France a dû X Apollon aux victoires de Na-

(i) Veggasi nel T. III ^ p. u e seg. la Note Xri tique sur les Sculpteurs grecs qui ont porté le nom de Cléomènes. — Gli Editori.

poléon , pendant sa première campagne d'Italie ; sa munificence a valu aux arts ce second chefd'œuvre.

Nous n'avons que des incertitudes et des traditions contradictoires à l'égard de Pendroit et de la fouille qui ont renda r,u jour la P^énm de Médias, Tout le bras droit et PaTanfc-bras gauche de cette statue sont modernes, restauration exécutée à Rome au seizième siècle, par quelque artiste florentin. Tout ce que l'on vient d'avancer ffur l'inscription gi'ecque a été vérifié avec Tattention la plus scrupuleuse^ on a même découvert l'ancienne plinthe pour voir si elle ne conserverait pas quelque vestige d'inscription : on a vu que la sm'face extérieure en avait été emportée pour faciliter la jonction du marbre antique avec le moderne dans lequel il a été enclavé (i).

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