‹ Opere varie, italiane e francesiChapitre 95 sur 122 · N. 299. CALLIOPE · texte numérisé non relu

N. 299. CALLIOPE

Assise sur les rochers du Parnasse, la Muse de la Poésie épique. Calliope, semble méditer et prête à écrire sur ses tablettes {pitgillares) ces vers i mtmortels qui éternisent la mémoire des héros. Deux uniques, dont celle de dessous a ses manches étroites et boutonnées le long du bras, et un manteau jeté sur ses genoux, forment son vêtement. A ses pieds est cette espèce de chaussure appelée soccus.

Cette Muse a été trouvée en 1774? à Tivoli, dans la maison de campagne de Cassius , dite la Pianella di Cassio f avec les sept statues d'Apollon et des Muses , que l'on voit dans cette salle , sous les numéros 3oo, 3oi, 3o2, 3o3, 3o5, 307 et Bog, ainsi que la petite statue d'Uranie assise, qui est exposée dans la salle des Romains, N. i32. Pie YI ayant acheté cette belle collection pour le Musée du Vatican , y fit bâtir exprès, pour la placer, une salle magnifique. La tête antique de cette statue a été rapportée. Une partie des tablettes qui , dans la plupart des monumens , forment l'attribut distinctif de Calliope, est antique (i).

N. 3oo. APOLLON MUSAGÈTE.

Si la statue d'Apollon Pythien présente ce Dieu dans toute sa puissance et sa majesté , celle-ci nous l'oftie comme le père de la poésie , le Dieu de riiaimonie , le chef et le conducteur du chœur

(i) Ffggasi nel Museo Pio-Clemenlino, T. /, tav, 26, p. j64, edizione di Blilano. — Gli Editori.

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des Muses. Il est debout , couronné de lauriers et vêtu d'une longue tunique arrêtée au-dessous du sein par une large ceinture* sur ses épaules est agrafée una chlamyde qui est rejetée en arrière: cet habillement était celui des Citliarèdes , ou joueurs de lyre, lorsqu'ils paraissaient sur la scène. Le Dieu tient en main et touche cet harmonieux instrument dont il paraît accompagner les accens mélodieux de sa voix:

Ipse Deus uaturn, palla spectahiUx aurea, Tractât inauratae consonarla Ijrrae.

Omde.

Cette statue , en marbre pentélique , a été trouvé^ à Tivoli avec celle des Muses, dans la fouille indiquée au N.° précédent. On peut conjecturer que cet Apollon est une copie antique de l'Apollon Citharède, sculpté par le statuaire Tiinarchides , et qui , suivant Pline , était placé dans le portique d'Octavie, à Rome, avec les neuf Muses de Pliiliscus, dont les nôtres, peut-être, sont des répétitions antiques. La tête de cette statue est encastrée dans le buste, mais est la sienne propre 5 le bras droit et partie de la lyre sont modernes. Sur l'une des branches de l'instrument ou voit le châti-' ment de Marsias (i).

N. 3oi, CLIO.

Assise, vêtue et chaussée comme sa sœur Calliope, Clio, la Muse de FHistoire, n'en est guère distinguée que par le volume ou rouleau qu'elle

(i) F. il prealUgato Museo, 7". /, la^. i5, pag. 10 1. - Gli Editori.

lient au lieu de tablettes. Ces deux Muses consacrent également la mémoire . des grandes actions j mais Clio écrit Thistoire de Vhomme, Calliope chante le héros; et comme c'est en vers que cette dernière écrit, elle a besoin de tablettes pour effacer ceux qui sont faibles et leur en substituer* de meilleurs.

Cette figure , en marbre pentélique , a été trouvée avec les autres Muses à Tivoli , ainsi qu'il a été dit au N. 299. Sa tête, couronnée de laurier, est antique, mais n'est pas la sienne (i).

N. 3o2. MELPOMENE

La posture singulière de cette Muse de la Trage'die, fixe d'abord l'attention du spectateur. Comme si elle était lasse de déclamer , elle pose la jambe gauche sur une roche élevée, et s'appuye dessus, tenant d'une main le poignard et de l'autre le masque héroïque d'Hercule. Son vêtement se compose d'une longue tunique à manches étroites , d'une autre plus courte qui est serrée sur les hanches avec une ceinture , et du manteau tragique , ou sjrma , jeté avec grâce sur ses épaules. Mais c'est dans la tête que réside sa plus grande beauté ; ce front pittoresquement ombragé de cheveux épars entrelacés avec le lierre bachique ; ce regard mélancohque, ces traits mêlés à -la-fois de noblesse, de grâce et de sévérité , caractérisent parfaitement

(i) Anche questa bella statua trovasi disegnala e descritta neW anzidetto Museo, T. /, ta?. 16, p. in. —

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Tart de la tragédie, dont le but est de peindre ou d'exciter les diverses passions.

Cette Muse a été trouvée, ainsi que celles qui précèdent, à Tivoli dans la maison de campagne de Cassius, comme nous avons dit au N. 29g. Sa tête antique est anciennement encastrée dans le buste ^ la majeure partie du masque est antique , et le poignard a été rétabli d'après une autre statue de Melpomene qui existait à Rome (i).

N. 3o3. POLYMNIE.

L'attribut ordinaire de Polyranie est de n'en avoir aucun, parce que présidant à l'art de la Pantomime, elle ne doit élre caractérisée que par l'attitude et le geste , raison pour laquelle on l'appelait Musa tacita, la Musq silencieuse. Et comme la Mémoire et la Fable étaient aussi de son ressort, on la représentait entièrement enveloppée dans un ample manteau , ingénieux emblème du recueillement nécessaire à la réminiscence du passé, et peut-être encore de l'obscurité dont les tems fabuleux sont enveloppés.

Cette statue , l'une des mieux conservées de la collection des Muses , a été trouvée au même lieu que les précédentes. On en voit un grand nombre de répétitions antiques qui, le plus souvent, ont été faites pour servir à porter le portrait de quelque princesse ou matrone. Sa tête, couronnée des fleurs du Parnasse,

(1) V. il Museo Pio-Clementino , T. /, tav. 19, p. 129. ■ Gli Editori.

a beaucoup de rapport avec celle de la Flore qui est dans la Salle des Saisons, sous le N. 6i (i).

N. 5o4. BACCHUS INDIEN.

L'image de Bacchus n'est pas de'placée dans la compagnie des Muses ; ce Dieu s'y plaisait , et des deux collines de ÏHélicon j l'une lui était consacrée et l'autre à Apollon. Celui-ci, avec des cheveux frisés et une longue barbe, est représenté en hernie. Il est du genre de ceux que les anciens plaçaient aux avenues de leurs maisons de campagne, et dans les allées de leurs jardins, aucune autre image n'étant plus propre à la décoration d'un lieu de plaisance, que celle du Dieu des vendanges et des Festins.

Ces têtes de Bacchus indien, qui sont multipliées à Tinfîni, ont passé long-tems pour être le portrait de Platon : cependant la seule inspection des cheveux bouclés et frisés à la manière des femmes aurait dû faire revenir de cette erreur.

N. 3o5. ÉRATO.

La poésie erotique ou amoureuse est la principale attribution dErato , qui a pris de l'amour son agréable nom * c'est elle qui a inspiré Anacréon, Horace, Ovide, et tous les poètes qui ont chanté les Amours. Ainsi que Melpomene , elle porte l'habit théâtral, composé de deux tuniques

(i) V. il Mus. Pio-Ciem. T. /, ta\^. 23, pag, 146.— Gli Editori.

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d'inégales longueurs , dont l'une est à courtes manches boutonnées sur le bras, et l'autre est liée au-dessous du sein , par une ceinture. Un manteau jeté sur l'épaule droite va repasser sur son bras gauche, qui porte une lyre, de laquelle elle semble jouer.

Cette statue, en marbre pentélique, a été ti'ouvée à Tivoli , ainsi que les précédentes ç, les avant-bras ont été restaurés: la tête antique appartenait à une statue de Lèda (i).

N. 3o6. EUTERPE.

Ainsi que plusieurs autres de ses sœurs, la Muse de la musique , Euterpe , est assise sur les rochers du Parnasse ou de l'Hélicon : sa tunique , sans manches et à plis réguliers, est ornée, vers le col , d'une agrafe dans laquelle paraît enchâssée une pierre précieuse. De la main gauche elle tient une flûte, son attribut distinctif, qui a été suppléé lors de la restauration , et ses pieds sont chaussés des sandales.

La muse Euterpe manquait à la suite trouvée h Tivoli dans la maison de campagne de Cassius ^ on Pa remplacée par celle-ci, qui se voyait depuis longtems à Rome, au palais Lancellotti (2).

(i) F", il Museo Pio-CIementino, T. I , tav.^i,p. 189, ediz, di Milano. Gli Editori.

(2) V. il Museo Pio-Clemenlino, T. /, tav. l'j.p. 120, cit. ediz. — Gli Editori.

N. 307. TE RPSI CUORE.

Cette Muse , qui preside à la poesie lyrique , porte , comme Erato , une lyre , mais de forme differente : le corps est formé d'une écaille de tortue , et les branches de deux cornes de chèvre sauvage. On a cru que cette espèce de lyre, composée d'une écaille de tortue , pouvait seule servir à distinguer Terpsichore d'Erato , parce que dans les peintures d'Herculanum , où chaque Muse porte son nom écrit, ces deux Muses sont ainsi distinguées 5 mais dans les autres monuments antiques , la lyre indistinctement est l'attribut commun à ces deux Muses, qui président ensemble aux différents genres de poésie lyrique. Au reste, Terpsichore est couronnée de laurier, et assise comme Calliope et Clio : elle est aussi vêtue comme elles , si ce n'est que sa tunique extérieure est attachée sur les épaules , par deux agrafes ou boutons.

Cette jMuse est une de celles trouvées à Tivoli dans la maison de campagne de Cassius (Voy. le N. 299 ). La tête antique , et en marbre pentélique comme le reste de la figure , ne lui appartenait pas originairement (i).

N. 3o8. URANIE.

Debout et vêtue d'une longue tunique, par-dessus laquelle est jeté un grand manteau , Uranie

(i) F. il Museo Pio-Clementino, T. /, tav.io^p. i35. - Gli Ediiori,

liciìt dans sa maiu gauche le globe céleste, et de l'autre le Traduis ou baguette , qui lui sert à en indiquer les signes . symboles constans de l'astro-» noniie , ou plutôt de l'astrologie dont cette Muse était censée s'occuper.

La muse Uranie ne s'ctant pas trouvée parmi celles découvertes à Tivoli dans la maison de campagne de Cassius, on l'a suppléée par celle-ci, qui était à Velletri , dans le palais Lancellotti. La tête antique a été rapportée: les bras et les attribus sont modernes (i).

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