Lumière blanche
Dans l'appareil de la figure 172, remplaçons le brûleur B par un bec Auer ou le filament d'une lampe à incandescence.
L'image centrale. F' est blanche; de part et d'autre se trouvent encore des spectres, mais chacun d'eux est formé par une bande lumineuse continue (spectre I de la planche coloriée). Il est impossible, dans les meilleures conditions de séparation, d'observer des raies brillantes séparées par des intervalles sombres.
La lumière d'un bec de gaz n'est donc pas composée d'un nombre fini de lumières simples; elle en contient une infinité formant une série continue, ayant toutes les longueurs d'onde possibles corn* prises entre deux limites.
Précisons la différence entre les sources qui donnent un spectre de raies brillantes sur fond obscur (un nombre fini de radiations), et celles qui donnent un spectre continu.
Les premières sont constituées par des gaz incandescents : dans les expériences des paragraphes précédents, nous introduisons dans
la flamme obscure du brûleur un chlorure métallique, parce que les chlorures sont volatils à la température de cette flamme. Les spectres de raies sont caractéristiques des métaux employés ; l'acide du sel n'a aucune influence sur la position des raies ; il importe seulement de le choisir de manière que le sel soit volatilisé.
Les spectres continus sont produits par des solides incandescents. La flamme d'une lampe à gaz qui donne un spectre continu, contient des parcelles de carbone solide incandescentes, provenant d'une combustion incomplète du gaz.