Séparation des raies
Les raies brillantes sont d'autant plus nettement séparées qu'elles sont moins larges; comme ce sont les images de la fente F, il faut la prendre très fine.
Il résulte du paragraphe antéprécédent qu'il est avantageux d'observer un spectre de rang élevé. Pratiquement, on ne dépasse pas le troisième, car ils sont de moins en moins lumineux à mesure qu'ils s'éloignent de l'image centrale F'; d'ailleurs ils empiètent les uns sur les autres, leur largeur devenant de plus en plus grande.
La séparation est d'autant meilleure que le réseau contient plus de traits au millimètre. Puisque le rapport D : m est constant pour chaque lumière simple, les écarts D sont proportionnels au nombre m de traits par millimètre.
Il est difficile d'en tracer plus de 500.
En définitive, avec une fente fine et un réseau à traits serrés, on peut, dans un spectre de rang convenable, séparer des raies qui paraissent confondues lorsqu'on les observe dans des conditions favorables. D'où la conséquence qu'une lumière qui parait simple, étudiée avec un appareil, peut être complexe avec une disposition meilleure. Exemple : la lumière du sodium elle-même, qui nous sert de type de lumière simple, est décomposée en deux lumières simples (de longueurs d'onde très peu différentes, naturellement) par des réseaux puissants.
Il ne faut pas exagérer le grossissement dû à la lentille L (fig. 172), ou, c e qui revient au même, exagérer la distance OF'. La/ distance FjF ^ de deux raies d'un même spectre est bien proportionnelle à OF'; mais comme la largeur de ces raies croît dans le même rapport, la facilité de distinguer les images l'une de l'autre, ce qui constitue le pouvoir séparateur, est indépendante de cette distance, sans parler de l'éclairement qui diminue.
Par la suite, nous retrouverons cette remarque sous bien des formes.
137* Ordre des couleurs dans les spectres.
Dans l'un quelconque des spectres fournis par un réseau, partons de l'extrémité la plus voisine de l'image centrale F', Nous trouvons des violets, des indigos, des bleus, des verts, des jaunes, des orangés
et des rouges. Cela revient à dire que les longueurs d'onde croissent en partant des violets pour arriver aux rouges*
Le violet, l'indigo, etc., ne àont pas des couleur» simples; il existe une infinité de lumières simples violettes, une infinité de lumières simples indigos, etc. II n'y a pas seulement sept couleurs dans Le spectre; il y en a une infinité, formant une gamme continue : il est impossible, par exemple, de dire où commencent Les orangés, où finissent les rouges.
Lorsqu'on élève la température d'un solide, 3 devient généralement lumineux vers 400°; il émet alors une lumière rouge. Sa température s'élevant, son éclat augmente : la couleur de la Lumière qu'il rayonne, diffère de moins en moins du blanc, c'est-à-dire par définition de la lumière du Soleil non modifiée par la traversée de notre atmosphère. Le spectre de la lumière ainsi émise ne contient, en effet, vers 400°, que les radiations rouges ; pour une température plus haute il contient des rouges et des orangés ; à mesure que la température croît, le spectre toujours continu s'allonge de plus en plus vers l'extrémité violette : la composition de la Lumière émise se rapproche de celle du SoIeiL