Spectre secondaire avec des prismes d'angles petits
i°. — Opérons avec des prismes d'angles assez petits pour qu'on puisse appliquer la formulç :
D est la déviation, n est l'indice.
La figure 185 représente les courbes des déviations (ou des quantités n — 1) pour deux prismes de même angle A. La courbe acb correspond au crown; la courbe ACB correspond au flint. Pour simplifier la figure et les constructions, je rectifie la courbe acb, ce qui revient à porter en abscisses, non plus la longueur d'onde, mais une certaine fonction de la longueur d'onde A=/*(X).
Déviations
FJmtd'éngleA
Rouge P
R) Jaune Rt
Fig. 185.
A-/7X; VSokt
Les prismes ont leurs arêtes en sens inverse; la déviation résultante est donc la différence des déviations. Actuellement c'est la déviation. par le flint qui l'emporte.
Cherchons l'angle pA qu'il faut donner au crown pour que les déviations à travers les deux prismes soient les mêmes pour les radiations R, et R s .
La droite AB coupe l'axe des abscisses au point P. Par le point 0, intersection de ab avec l'axe, menons une parallèle à AB. La courbe o# est la courbe ab dilatée verticalement dans le rapport /?.
C'est maintenant le prisme de crown qui produit la déviation la plus grande; la déviation résultante est mesurée par la distance verticale des courbes o$ et AB.
Elle est la même pour les radiations R, et R s . Elle est maxima pour une radiation intermédiaire C; elle diminue de part et d'autre de cette radiation vers les deux bouts du spectre.
2°. — On appelle spectre secondaire le spectre obtenu à travers
,deux prismes ac aromatisés, c'est-à-dire dont les angles sont choisis tels que la déviation soit la même pour deux certaines radiations.
Le spectre secondaire se termine brusquement par un maximum de déviation; les rayons de réfrangibilités extrêmes vont en s'étalant, de manière que l'intensité décroît en mourant du côté des déviations les plus petites.
Vers le maximum de déviation, la lumière s'accumule, tant à cause vde la propriété du maximum que de l'intensité visuelle propre des radiations auxquelles on le fait pratiquement correspondre (radiations voisines du jaune moyen). L'extrémité la plus déviée est donc jaune verdâtre clair; la moins déviée, formée par la superposition des rouges et des violets, est pourpre sombre. Entre elles les teintes sont dégradées comme couleur et comme^intensité.
Fig. 186.
En définitive, le spectre secondaire est un spectre ordinaire replié
sur lui-même.
3°, — Pour passer aux phénomènes dans les lunettes, il suffit de remarquer que les foyers relatifs aux diverses radiations ont la même distribution et les mêmes teintes que dans le spectre secondaire relatif aux prismes de petits angles.
On a donc à une certaine distance de l'objectif une image dominante de couleur jaune verdâtre. Plus loin on obtient une image pourpre. Entre ces extrêmes sont réalisées une série d'images de teintes et d'intensités intermédiaires.
Quand on met au point avec un oculaire, c'est naturellement sur l'image la plus intense. D'où une tache centrale jaune verdâtre, entourée d'une a-uréole dont l'extrême limite est un bleu pourpre.
Je reprends plus loin la même question sous une autre forme.