Aberration do sphéricité. Irradiation
4°. — Dans ce qui précède, nous supposons que l'oeil donne du point lumineux objet un point lumineux image, autrement dit, qu'il n'a pas d'aberration sphérique et que les phénomènes de diffraction n'interviennent pas. En réalité, l'œil même supposé de révolution donne d'un point une image plus ou moins étendue que nous pouvons appeler cercle de diffusion.
S'il est astigmate, il transforme le faisceau incident en un faisceau qui s'appuie sur deux focales : étant donné la forme circulaire de la pupille, entre ces focales existe encore un cercle de diffusion. L'œil serait-il de dévolution et sans aberration, la théorie ondulatoire nous apprend que l'image d'un point n'est pas un point : c'est un cercle d'autant plus étendu que la pupille est plus diaphragmée.
Quoi qu'il en soit de l'importance relative de ces diverses causes, nous pouvons considérer comme un fait expérimental que l'image d'un point sur la rétine est un petit cercle incomparablement plus grand que ne serait l'image géométrique du point dans un instrument stigmàtique parfait de mêmes caractéristiques.
2°. — Gomme preuve de cette proposition, voici l'expérience de Volkmann.
On trace un trait noir fin sur un papier blanc bien éclairé; on ie regarde, en s' accommodant exactement dessus y à travers un écran placé contre l'œil et percé de deux ou plusieurs trous très fins et très rapprochés. Pour correcte que soit T accommodation, on voit généralement plusieurs images distinctes. C'est l'expérience de Scheiner, mais, au lieu de rendre systématiquement l'accommodation mauvaise, on cherche à la faire la meilleure possible.
Conclusion : les rayons émis par un point ne forment pas une image stigmatique.
Suivant les yeux, l'aberration est d'un sens ou de Pautre : les rayons marginaux se croisent plus près ou plus loin de la cornée que les rayons centraux.
, Si nous supprimons l'écran, les diverses images coexistent : autrement dit, l'image d'un point n'est plus un point : c'est un petit cercle dont le diamètre est plus ou ïhoins grand suivant la perfection des yeux. .-< •
Helmholtz estime vain de calculer les phénomènes au moyen dès formules des dioptres sphériques, tant parfois ils sont compliqués. Parfois même ils sont discontinus; on doit alors les attribuer à des irrégularités locales du cristallin ou de la cornée.
3°. ■ — Irradiation.
Le phénomène principal qui résulte du remplacement des imagés ponctuelles par des cercles de diffusion est ViiTadiation.
Je l'étudié longuement dans mon Cours sur la Vision et la Reproduction des formes et des couleurs.
En vertu de l'irradiation, l'image d'une plage lumineuse sur fond noir déborde sur le fond; elle est comme entourée d'une marge d'éclat rapidement décroissant. Le phénomène s'explique immédiatement en admettant que l'image d'un point est un cercle dont Téclairage diminue du centre à la périphérie, où il s'annule. Comme un éclairement ne devient sensible que s'il dépasse une certaine limite, on explique aisément que le phénomène ne soit net que pour des surfaces fortement éclairées. Quel que soit le diamètre pupillaire, l'irradiation s'annule pour de faibles éclairements.
Pour la vision des objets noirs sur fond blanc, je renvoie le lecteur à nion Cours sur la Vision ...
186* Méthode de Cuignet (skiascopie).
i°. — La méthode de Cuignet pour la détermination objective du plan sur lequel s'accommode actuellement un œilQ, est basée sur la remarque suivante (lig. 210).
Soient P et P' deux plans conjugués par rapport à une lentille tî. Quand un objet A se meut dans le plan P, son image A' se meut en sens inverse dans le plan P'.
Plaçons notre œil (œil de l'observateur) quelque part au voisinage de Taxe de la lentille; accommodons sur la lentille; déplaçons le point lumineux A dans le sens de la (lèche. ■ * :
D10PTRIQVE DE L'ŒIL
Sens
delalunuèrc
yT ,
Oi
Ol
ft
Fi£. 216.
TS'otre œil placé en O t , en avant de P', voit la lentille s'illuminer d'abord en M; puis la plage éclairée marche dans le sens de la flèche i. C'est évident, puisque, dans le déplacement de l'image A', l'œil de l'observateur reçoit d'abord le rayon MN, enfin le ravon- RS.
Si l'œil est en O,, en arrière de P f , il voit la plage éclairée se déplacer suivant la flèche 2,
Enfin, s'il est précisément en O, dans le plan P' conjugué du plan P où se meut la lumière A, simultanément toutes les parties de la lentille Ù deviennent lumineuses et retombent dans l'ombre.
La méthode permet donc de savoir de quel plan P' est conjugué le plan P où se déplace la lumière A.
2°. — Dans l'application de la méthode, la lentille devient l'œil 12 du patient, le plan P est la rétine de cet œil. On ne peut évidemment pas promener une lumière réelle dans le plan P, sur la rétine de l'œil à étudier- Mais on peut l'éclairer avec une lumière extérieure mobile S, ou avec une lumière extérieure fixe il réfléchie par un miroir mobile qui en donne une image mobile S. La partie éclairée A de la rétine se trouve autour de la trace de la droite qui joint la source vS au centre optique de l'œil. La rétine étant diffusante, sa partie éclairée A joue le rôle d'objet lumineux plus ou moins nettement délimité.
Pour savoir sur quel plan l'œil Q s'accommode actuellement (plan P' de la figure 216), l'observateur O regarde comment s'éclaire la pupille quand S se déplace. Il compare le sens dans lequel marchent les parties éclairées de la pupille, au sens dans lequel on déplace l'objet lumineux S.
La source fixe 2 est généralement une lampe placée près de l'oreille du patient. On se sert comme réflecteur d'un miroir plan ou d'un miroir concave : on fera bien attention au sens dans lequel une rotation du miroir déplace l'image S de 2, par suite dans lequel elle déplace les parties A éclairées de la rétine.
Je n'insiste pas sur la technique, qui n'est pas de ma compétence.