Vision du fond de l'œil; ophtalmoscopes
i°. — Pour qu'un observateur A voie distinctement la rétine R de l'œil B, il faut que les deux rétines soient accommodées Tune sur l'autre à travers les systèmes optiques formés par les yeux. Il faut, par exemple, qu'elles soient accommodées toutes deux sur l'infini.
Imaginons que l'œil B regarde dans un plan IV (fig. 221, 1) situé à
30 ou 40 centimètres ; l'image de la rétine B s'y forme considérablement grandie. Si l'oeil A regarde dans ce plan, il ne voit donc simultanément qu'une portion infime de la rétine de l'œil B; la portion visible de l'image R' est limitée par le cylindre construit sur Les deux, pupilles. En. effet, les. rayons qui permettent la visiop. de la rétine R traversent évidemment la pupille B et doivent entrer dans la pupille A.
Pour augmenter le champ, voici comment on dispose l'expérience.
2°. — Image virtuelle et droite de la rétine.
On place devant l'œil B un verre divergent D qui, associé au système optique de l'œil B, forme une loupe à travers laquelle l'œil A regarde la rétine de 1 l'œil B. L'œil B donne de sa rétine R une image réelle et renversée R' que le verre D transforme en une image virtuelle et droite R ff .
Fig. 221.
Soit /"la distance focale principale (en valeur absolue) du verre D; soient/? et/?' les distances au verre D des images R' et R" (distances prises en valeurs absolues) ; on a :
Si l'œil A de l'observateur est placé tout près du verre, // est la distance à laquelle il choisit de regarder l'image virtuelle de la rétine. 11 est clair que si p est choisi à l'avance, le choix du verre D dépend de l'accommodation actuelle de l'œil B observé.
En particulier, si l'œil A est emmétrope (p'=cc) et si l'œil B regarde à l'infini (/? = oo), on a /=go : la lentille devient inutile.
Si l'œil B vise suffisamment loin et si l'œil A est hypermétrope, il peut y avoir de même compensation : dans ce cas l'œil A voit sans verre une image réelle et renversée R' (fig. 221, 2).
3°. — Image réelle et renversée de la rétine. /
Comme nous l'avons expliqué en commençant, l'œil A peut regarder tout simplement l'image réelle et renversée R' que l'œil B donne de sa propre rétine (fig. 221, 1). Mais .alors le champ est trop petit.
Pour l'augmenter on place en avant de l'œil B un verre très convergent G (de 13 dioptries en général) par rapport auquel l'image R' joue le rôle d'objet virtuel. Il en donneune image réelle R", que l'observateur A regarde directement ou plus souvent à travers une loupe de 4 dioptries.
Désignons par/? et// les distances (en valeurs absolues) de R' et de R* à la lentille G; soit /"sa distance focale. On a :
En général /; est considérable devant / (8 cm. dans notre hypothèse); on a donc très approximativement p'=f.
L'image R" est à 8 cm. de la lentille, dans nos hypothèses.
Le champ est limité par la pupille de l'œil observé tant que la lentille convexe est voisine de l'œil; en effet, l'aire occupée sur la lentille ou sur la cornée par les rayons qui émanent de la rétine, est à peu près la même. Il est vrai que, l'image R" étant beaucoup plus petite que R', le même espace visible correspond à une portion de rétine beaucoup plus grande.
On augmente le champ en éloignant la lentille de l'œil.
Si elle est placée de manière que son foyer soit sur la pupille de l'œil B, le champ est limité par l'ouverture de la lentille, et non plus par celle de la pupille.
4°. — Procédés d'éclairage.
On éclaire la rétine avec un miroir opaque percé d'une ouverture pour l'observation, ou encore avec une glace sans tain.
Pour observer l'image droite, on place ordinairement le miroir à 45° entre l'œil et le verre divergent. Mais ce sont là des détails qui intéressent principalement les ophtalmologistes : je n'insiste pas.