Collimateur et lunette
Les lentilles de besicles coûtent 4 francs la dizaine de paires.
Je suppose donc qu'on possède en nombre suffisant des lentilles, mettons de 2 dioptries, c'est-à-dire de 50 cm. de distance focale.
i°. — La construction d'un collimateur pour manipulations (S 84) est d'une extrême simplicité. Sur une planche QQ de 70 cm. de longueur, on visse en F un morceau de laiton faisant équerre à angle droit et percé d'un large trou. Sur ce trou on colle une carte de visite dans laquelle on a découpé avec un canif une fente aussi fine que possible (d'une fraction de millimètre). Avec une équerre plate, on s'arrange de manière que la fente soit normale à la planche QQ. La lentille L, de deux dioptries, est fixée avec de la cire molle contre une seconde équerre en laiton. La base de cette équerre est percée d'une fente dans laquelle passe la vis d'un écrou à oreilles.
Le réglage de la distance FL, et de l'orientation du plan de la lentille normalement à FL, reste donc possible.
Il consiste à amener l'image d'un objet lointain sur la carte de visite.
Ceci obtenu, on serre la tête à oreilles.
Comme on le voit, les frais sont minimes. Le collimateur n'est pas achromatique. Si on veut éviter l'irisation des images, on dispose sur la face du trou F tourné vers la source lumineuse (un bec Auer par exemple, ou mieux une lampe à pétrole et à mèche plate) un morceau de verre jaune J. On le fait tenir avec deux bouts de laiton mince E formant ressorts.
3°. — La lunette est d'une construction un peu plus compliquée.
Normalement à la planche PP en forme de secteur, on fixe un axe A (bout de tige d'acier cylindrique). La planche SS, qui servira d'alidade mobile, est percée d'un trou où l'axe A entre à frottement
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doux. Pour que la rotation de SS se fasse sans heurts ni grippements, on interpose une rondelle B.
Une tige circulaire T fixée sur PP sert de chemin circulaire.
Pour mesurer les rotations de l'alidade, on s'en sert comme de compas pour tracer la circonférence GG. Enlevant l'alidade, on découpe la planche PP à la scie à chantourner, suivant ce trait. Sur le champ cylindrique obtenu, on visse une règle plate en poirier
dont le hiseau. est divisé en millimètres. Mesurant le rayon de la circonférence qui correspond à l'exlrémité du biseau, on transforme les millimètres de la règle en radians, puis en angles.
On prendra pour rayon à peu près 70 cm. On trouve dans le commerce des règles en poirier de 70 cm. de long. L'appareil permet donc de mesurer des angles jusqu'à un radian, soit environ 57*.
Le degré vaut un peu plus de 12 mm. : la sensibilité de l'appareil est donc nptable.
Pour préciser l'azimut de l'alidade, on peut utiliser une petite lentille de 10 cm. de distance focale, étroitement dLaplirugntée, pour éviter les erreurs de parallaxe. Elle est tenue par un bout de laiton qui supporte une fine aiguille S dont la pointe est à quelques millimètres de la graduation (aussi près que l'ajustage de l'appareil le permet).
Si l'appareil est bien construit, on peut lire le dixième de millimètre, ce qui correspond au cent vingtième de degré ou à 30*.
En tous cas la minute est à peu près sûre.
3°. — Passons à la partie optique.
La lentille L a (de 2 dioptries) est supportée par un morceau de laiton courbé à angle droit et percé d'un trou. Elle est placée à 10 ou 15 cm. de Taxe de rotation. A l'autre extrémité de la planche SS est une équerre réglable comme il a été expliqué ci-dessus. Elle est percée d'un large trou; aux extrémités du diamètre vertical de ce trou sont de petites plaques horizontales percées de petits trous. Un fil $ y passe que tend le ressort à boudin r. On s'arrange de manière qu'au moins approximativement la droite qui joint le fil au centre optique de la lentille passe par l'axe géométrique de rotation A.
Le réglage consiste à amener le fil dans le plan focal principal de la lentille L 2 . Pour cela on dispose l'appareil devant des objets éloignés; on rapproche et on éloigne le fil de la lentille jusqu'à ce qu'il reste sur le même point de l'image quand on hoche la tête. Le réglage est très sensible, le hochement pouvant être de plusieurs centimètres.
Ce réglage est fort intéressant en lui-même (§ 11).
Comme tige T, on emploiera un tube de laiton, par exemple, qu'on pliera comme il est expliqué dans Construction, description...
Une plate -forme GG solidement fixée à la planche P permet de disposer les prismes, cuves, glaces,... à peu près au-dessus de l'axe de rotation A, nous allons voir sur quel support auxiliaire.
Evidemment la lunette est plus coûteuse que le collimateur. Tout de même, en l'estimant à 10 francs on est large dans ses estimations, à supposer, bien entendu, qu'on le construise au laboratoire.