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5Zi8 (419) DEUXIÈME PARTIE. — DES SENSATIONS VISUELLES. § 25. § — Divers phénomènes subjectif*.
Nous avons encore à décrire quelques phénomènes visuels subjectifs dont l'explication est encore impossible ou tout au moins incertaine, et qui, par conséquent, n'onl pas pu trouver place dans les paragraphes précédents.
I. — Phénomènes provenant de la tache jaune. — La tache jaune se distingue du reste de la rétine par bien des particularités. Nous avons déjà vu (page 30) les particularités de sa structure anatomique. La macula se distingue de plus, sous le rapport physiologique, par la netteté de la perception des images, qualité par laquelle son centre, la fovea, surpasse de beaucoup toutes les autres parties de la rétine; c'est à cette circonstance que la fovea doit son importance comme point de fixation. Nous avons déjà fait voir au § 15 (p. 215-218) comment on peut reconnaître la macula dans l'image entoptique ; dans ce mode d'observation, elle se distingue, d'abord par l'absence de vaisseaux à son centre, et, en second lieu, par l'ombre que projettent les parties latérales de la fovea centralisa sous un éclairage oblique. Nous avons déjà dit, en parlant des perceptions de cette partie de la rétine, que sous l'influence d'un courant électrique traversant l'œil, elle se dessine tantôt en sombre sur fond clair, tantôt en clair sur fond sombre, suivant la direction du courant, et que, de plus, sous un éclairage qui présente des intermittences d'une vitesse modérée, elle se distingue, au milieu des figures chatoyantes de la rétine, sous la forme d'une image étoilée remarquable.
Mentionnons encore qu'elle présente aussi une forme particulière pour un éclairage uniformément répandu, et, en particulier, pour la lumière bleue. — On voit apparaître alors différentes parties de la tache jaune ; on ne les voit pas toujours toutes ensemble, et leur netteté varie avec les conditions de l'expérience. Au centre de la tache jaune, la fovea cenlralis est formée d'une partie de rétine très-mince, transparente et incolore. Son diamètre est, d'après Kolliker, de 0""",18 à 0,225. Sa distance du point nodal postérieur de l'œil est de 15mm, soit en moyenne de 75 fois son diamètre. Sa grandeur apparente dans le champ visuel est donc un cercle de 40' à 50' de diamètre. Lorsqu'elle est rendue visible, elle apparaît ordinairement sous forme d'un cercle régulier Lien délimité. On voit souvent, tout autour de la, fovea, une auréole sombre dont le diamètre correspond à peu près à celui de la partie non vasculairc de la tache jaune, telle qu'on la voit dans l'oh-
g 25. VISIBILITÉ DE LA TACHE JAUNE. ^
servation entoptique des vaisseaux. La circonférence de cette auréole, ou partie non vasculàire, est peu marquée; son diamètre, environ trois ibis plus grand que celui de la fovea, mesure, par conséquent, un peu plus de 2 degrés. Tantôt son pourtour paraît assez régulièrement circulaire, notamment sous un faible éclairage; tantôt il se rapproche d'un losange dont la plus grande diagonale est horizontale. C'est sous cette dernière forme qu'il m'apparaît, surtout sous un éclairage un peu intense. Cette partie correspond anatomiquement à la partie moyenne de la tache jaune, dont la coloration est d'un jaune intense, et à laquelle H. Millier a trouvé, dans deux yeux examinés à cet égard , un diamètre horizontal de 0,nm,88 et 4mm,5 et un diamètre vertical de 0mm,53 et 0,,u",8. Du reste, la coloration jaune s'étend bien plus loin, mais elle est faible et peu tranchée.
Enfin, pour un éclairage intense, on voit l'auréole obscure, non vasculaire, entourée à son tour d'une auréole claire, dont la périphérie, se dessine d'une manière très-vague, et qui me paraît, de même, présenter une forme plutôt rhomboïdale que circulaire. Ses diamètres sont chacun à peu près trois fois plus grands que ceux de l'anneau obscur non vasculaire. On ne peut pas désigner de partie anatomique nettement définie qui corresponde à cette partie de l'image : l'auréole claire répond plus ou moins à la coloration jaunâtre des parties extrêmes de la tache jaune ; cependant on ne peut rien dire de précis sur cette coïncidence, car l'étendue de la coloration jaune faible présente des différences individuelles trop grandes. Peut-être aussi cette auréole n'est-elle due qu'à un effet de contraste. Nous l'appellerons anneau de Lœwe, du nom de celui qui l'a découvert, et qui la voyait circulaire.
Lœwe (1) découvrit cet anneau en regardant une surface claire à travers une solution limpide de chlorite de chrome, d'une couleur vert-céladon. L'anneau paraissait violet en comparaison du fond verdâtre et entourait l'anneau central, obscur, de sorte que Haidinger le compare à une image de l'iris qui entoure la pupille. Haidinger montra qu'il est inutile d'employer des milieux dichromatiques pour voir les anneaux, qu'ils apparaissent dans le bleu homogène du spectre prismatique et aussi dans de la lumière mélangée qui contienne assez de bleu. Dans cette dernière, les anneaux se détachent sur le fond avec des colorations qui varient suivant la composition de la lumière mélangée au bleu. L'anneau de Lœwe paraît se présenter avec une netteté différente pour des yeux différents, de sorte que. bien des personnes ne
(1) Haidinger, in Pogg. Ann., LXX, 403; LXXXVIII, 451. — Wiener Silzungsbcr., IX, 240.
550 (420) DEUXIÈME PARTIES, - DES SENSATIONS VISUELLES. § 25. peuvent pas le voir. Quant à moi, je ne le vois que par une certaine clarté moyenne, celle qui nous est commode pour lire et pour écrire. Lorsque je mets un verre bleu devant les yeux, et qu'après les avoir reposés quelque temps en les tenant fermés, je porte le regard sur un papier blanc, je vois distinctement l'auréole non vasculaire, sous forme d'une tache rhomboïdale, sombre, entourée d'une bande rlimnboïdale d'un bleu plus clair, l'anneau de Lœwe. Il suffit d'une faible augmentation de l'éclairage, ou d'une faible diminution, pour que l'anneau de Lœwe me paraisse plus étroit : une variation d'éclairage un peu considérable le fait disparaître, et je ne vois plus que l'anneau obscur non vasculaire.
L'anneau obscur non vasculaire est la partie la plus constante du phénomène. — Maxwell (1) est le premier qui ait examiné exactement la manière dont il se comporte. Lorsqu'on emploie de la lumière homogène, Maxwell dit qu'on ne le voit apparaître que clans le bleu. On le voit aussi dans des couleurs mélangées, lorsqu'elles contiennent beau-: coup de bleu ; c'est ainsi qu'on peut le voir, mais faiblement, dans la couleur blanche, Lorsqu'on porte le regard sur une surface bleue, après avoir reposé les yeux, cet anneau apparaît ; il disparaît bientôt, et avec plus de rapidité si l'éclairage est intense. Maxwell conseille de placer alternativement, devant les yeux, des verres bleus et jaunes ou des papiers bleus et jaunes. La tache apparaît dans le bleu et disparaît dans le jaune. Pour ma part, je le vois le mieux sur le ciel, au moment où les premières étoiles commencent à paraître, après avoir reposé suffisamment les yeux par un assez long séjour en plein air. Lorsqu'après avoir fermé les yeux pendant quelques instants, on les ouvre en les tournant vers le ciel , on voit pendant quelque temps l'anneau non-vasculaire se dessiner très-distinctement; on voit souvent aussi h l'intérieur de cet anneau la fovea centrulis sous forme d'une tache un peu plus claire, d'un bleu plus pur, cà contours assez nets. Il est remarquable que, dans cette expérience, ainsi que Maxwell l'a déjà observé., la sensation lumineuse se fait un instant plus tard dans les parties centrales delà rétine que dans les parties périphériques. A cet effet, Maxwell faisait passer, avec une a°rtaine vitesse, une série de bandes obscures devant un champ bleu . jù peut aussi constater le fait en ouvrant simplement les yeux. L'obscurité se dissipe en marchant nettement de la périphérie du champ visuel vers le centre, et la dernière trace qui en reste prend la forme de la tache de Maxwell. Pour certains degrés d'in-
(1) Athenâum, 1856, p. 1093. — Edinb. Journ., 2. IV, 337. — Inst., 1856, p, 424. — Rep. of British Association, 1856, 2, p. 12.
§ a& HOUPPES DE HAIUINGEH. 551
tensité, en particulier pour celui que présente le ciel au moment où les premières étoiles commencent à paraître, le phénomène qui se produit lorsqu'on ouvre les yeux est encore plus compliqué : tandis que 1 obscurité disparaît, en marchant de la périphérie vers le centre, on voit apparaître subitement en clair, soit la fovea seule, soit toute la tache de Maxwell. Il est possible que cette apparition précède un peu le phénomène obscur, mais l'intervalle est si court, que les deux phénomènes paraissent se présenter simultanément, d'une manière analogue à ce qu'Aubert a remarqué sur les images accidentelles obtenues à la lueur de l'étincelle électrique.
Parfois, lorsque la fovea se présente très -nettement; je vois encore, dans l'auréole non vasculaire, de faibles dessins linéaires, semblables aux contours d'une fleur à pétales nombreux (reine-marguerite, dahlia). Ce sont probablement des ébauches du même dessin qui se présente d'une manière plus distincte à la lumière intermittente.
Enfin, je ferai remarquer que j'ai souvent vu, par hasard, la tache de Maxwell en clair sur fond obscur, le matin, au sortir du lit, en dirigeant vers un fond sombre le regard qui avait reposé d'abord sur la large surface lumineuse d'une fenêtre. Je n'ai jamais réussi jusqu'à présent à reproduire volontairement ce phénomène. On voit apparaître un cercle d'une clarté éblouissante, de la grandeur de l'auréole non vasculaire, ombré vers les bords et présentant des indices du dessin rayonné. De cette dernière circonstance on peut conclure que, lorsque l'œil est bien reposé et très-excitable, l'impression lumineuse persiste plus longtemps dans la tache jaune que dans les autres parties de la rétine, tandis que, d'autre part, elle paraît aussi commencer plus tard dans la tache jaune, comme les phénomènes que nous avons vu se présenter lorsqu'on ouvre l'œil. L'obscurité que présente, sur un fond bleu, la partie fortement pigmentée de la macula, paraît attribuable à l'absorption de la lumière bleue par le pigment jaune. Les parties colorées en jaune sont précisément celles qui se trouvent en avant des parties réellement sensibles, c'est-à-dire des cônes. Si la tache n'est, du reste, que faiblement dessinée subjectivement , et si elle disparaît rapidement, c'est ce qui s'explique de la même manière que l'apparition fugitive de la figure vasculaire. Quant à l'apparition lumineuse subite de la tache jaune qui se présente parfois lorsqu'on ouvre l'œil, elle est encore inexpliquée.
Les phénomènes que nous venons de décrire sont ceux qui se présentent à la lumière non polarisée : si l'on dirige le regard sur un champ qui émet de la lumière polarisée, on voit, au point de fixation, les
552 (022) DEUXIÈME PARTIE. - DES SENSATIONS VISUELLES. § 25. houppes de polarisation de Haidinger. — On les voit, par exemple, lorsqu'on regarde, à travers un prisme de Nicol, une feuille de papier blanc bien éclairée, ou un nuage lumineux. Les houppes sont représentées (pl. V, fig. 3) dans la position qu'elles affectent lorsque le plan de polarisation de la lumière est vertical. Les taches plus claires, limitées par les deux branches d'une hyperbole, se dessinent en bleuâtre sur champ blanc ; la houppe obscure qui les sépare, et qui est plus large à ses extrémités qu'à son centre, présente, au contraire, une coloration jaunâtre. Lorsqu'on fait tourner le prisme de Nicol, la figure de polarisation tourne du même angle. D'après une remarque de Brewster, que je trouve confirmée pour mon œil, la houppe obscure est bien plus étroite à son milieu lorsqu'elle est horizontale (c'està-dire parallèle à la ligne de jonction des deux yeux) que lorsqu'elle est verticale comme dans la figure. La surface qui est occupée par la figure de polarisation paraît, aux yeux de Maxwell et aux miens, égaler en grandeur l'auréole non vasculaire de la tache jaune. Le bord de la fovea traverse à peu près les parties centrales et les plus éclairées des surfaces bleues. Brewster attribue aux houppes l'étendue un peu plus grande de U degrés, et Silbermann leur assigne 5 degrés, ce qui provient peut-être de ce que leur netteté varie beaucoup pour des yeux différents, et que, pour cette raison, les uns perçoivent et les autres ne perçoivent pas les parties les plus faibles, situées au bord extrême de la ligure. Pour ma part, il y a douze ans, immédiatement après la découverte de Haidinger, je ne pus parvenir, malgré les plus grands efforts, à voir la moindre trace des houppes, et dernièrement, en essayant de nouveau, je les vis aussitôt que je regardai à travers un prisme de Nicol. Cependant, clans mon œil gauche, le milieu de la houppe obscure est bien plus sombre que dans l'œil droit, ce qui peut provenir d'une différence de coloration de la tache jaune. Du reste, lorsqu'on les voit, elles disparaissent bientôt, comme tout phénomène subjectif lié à la structure de la rétine. Elles reparaissent lorsqu'on fait tourner le polarisateur de 90 degrés.
Les individus qui perçoivent les houppes d'une manière très-nette, les voient aussi dans de la lumière qui n'est polarisée qu'en partie, sur des surfaces réfléchissantes, sur le ciel, etc. , ce qui leur permet de déterminer immédiatement partout la direction du plan de polarisation. Cependant, parmi les diverses couleurs de la lumière homogène, le bleu est, comme Stokes l'a trouvé, la seule qui produise les houppes de polarisation. On ne les voit pas dans les parties moins réfrangibles du spectre. Sur un champ bleu, les surfaces hyperboliques bleuâtres paraissent claires, et les houppes jaunes qui les séparent, paraissent
g 25i HOUPPES DE HA1DINGER. 000
obscures ; c'est ainsi qu'on les voit, lorsqu'on regarde une surlace blanche à travers un verre fortement coloré en bleu, superposé au polarisaient-. Quant à moi, non-seulement je ne vois pas ces houppes dans te vert, le jaune et le rouge homogènes ; mais je ne les vois pas non plus dans les nuanees impures, mais assez saturées, de ces couleurs, telles que les donnent les \ erres colorés. II s'ensuit que, dans la lumière blanche, le phénomène provient aussi des modifications du bleu. A l'endroit des houppes jaunes, il n'y a pas de bleu, c'est précisément pour ce motif que ces faisceaux paraissent jaunes et plus foncés.
Lorsque la lumière est polarisée, soit par réflexion, soit par réfraction simple ou double, toutes les couleurs subissent toujours à peu près également la polarisation. C'est seulement dans l'absorption de lumière chromatique par des corps biréfringents que la lumière de certaines couleurs peut être polarisée, tandis que celle des autres couleurs ne l'est pas. C'est la tourmaline, si souvent employée comme moyen de polarisation de la lumière, qui nous présente l'exemple le plus connu d'une semblable absorption. Cette propriété est , du reste , très-répandue parmi les corps colorés biréfringents, on peut la produire artificiellement en colorant ces corps, et elle provient de ce que le rayon ordinaire, comme dans la tourmaline, ou le rayon extraordinaire, comme dans le rutile (oxyde de titane) ou la cassitérite (oxyde d'étain), subit une absorption plus forte. Or, la plupart des fibres et des membranes organiques sont faiblement biréfringentes et se comportent, en général, comme des cristaux à- un axe, dont l'axe serait parallèle à la longueur des fibres ou perpendiculaire à la surface des membranes. On peut donc expliquer la production des houppes de polarisation en admettant que les éléments jaunes de la tache jaune sont faiblement biréfringents et qu'ils absorbent plus fortement le rayon extraordinaire de la couleur bleue que son rayon ordinaire.
Lorsque de la lumière bleue, polarisée d'une manière quelconque, traverse, suivant leur direction, des fibres ainsi constituées, elle est fortement absorbée; mais si elle les traverse perpendiculairement à leur direction, elle est absorbée fortement ou faiblement suivant qu'elle est polarisée parallèlement ou perpendiculairement à la direction des fibres. Or, les fibres de la couche fibreuse externe (p. 28, 4°) , perpendiculaires à la surface dans les autres parties de la rétine, sont obliques dans la tache jaune, leur extrémité postérieure se rapprochant de la fovea (1) . Dans la fovea centralisa les couches granulées et les couches ganglion-
(1) Bergmann, in ffcnlc und P feu/fer' s Zcitschrift fur rat. Med., 2, V, 2A5 ; 3, II, 83. — Max Sciiultze, Observationes de retinac structura penitiori. Bonn, 1859, p. 15.
55£i (425) DEUXIÈME PARTIE. - DES SENSATIONS VISUELLES. § 25. naiivs font plus ou moins complètement défaut; par contre, les couches granulées et la couche ganglionnaire externe sont plus épaisses autour de la fovea qu'ailleurs ; il en est de même de la couche ganglionnaire interne, bien qu'elle contienne encore, au bord de la fovea eêntralis; trois rangées de cellules superposées, de telle sorte que Les autres éléments relatifs aux cônes de la fovea paraissent refoulés sur le pourtour de cette dépression, ce qui doit forcer les fibres correspondantes, de nature nerveuse ou connective, à prendre une direction oblique. Ainsi, d'après l'hypothèse que nous avons faite, au bord de la fovea, où les fibres ont en général une direction oblique dirigée vers le centre de la dépression, la lumière devrait subir une absorption plus forte aux endroits où les fibres sont parallèles au plan de polarisation. Si ce plan est vertical, il se formera des parties obscures au-dessus et au-dessous de la fovea, des parties claires à droite et à gauche. De même il devra se présenter des parties plus sombres aux endroits où les fibres ne sont plus obliques à la surface de la rétine, c'est-à-dire au centre même de la fovea et vers le bord de la tache jaune. On a vu le phénomène des houppes de polarisation répondre à ces conditions.
On a encore émis d'autres opinions sur l'origine des houppes de polarisation. — Entre autres, on a accueilli assez favorablement celle qui a été indiquée par Kilach et plus spécialement développée par Jamin. Tous les deux croyaient pouvoir expliquer les houppes par les réfractions multiples que subit la lumière sur les surfaces réfringentes de l'œil. Il est vrai que la lumière polarisée verticalement qui pénétrerait dans l'œil par en haut ou par en bas, subit une réfraction plus forte et pénètre en moindre quantité que celle qui vient par les côtés, et que, par suite, le quadrant supérieur et le quadrant inférieur du champ visuel devraient paraître un peu plus foncés que le droit et le gauche. Mais si le phénomène avait pour cause la polarisation par réfraction, il faudrait d'abord que les houppes eussent à peu près la même intensité dans toutes les couleurs homogènes, tandis qu'elles ne sont nettes que dans le bleu. En second lieu, elles devraient augmenter de force d'une manière continue, en marchant vers les bords du champ visuel. Elles sont au contraire renfermées dans une partie très-petite et centrale. En troisième lieu, leur centre devrait se trouver sur l'axe, et non au point de fixation, qui paraît ne coïncider avec l'axe que dans bien peu d'yeux. Stokes, Brewster et Maxwell ont déjà fait ressortir l'insuffisance de cette explication, et les deux derniers ont remarqué que l'étendue des houppes coïncide avec celle de la tache jaune. Haidinger et Silbermann ont aussi donné toutes sortes d'explications, niais qui ne sont pas bien clairement développées.
Haidinger décrit dans le champ bleu, à l'endroit où l'on voit l'anneau de Lœwe, des croix de Saint-André claires, qui n'ont pas encore été retrouvées par d'autres observateurs. Pour ma part, je ne puis les voir.