DIAMÈTRE
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Para-
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Gran.l.
Petit.
cornée .
mètre.
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rétine.
., ? 'AXJ?f^ 1CI 1(59 ««^cations de Krause sur la distance du cristallin à la rétine, mais J ai déjà fait remarquer plus haut que je considère leur exactitude comme très-douteuse. En ce qui concerne 1 épaisseur du cristallin, mes mensurations sur l'œil vivant ne s'accordent
(1) Pràger medic. Vicrteljahrwhr., 1854, Bd. I, Aussorord. Beilage, 8. I.
3() bESCRIPTION ANATUMKJUK Dli L'ŒIL.
pas non plus avec Celles prises sur le cadavre. Comme , du reste, l'épaisseur du cristallin varie suivant qu'on regarde des objets rapprochés ou éloignes, je renvoie, pour l'exposé de mes recherches à ce sujet, au § 12, consacré à l'étude de l'accommodation.
Sur la structure du cristallin :
1845. A. Hannover, in J. Mùller's Archiv, 1845, S. 478.
1846^ Harting, in van de Hoeven en de Vriése Tijdschrift, XII, S. 1.
1847*. E. Bruche, Beschr. d. menschl. Augapfels. Berlin, S. 27-30.
1849.' W. Bowman, Lectures on the parts concerned inthe oper. on the eye. London.
185l! H. Meyer, in /. Mùller's Archiv, 1851, 202.
1852. Gros, in Compt. rend, de l'Acad. des sciences, 1852, avril.
1854* A. Kolliker, Mikroskopische Anatomie. Leipzig, II, 703-713.
— ' Thomas, in Pragermedic. Vierteljahrsschrift, 1854, Bd. I, Ausserord. Beil., S. 1. ■1852. D. Brewster, On the development and extinction of doubly refracting structure in
' the crystalline lenses of animais after death(P/«7. Mag., (4), III, 192-198). 1859. G. Valentin, Neue Untersuchungen ùber die Polarisationserscheinungen der Crystal- ' linsen des Menschen und der Thiere {Archiv fur Ophthalm.,\V , p. 227-268).
— D. Brewster, On certain abnormal structures in the crystalline lenses of animais
' and in the human crystalline (Rep. of Brit. Assoc, 1858, 2, p. 7). 1863. F. J. v. Becker, Ueber den Bau der Linse bei dem Menschen und don Wirbelthiercn
' {Archiv fur Ophthalm., IX, (2), 1-42). 1865. J. V. Hasner, KHn. Vortràge iiber Augenheilk. Prag., S. 223.
§ fi. — Humeur aqueuse et corps %îtré.
L'humeur aqueuse remplit l'espace compris entre la cornée, l'iris et le cristallin. On appelle chambre antérieure de l'œil l'espace circonscrit par la face postérieure de la cornée, la face antérieure de l'iris et le plan de la pupille. L'espace, au contraire, qu'on supposait exister entre le plan de la pupille, la face postérieure de l'iris et la face antérieure du cristallin, avait reçu le nom de chambre postérieure de l'œil; en réalité, ce n'est à l'état normal qu'une fente capillaire, puisque la face postérieure de l'iris est en contact immédiat avec la face antérieure du cristallin. C'est tout au plus si l'iris paraît s'éloigner du cristallin dans la dilatation considérable de la pupille que l'on peut obtenir au moyen de la belladone. .
L'humeur aqueuse remplit donc la chambre antérieure. Elle est claire, incolore et se compose d'eau qui contient environ 2 0/0 de matières solides, consistant en sel marin et matières extractives. Son indice de réfraction diffère à peine de celui de l'eau.
L'espace qui sépare le cristallin de la rétine est rempli par le corps vitré, lequel est entouré par la membrane hyaloïde. Le corps vitré -est formé d'une masse gélatineuse de peu de consistance. Si on le coupe, il laisse suinter une humeur fluide et qui n'est pas filante. Ce liquide présente une réaction alcaline, et contient de \ ,09 à 1 ,98 0/0 do parties solides, dont la moitié consiste en matières inorganiques (sel
g g. HUMEUB AQUEUSE ET CORPS VITRÉ, (26) 37
marin, un peu de carbonate de soude, traces de chaux, acides sulfuriquc et phosphorique). La partie organique semble être principal lement de la matière mucilagineuse, et contient des traces d'une combinaison protéique. Un peu plus élevé que celui de l'humeur aqueuse» l'indice de réfraction du corps vitré diffère également à peine de celu de l'eau.
Dans l'embryon, le corps vitré présente une structure celluleuse ; mais plus tard on ne trouve plus des cellules que quelques restes, sous forme de membranes, noyaux, masses grenues, qui s'y meuvent plus ou moins librement. Le corps vitré doit probablement sa consistance à une faible quantité d'une substance organique très-gonflée (substance mucilagineuse ou fibrineuse) . De faibles quantités de fibrine qu'on peut séparer dans les liquides hydropiques donnent souvent de semblables masses gélatineuses, assez mobiles, qui laissent écouler le liquide lorsque l'on détruit mécaniquement la consistance du caillot. Lorsqu'on fait durcir le corps vitré dans des réactifs qui précipitent le mucilage, par exemple, dans des dissolutions d'acétate de plomb ou d'acide chromique, on trouve parfois dans les coupes des striures régulières. Doit-on les attribuer à des membranes qui s'étendent à travers le corps vitré ? c'est ce qui est encore fort douteux.
Hannover, s' appuyant sur l'existence de ces lignes, 'admet, dans le corps vitré de l'homme, l'existence des membranes planes qui se coupent toutes suivant une ligne allant du point d'entrée du nerf optique à la face postérieure du cristallin. Il dit qu'à partir de cette ligne, ces membranes s'étendent vers la périphérie du corps vitré où elles s'insèrent, de telle sorte que la structure du corps vitré rappellerait celle d'une orange.
En' parlant des images entoptiques , j'indiquerai les conclusions qu'on peut tirer de ces images relativement à la structure du corps vitré.
La membrane hyaloïde est une membrane très-mince, transparente comme du verre et amorphe, qui, dans la partie postérieure de l'œil, double la membrane limitante de la rétine, à laquelle elle adhère fortement par tous ses points, sur le vivant (1), tandis qu'après la mort l'adhérence n'existe qu'au point d'entrée du nerf optique et à Vora serrata. Devenue moins épaisse à partir de Yora serrata, elle se continue au delà de cette zone jusqu'à la face postérieure de la capsule du cristallin avec laquelle elle se confond en k (pl. I, fig. 1), tandis qu'entre
(1) Vikischoab in Sitzher. tf. Wiener Akad., XI, 943, et Iîiirow in ./. Mùller's Archiv* 18M.
elle et la partie ciliaire de la rétine vient s'interposer une autre membrane, la zone ou la zonule de Zinn [ligamentvm suspensorium lentis) , que quelques anatomistes considèrent comme étant un feuillet antérieur de la membrane hyaloïde.
La zonule est plissée comme une collerette, de manière à épouser la surface des procès ciliaires. Le bord antérieur ou externe de ses plis est fortement adhérent à la membrane limitante dans les cavités qui séparent les plis des procès ciliaires ; le bord postérieur ou interne de ses plis, qui correspond aux sommets des procès ciliaires, se rapproche de la membrane hyaloïde. Dans la planche I, figure 1, la zonule est désignée par la ligne e. À droite, elle tombe entre deux procès ciliaires ; à ' gauche, elle passe par -dessus le sommet d'un de ces procès. De cette manière, elle parvient jusqu'au bord du cristallin, et s'insère sur la capsule suivant une ligne ondulée. La figure 16 représente la projection d'un quadrant du cristallin sur un plan passant par l'axe ab. La ligne d'insertion de la membrane hyaloïde est désignée par cd. Au devant de cette ligne on voit une ligne dentelée, suivant laquelle s'insère la zonule.
L'espace en forme de fente, qui sépare la zonule de la membrane hyaloïde, s'appelle canal de Petit. Lorsqu'on insuffle ce canal après avoir mis à nu la face antérieure de la zonule, les plis de cette dernière s'étendent en prenant une forme bombée, et le tout prend l'aspect d'un ove. C'est pour cette raison que Petit, auquel on en doit la découverte, lui donna le nom de canal cjodronné. Si l'on pousse plus loin l'insufflation, les parties déjà distendues de la membrane se déchirent, et il ne reste plus que les bords antérieurs des plis qui' résistent, grâce à leur solidité plus grande, et forment des cordons qui attachent le cristallin au corps vitré. Ces bords antérieurs des plis sont, au reste, solidement unis à la partie ciliaire de la rétine, qui s'avance profondément entre les procès ciliaires, et cette partie de la rétine elle-même est intimement reliée à la couche pigmentaire. En cet endroit se trouvent aussi des faisceaux fibreux qui, d'après Brûcke, proviennent des fibres qui sont couchées parmi les cellules nerveuses de la rétine. Le long de Yora serrata, ces fibres se réunissent en faisceaux aux endroits qui correspondent à l'intervalle de deux procès ciliaires, et se dirigent on avant en suivant le fond de ces intervalles. Briïcke considère la zo-
Fig. 16.
g ?< PARTIES OUI ENTOURENT L'OEIL. (2S) 39
nule elle-même comme étant une membrane sans structure, tandis que Henle et Kolliker lui assignent une structure fibreuse. La zonule et ses fibres présentent aux réactifs une résistance aussi grande que le tissu élastique.
La zonule assure la position du cristallin, en l'attachant au corps ciliaire, et peut aussi, lorsqu'elle est tendue, opérer sur le bord équatoiïal du cristallin une traction qui agrandit le diamètre équatorial de cette lentille, diminue son épaisseur suivant l'axe, et aplatit ses surfaces.
Sur la structure du corps vitré :
Pappenheim, Specielle Gewebelehre des Auges, 1842, S. 181. E. Brvcke, in /. Mûtter's Archiv, 1843, S. 345, et 1845, S. 130. H \nnover, ibid., 1845. R. 467, et in : Das Auge. Leipzig, 1852.
Bowman, in Dublin Quarterly Journal of Med. Science, 1848, Aug. — Aussi in Lectures on
the parts conccrn. in the oper. on the eye. London, 1849, p. 94. E. Brucke, Beschr. d. menschl. Augapfels. Berlin, 1847.
Virchow, in Verhandl. d. Wùrzburger phys. med. Ges.,U, 1851, 317, et in Archiv fur
pathol. Anat., IV, 468, et V, 278.
Kolliker, Mikrosk. Anatomie, II, 713.
Donders en Jansen, in Ncderlandsch Lancet, 1846, II, 454.
A. Donc AN, De corporis vitrei structura, dissert. Utrecht, 1854. Reproduit in Ondcrzoekingen ged. in het physiol. Laborat. der Ltrechtsche Hoogeschool. , Jaar VI, S. 172.
§9. — Des parties qui entourent l'oeil.
Le globe de l'œil, entouré de tissu cellulaire graisseux et lâche, est logé dans Y orbite. Cette cavité osseuse présente une forme à peu près conique. La base du cône est cette partie de la face qui limite l'orbite; e s ommet est en arrière et un peu en dedans. La figure 1 7 représente la position des yeux dans les deux orbites. A la partie postérieure de l'œil droit, on voit sortir le nerf optique w, qui pénètre dans la cavité crânienne par un trou o (trou optique) , situé au sommet de l'orbite, pour aller s'unir et se croiser avec son congénère en m, dans le chiasma des nerfs optiques. Les prolongements des nerfs optiques, depuis le chiasma jusqu'au cerveau, portent le nom de tracius opticus. Les fibres de chacun des tractus opticus se rendent en partie dans le nerf optique correspondant, en partie dans celui du côté opposé; un petil nombre retournent aussi au cerveau par l'autre tractus. Quelques observateurs ont aussi trouvé des fibres qui, par le chiasma, vont d'un nerf optique à l'autre.
Dans l'orbite se trouvent ensuite six muscles destinés à mouvoir l'œil, ce sont :
1° Le droit interne i et 2° le droit externe, a s'attachent tous doux
hO DESCRIPTION ANATOMIQUE DE L'Œil,. § 7.
au contour du trou optique, au sommet de l'orbite, et viennent respectivement s'insérer aux côtés interne et externe du globe de l'œil. Leur action est rotatrice autour de l'axe vertical
3° Le droit supérieur, supprimé à droite dans la figure 17 pour laisser voir le nerf optique et désigné par s à gauche, et h° le droit inférieur, dont la situation à la partie inférieure de l'orbite est analogue à celle du droit supérieur dans la partie supérieure de cette cavité. Ces deux muscles partent également de la périphérie du trou optique, et s'insèrent aux parties supérieure et inférieure du globe de l'œil. Us le font tourner autour d'un axe horizontal qui est dirigé du nez vers la tempe et légèrement d'avant en arrière. Cet axe fait un angle d'environ 70° avec l'axe de l'œil, A.
5° Le muscle oblique supérieur A prend son origine au bord du foramen opticum, et se dirige en avant, le long de la partie interne de la paroi supérieure de l'orbite ; son tendon passe dans une petite anse (trochlea) u fixée au bord supérieur et antérieur de l'orbite, s'y réfléchit et va s'insérer en C à la partie supérieure du globe de l'œil. La direction suivant laquelle agit ce muscle, est celle de son tendon.
0° U oblique inférieur, qui est caché dans la figure 17, s'insère à la
g 7 PARTIES QUI ENTOURENT I/0BIL. (29) Ui
partie antérieure et interne de l'orbite, longe le globe de l'œil en se dirigeant vers la tempe, et s'insère en v à la partie postérieure et externe du globe. L'axe de rotation BB, relatif aux muscles obliques, est horizontal. Il est dirigé d'avant en arrière et de dehors en dedans, et fait, avec l'axe relatif aux muscles droits supérieur et inférieur, un angle d'environ 75°, avec l'axe de l'œil un angle de 35°.
Par l'action diversement combinée de ces six muscles, non-seulement l'axe de l'œil peut être dirigé dans toutes les directions, mais encore l'œil peut recevoir des mouvements de rotation autour de cet axe. Si nous avons admis pour chaque paire de muscles un axe de rotation commun, c'est que cette supposition paraît permise, au moins comme première approximation, et qu'elle simplifie singulièrement l'examen des mouvements que les muscles de l'œil ont à exécuter.
En avant, le globe de l'œil est protégé par les paupières. Chacune d'elles contient une petite lame cartilagineuse qui est recouverte sur sa face extérieure par la peau, sur sa face intérieure par une muqueuse dont la continuation va tapisser l'œil sous le nom de conjonctive oculaire. Cette membrane est unie lâchement à la sclérotique, avec laquelle elle ne se confond qu'en approchant du bord de la cornée.
La surface de la conjonctive et la face antérieure de la cornée sont continuellement humectées par trois sécrétions différentes ; ce sont : 1° La sécrétion des glandes de Meibomius, qui se trouvent sous la conjonctive à la face interne des paupières, et dont les conduits excréteurs s'ouvrent le long de l'arête postérieure des bords palpébraux. Cette sécrétion graisseuse s'arrête sans doute le plus souvent sur les bords des paupières et empêche les larmes de déborder ; mais elle peut aussi s'étendre en gouttes huileuses sur la cornée, notamment à la suite de forts mouvements des paupières. 2° Le mucus des glandes de la conjonctive, qui sont nombreuses, surtout au bord des plis qui séparent les paupières et l'œil. 3° Le liquide des larmes, sécrété par les glandes lacrymales, qui sont au nombre de deux de chaque côté et situées à la partie supérieure et externe de l'orbite. Elles versent leur produit, qui ne contient qu'environ 1 0/0 de substances solides, par sept à dix canalicules qui aboutissent à la partie supérieure de l'angle externe de l'œil, entre la paupière supérieure et le globe. De là ce liquide se répand sur toute la surface de la conjonctive, et est reçu, à l'angle interne, par deux fines ouvertures, les points lacrymaux, orifices des deux canalicules lacrymaux; ceux-ci le versent dans un canal plus étendu, le conduit lacrymal, lequel débouche dans la fosse nasale.
La conjonctive de l'œil est excessivement sensible. Le moindre contact d'un corps étranger y détermine de la douleur et un mouvement involontaire des jmupières, le clignement. C'est grâce à ce mouvement et à l'écoulement continu des larmes, qui imprègnent la conjonctive, que la surface antérieure de la cornée est constamment maintenue brillante et propre, condition indispensable pour une vision distincte. Enfin les cils arrêtent les parcelles dépoussière, les insectes, etc., que l'air peut contenir.
§ 8. — Division fin sujet.
L'optique physiologique est l'étude des perceptions fournies par le sens de la vue.
Nous voyons les objets extérieurs par l'intermédiaire de la lumière qu'ils émettent et qui vient pénétrer dans l'œil. Cette lumière frappe la rétine, partie impressionnable de notre système nerveux, et y excite des sensations qui, transmises au cerveau par le nerf optique, nous permettent de nous représenter l'existence d'objets déterminés situés dans l'espace.
Il résulte de là que l'étude des perceptions visuelles se divise en trois parties :
3° L'étude du trajet de la lumière dans l'œil. Comme nous aurons à nous y occuper principalement de la réfraction des rayons lumineux, et que nous n'y parlerons qu'exceptionnellement de lumière réfléchie, soit régulièrement, soit diffusément, nous pourrons donner à cette partie le titre de dioptrique de V œil.
2° V étude des sensations du nerf optique, où nous traiterons des sensations, sans tenir compte de la possibilité de les utiliser pour reconnaître des objets extérieurs.
3° V étude de V interprétation des sensations visuelles, qui traite de la représentation que nous nous formons des objets extérieurs, en nous fondant sur les sensations visuelles.
V optique physiologique diffère donc de Y optique physique, en ce qu'elle ne traite des propriétés et des lois de la lumière qu'en tant qu'elles ont rapport aux perceptions visuelles, tandis que l'optique physique examine ces propriétés et ces lois telles qu'elles subsistent indépendamment de l'œil humain. Si cette dernière tient compte de l'œil, c'est uniquement à titre d'instrument d'expérimentation et de réactif plus commode que tous les autres pour reconnaître la présence et l'étendue de la lumière et pour distinguer les différentes sortes de lumière.
Pour ceux des lecteurs qui ne sont pas complètement familiarisés avec les résultats de l'optique physique, j'intercale ici un court aperçu des propriétés
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hk (81) DE L'OPTIQUE PHYSIOLOGIQUE. § 8-
essentielles de la lumière qui sont importantes pour l'optique physiologique, et je donne les définitions des principes de physique auxquels nous aurons besoin de recourir par la suile.
La plupart des physiciens considèrent la lumière comme étant une forme particulière de mouvement d'un milieu hypothétique, l'éther, et nous adopterons cette manière de voir, la théorie des ondulations, comme rendant très-complétemenl compte de tous les faits.
La manière la plus facile de se représenter le mode de mouvement des particules d'éther le long d'un rayon lumineux, qui sert de base aux déductions de la théorie des ondulations, c'est de saisir avec la main l'extrémité <¥| -A supérieure A d'un fil mouillé ou d'une chaînette fine AB (fig. 18),
qu'on laisse pendre verticalement; puis de faire mouvoir la main çà et là dans un plan horizontal. Le fil prend la forme d'une ligne ondulée, représentée dans la figure par le trait ponctué ; cette ligne se meut continuellement de l'extrémité supérieure vers l'extrémité inférieure. Dans les ondulations qui se propagent de haut en bas, le long du fil, chacune de ses molécules reste toujours à la même hauteur au-dessus du sol. Cependant une molécule peut osciller en ligne droite, soit de droite à gauche, soit d'avant en arrière; ou bien, toujours sans sortir d'un plan horizontal, elle peut se mouvoir horizontalement autour de sa position moyenne d'équilibre suivant des trajectoires circulaires ou elliptiques, selon que la main qui tient le fil se meut de droite à gauche, d'avant en arrière, ou bien suivant des courbes fermées.
Le mouvement d'une série de particules d'éther le long de laquelle se propage un rayon lumineux est tout à fait semblable à celui des différents points du fil. Chaque particule d'éther reste constamment dans le voisinage de sa position d'équilibre primitive, et décrit des trajectoires droites ou courbes de part et B d'autre de cette position. Ce qui se propage sous le nom de
Fia. 18. lumière, ce ne sont pas les particules d'éther elles-mêmes, mais seulement la forme d'onde qu'elles affectent pendant leur mouvement, et cette oncle se propage avec ses différentes variations de forme et de vitesse.
Les trajectoires des particules d'éther pendant le mouvement lumineux sont comprises dans des plans perpendiculaires à la direction suivant laquelle se propagent les ondulations, absolument comme dans notre fil, où les ondulations s'avancent verticalement vers la terre, et où chaque portion du fil décrit sa trajectoire sans sortir d'un même plan horizontal. C'est en cela que les ondes lumineuses diffèrent de celles produites dans les fluides élastiques, des vibrations sonores de l'air, par exemple, où les particules oscillent parallèlement à la direction suivant laquelle a lieu la propagation.
Si, dans une série d'ondulations lumineuses, les particules vibrantes de l'éther décrivent de§ lignes droites, la lumière est dite polarisée en ligne droite; si la
8 PROPRIÉTÉS DE LA LUMIÈRE. (92) û5
rajectoire est circulaire ou elliptique, la polarisation est circulaire ou elliptique, \ mouvenient de rotation pouvant d'ailleurs se faire vers la droite ou vers la auche. Deux rayons polarisés en ligue droite et dont les directions d'oscillation [»ut perpendiculaires l'une à l'autre, sont dits polarisés à angles droits. La lulièrc naturelle, telle qu'elle est émise par les corps lumineux, se comporte le lus souvent comme un mélange uniforme de toutes les sortes de lumière polaîsée, el on l'appelle lumière non polarisée. Ce n'est que par la réfraction et la fiflexion qu'on obtient de la lumière où l'un des modes de polarisation prédomine ou même se trouve seul.
Quand, dans le mouvement lumineux, chaque particule d'éther oscille exactenom dans le même temps et avec la môme vitesse sur une même trajectoire, la ornière est dite simple, monochromatique ou homogène, et le temps que la pariçule met à parcourir une fois sa trajectoire, s'appelle durée d'oscillation. La (articularité la plus remarquable qui différencie les lumières ayant différentes duées d'oscillation, est la couleur. La lumière naturelle des corps lumineux [n'est ii-dinairement pas de la lumière simple avec une durée d'oscillation constante, nais contient des ondes innombrables qui présentent une suite continue des durées l'oscillation les plus diverses. Une telle lumière est dite mélangée ou composée. ,a manière la plus facile de décomposer la lumière consiste à utiliser la réfraction >ar des prismes transparents ; après la réfraction, les ondes dont la durée d'oscilation est différente, se propagent dans des directions différentes. Nous pouvons lonc comparer le mouvement qui existe dans un rayon de lumière naturelle à :clui que prendra notre fil, si la main qui le tient vient à faire des mouvements rréguliers aussi bien pour la durée que pour la direction, mais sans jamais .'écarter beaucoup de sa position moyenne.
La vitesse de propagation des ondes lumineuses est excessivement grande. Pour l'espace, elle a été déterminée d'après des observations astronomiques, et îtteint 310 177,5 kilomètres par seconde. Dans les corps transparents elle est plus faible, et alors, les gaz seuls formant exception , elle possède généralement une valeur un peu différente pour la lumière dont la vitesse de propagation est différente.
Dans les corps cristallisés, ou dans ceux dont la structure moléculaire varie suivant les différentes directions (corps biréfringents), la vitesse de la propagation varie avec les différentes directions de la propagation et de la polarisation.
Si un rayon lumineux simple, polarisé rectilignement, vient à se propager le long de la ligne AB (fig. 18), les particules d'éther qui étaient d'abord sur la ligue droite AB, se disposent suivant une ligne ondulée aQ b0aibia,i, qui se déplace avec une vitesse uniforme, et offre, de part et d'autre de AB, des inflexions de longueur constante. La distance cQ ci comprise entre deux de ces inflexions, ou, en général, la distance qui sépare deux points correspondants sur deux portions consécutives de la ligne ondulée, est ce qu'on appelle la longueur d'onde. Pendant que le sommet de l'ondulation se déplace de a0 en a,, il faut qu'un nouveau sommet soit arrivé en A , et que la particule d'éther qui est en A ait accompli une oscillation entière. Pendant la durée d'une oscillation la lumière se propage donc d'une longueur d'onde, c'est-à-dire que celle longueur égale
46 (33) DE L'OPTIQUE PHYSIOLOGIQUE. g 8<
la durée de l'oscillation multipliée par la vitesse de propagation. 11 suit de là que, pour des lumières d'égale durée d'oscillation dans différents milieux transparents, la longueur de l'onde doit être proportionnelle à la vitesse de propagation, et que dans les milieux transparents denses, les longueurs d'onde sont en général moindres que dans le vide.
Les phénomènes d'interférences permettent de mesurer les longueurs d'ondes et, par suite, de calculer la durée d'oscillation de la lumière considérée. Les phénomènes de l'interférence reposent sur ce fait que deux rayons lumineux se renforcent, lorsque les mouvements qu'ils produisent dans l'éthersont de même sons, et qu'ils se neutralisent lorsque ces mouvements sont de sens contraire. Ainsi, deux parties d'un rayon lumineux qui se réunissent après avoir suivi des directions différentes, se renforcent si les chemins qu'ils ont parcourus sont de même longueur ou diffèrent d'une, de deux,..., d'un nombre entier de longueurs d'ondes; elles se neutralisent, au contraire, si les chemins parcourus diffèrent d'un nombre impair de demi-longueurs d'ondes. Au moyen des phénomènes d'interférences, on a trouvé que les longueurs d'ondes mesurent, dans le vide, de IU à 25 millionièmes de pouce de Paris (de 0,00039 à 0,00069 mm.); et de là on est arrivé à trouver de 451 à 789 billions pour le nombre des oscillations par seconde.
Les vibrations qu'un point lumineux placé dans un milieu uniréfringent communique à l'éther environnant, se propagent uniformément et avec une même vitesse dans toutes les directions. Delà résulte une propagation sphérique de l'onde, dans laquelle l'amplitude d'oscillation des particules vibrantes de l'éther diminue proportionnellement à l'accroissement du rayon de l'onde. Or l'intensité de la lumière étant proportionnelle au carré de l'amplitude d'oscillation, cette intensité sera par conséquent inversement proportionnelle au carré de la distance du point lumineux. Dans une semblable propagation du mouvement lumineux dans l'espace, on appelle surface d'onde la surface qui contient des particules d'élber qui sont toutes dans la même phase de l'oscillation.
J'ai encore à préciser ce que nous appelons un rayon lumineux. D'après sa définition mathématique, c'est une ligne perpendiculaire à la surface d'onde; si donc nous nous occupons d'ondes se propageant sous forme sphérique, le rayon lumineux est un rayon de sphères concentriques, et conserve sa direction aussi loin que le mouvement lumineux se propage sans obstacle dans le même milieu transparent. Si maintenant nous considérons les particules d'éther disposées le long d'un rayon, leur mouvement n'est pas rigoureusement indépendant du mouvement des particules situées dans les rayons voisins. Cependant les obstacles apportés par des corps obscurs, etc. , aux mouvements dans les rayons voisins, n'ont pas, dans les conditions ordinaires, d'influence sensible sur les mouvements dans le rayon considéré, et c'est dans ces conditions que nous nous trouverons pour l'œil. Nous pouvons donc, dans les cas ordinaires, "considérer approximativement le mouvement des particules d'éther dans un rayon comme un ensemble mécanique isolé qui se comporte indépendamment des mouvements des rayons voisins. Cette supposition simplifie et facilite extraordinairement l'élude théorique des mouvements lumineux. C'est ainsi que nous sommes habitués, dans la vie ordinaire, à admettre que chaque rayon lumineux se meut en ligne droite, sans
ç 8< 1>HUIMULTU5 Uli LA LUfllluniZi. v*i m
être influencé par ce qui se passe à ses côtés ; et, par le fait, dans les cas qui se présentent ordinairement, cette règle est sensiblement suivie. Mais cette décomposition de la propagation sphérique de la lumière en rayons rectilignes, n'est plus permise notamment lorsque la lumière passe par des ouvertures tellement petites, que les longueurs d'ondes ne soient plus infiniment petites, par rapport aux dimensions die ces ouvertures. Dans ce cas, des quantités très-notables de lumière se propagent latéralement. En général, on peut remarquer que de petites portions de la lumière s'écartent de la ligne droite {diffraction) partout où la lumière rase le bord des corps opaques. Dans les cas de ce genre, il faut, pour expliquer les phénomènes, revenir au mouvement des ondes entières. Pour la physique de l'œil, nous pouvons au contraire considérer sans scrupule le mouvement de la lumière comme rectiligne, tant que la propagation se fait dans un milieu homogène.
La lumière et le son nous présentent sous ce rapport des différences trèsremarquables, quoique ce ne soit en réalité qu'une affaire de quantité. Les corps qui nous cutourent présentent, le plus souvent, des dimensions suffisamment grandes pour que, par rapport à ces dimensions, les longueurs des ondes lumineuses puissent être considérées comme infiniment petites; c'est pour ce motif que la presque totalité de la lumière se propage en ligne droite, et qu'il faut employer des appareils spéciaux pour apprécier les mouvements lumineux latéraux, qui sont si restreints. Les ondes sonores, au contraire, ont des longueurs qui se mesurent par pouces ou même par pieds, et pour ce motif, en passant le long de corps solides, elles se répandent ordinairement d'une manière notable dans tous les sens. Aussi savons-nous, par l'expérience de tous les jours, que nous ne pouvons voir qu'en ligne droite, mais que nous pouvons entendre autour des coins. Pour cette même raison, nous ne pouvons tenter de décomposer le mouvement sonore en rayons sonores, car nous nous écarterions trop des circonstances réelles, et c'est là le motif pour lequel la théorie du son a, jusqu'ici, été si peu développée comparativement à celle de la lumière.
C'est à cette même circonstance que notre œil doit de pouvoir, d'après la direction des rayons, nous renseigner très- exactement sur le lieu du corps lumineux, ce qui n'est que très-incomplétement possible pour le sou» En revanche, tout corps opaque placé sur le trajet des rayons empêche l'œil de voir ce qui est derrière le corps, tandis que l'oreille peut parfaitement percevoir des sons qui se produisent même derrière elle. G'est ainsi qu'à la propagation latérale des ondes se rattache la cause des avantages et des désavantages particuliers aux deux sens de la vue et de l'ouïe.
Lorsque la lumière rencontre la surface de séparation de deux milieux transparents, en général une portion est réfléchie et reste dans le premier milieu ; une autre portion passe dans le second milieu, mais est, en général, déviée de sa direction primitive, c'est-à-dire réfractée.
La surface de séparation est-elle polie, et les deux milieux sont-ils uniréfringents, un rayon lumineux incident ne sera réfléchi que dans une seule direction (réflexion spéculaire), et ne sera réfracté aussi que dans une direction unique; si, au contraire, la surface de séparation est rugueuse, la lumière, bien