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M. EXPÉRIENCE DE SCHEINER

juguée de l'objet ab, formée par les milieux de l'œil, le rayon aml se continue, après la réfraction, vers a et rencontre la rétine en /; le rayon bmi va, au contraire, vers (3 et rencontre la rétine en g. Si l'on

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mène de / et de g les lignes f? et g^ passant par le point nodal k de l'œil, ces lignes donnent les directions sur lesquelles devraient se trouver, dans la vision ordinaire, des points lumineux dont les images se formeraient en /et en g. C'est par conséquent sur ces lignes que notre jugement place les points a et b.

Quand l'écran s'éloigne de l'œil et se rapproche de l'objet, on voit facilement que les points m, etmâ, et que, de même, les lignes mia et m,p doivent s'éloigner de l'axe de l'œil. La même chose a donc lieu pour les points / et g, et l'image rétinienne augmente,

Si nous enlevons l'écran, chaque point lumineux de l'objet donne un cercle de diffusion. Les centres des images de diffusion de a et de b occupent alors, sur la rétine, des positions plus rapprochées que les points / et y, où se peignent ces points lorsqu'on se sert de l'écran. Le centre des cercles de diffusion est déterminé par le rayon qui se trouve dans l'axe du cône lumineux, c'est-à-dire par celui qui a passé par le centre de la papille. Soit / ce centre. Le rayon qui va de a en â par / rencontre la rétine en i ; celui qui va de b en (3 par / la rencontre en h. Les points h et i sont donc les centres des images de diffusion qui se forment en l'absence de l'écran : ces points sont plus voisins l'un de l'autre que les points / et g.

Si, au contraire, on regarde à travers une ouverture étroite un objet éloigné, tandis qu'on accommode l'œil pour plus près, les objets paraissent plus petits, et d'autant plus petits, qu'on éloigne l'ouverture davantage.

Les distances pour lesquelles l'œil est susceptible de s'accommoder varient beaucoup d'un individu à l'autre. On nomme punctum prnxi-

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mum le point le pins voisin de l'œil pour lequel l'accommodation puisse se faire parfaitement, et punctum remotum, ou, plus correctement, remotissimum, le point le plus éloigné qui jouisse de cette propriété.

Dans ces derniers temps, l'étude des différences individuelles dans la réfraction des yeux a été mise en lumière, principalement par les importants travaux de Donders. Cette étude a été appliquée avec le plus grand fruit à l'art oculistique ; le service rendu a été à la fois direct, en permettant d'améliorer, au moyen de lunettes , des pouvoirs d'accommodation défectueux, et indirect, en faisant reconnaître comme résultats d'une réfraction ou d'une accommodation vicieuses nombre d'états morbides restés obscurs jusqu'alors.

Le progrès que Donders a fait faire à la science provient surtout de ce qu'il a établi une distinction entre les phénomènes qui dépendent d'un degré de réfraction anormal de l'œil à l'état de repos, dans l'accommodation éloignée , et ceux qui se rapportent à l'amplitude plus ou moins grande de Y accommodation, et qui, par conséquent, consistent en une modification de la réfraction produite par l'activité musculaire.

L'opinion suivant laquelle l'état' de repos de l'œil répond à la vision des objets éloignés est déjà appuyée d'une manière très -décisive par la sensation subjective. Donders dit de plus, en sa faveur, que certaines substances narcotiques (notamment l'atropine ou alcaloïde de la belladone) produisent une paralysie du sphincter de la pupille et de l'appareil d'accommodation, et que, dans cet état, l'œil est adapté pour son punctum remotum, sans pouvoir modifier cet état de réfringence. S'il existait dans l'œil un appareil musculaire dont la contraction pût renforcer l'accommodation pour les objets éloignés, il faudrait faire la supposition très-invraisemblable que ce muscle, loin d'être paralysé par l'atropine, serait, au contraire, amené par cette substance, à un état de contraction durable et spasmodique.

D'autre part, des observations pathologiques nous apprennent que, lorsque la paralysie du nerf moteur oculaire commun a entraîné celle de l'appareil d'accommodation, l'œil se trouve adapté d'une manière continue pour la distance qui correspondait antérieurement à son punctum remotum, tandis qu'on n'a pas observé un seul cas de paralysie des mouvements de l'œil où le punctum remotum se^fût rapproché.

Ainsi la plus grande distance visuelle répond à l'état de repos de l'œil. — Le punctum remotum peut être considéré comme normalement situé, lorsqu'il est à l'infini. Donders nomme emmétropes (de ^ctoo,-,

modum tenens, et oty, oculus) les yeux ainsi constitués. Cette désigna- ; tion permet d'éviter le vague qui accompagnerait les expressions d'yeux normaux ou à vision normale. Les yeux emmétropes peuvent, on le comprend, avoir des défauts de plus d'une espèce, et ne sont pas nécessairement normaux.

Il désigne sous le nom de brachymétropes, ou de myopes, en conservant l'expression ancienne, les yeux dont lepunctum remotum est en avant de l'organe sans être à une distance infinie ; ces yeux ne peuvent réunir sur la rétine que les faisceaux lumineux qui leur arrivent en divergeant.

Les yeux qui, au contraire, peuvent réunir non-seulement les rayons parallèles, mais encore ceux qui sont convergents à leur incidence, sont désignés sous le nom d' hypermétropes.

Les yeux myopes ne peuvent pas s'adapter à des objets éloignés sans I le secours de verres de lunettes : il leur manque donc une partie notable ides facultés d'un œil emmétrope. Les yeux hypermétropes, au contraire, sont obligés, chaque fois qu'ils veulent fixer un objet réel, de faire un effort d'accommodation, ce qui produit des phénomènes de fatigue variés et qui sont souvent extrêmement gênants. Les deux sortes j d'aberration sont donc préjudiciables à l'emploi pratique de l'œil, et sont comprises, pour cette raison, par Donders, sous la désignation générale amétropie.

Les aberrations sont causées, en général, par les différences de longueur de l'axe oculaire, qui, dans les yeux myopes, est plus long, et, dans les yeux hypermétropes, plus court que dans les yeux emmétropes. A ces différences correspond aussi une différence dans la position du centre de rotation de ces yeux qui, comme on le verra plus loin (§ îl) , est plus en arrière dans les yeux myopes, plus en avant dans les yeux hypermétropes. La cornée et le cristallin ne présentent, en général, pas de changements de courbure par lesquels on puisse expliquer l'amétropie.

Pour déterminer d'une manière complète l'état de ces yeux anormaux, il faut, de plus, connaître la grandeur de la modification qu'un effort musculaire actif peut produire sur leur réfringence. Si nous comparons un œil emmétrope, qui peut s'accommoder pour chaque objet situé entre l'infini et une distance de (3 pouces, et un œil fortement myope qui ne puisse s'accommoder que pour les objets situés entre 6 et 3 pouces, il semblera peut-être, au premier aspect, que le dernier ait un pouvoir d'accommodation bien plus restreint que le premier. Mais si nous appliquons à cet œil myope une lentille concave de (5 pouces de distance focale, qui lui permet de voir distinctement des objets infiniment éloi-

gnés, nous trouverons que cet œil, avec le secours du verre, peut maintenant, aussi bien que l'œil emmétrope cité précédemment, s'accommoder depuis l'infini jusqu'à une distance de 6 pouces, et a, par conséquent, une amplitude d'accommodation tout aussi grande. En effet, la lentille employée ayant une distance locale négative de 6 pouces, donne pour les objets placés à 6 pouces au-devant d'elle une image virtuelle distante de 3 pouces, et pour laquelle, par conséquent, l'œil myope considéré peut s'accommoder. Pour comparer l'amplitude d'accommodation de deux yeux à distance visuelle différente, il ne suffit donc pas de parler de la distance de leur punctum remotwn à leur punctum proximum ; pour pouvoir faire la comparaison, il faut préalablement les concevoir ramenés au même état de réfringence, par l'addition d'une lentille convenable.

Si l'on veut qu'une semblable lentille ne grossisse ni ne rapetisse les objets, il faut que son point nodal se confonde avec le premier point nodal de l'œil, coïncidence qu'on pourrait atteindre en pratique, si cela paraissait utile, au moyen d'épaisses lentilles convexes-concaves (voy. p. 82 et 83) . Désignons par F la distance du punctum remotwn d'un œil donné à son premier point nodal, par N celle du punctum proximum à ce même point nodal, et par A celle du point le plus rapproché pour lequel l'œil puisse encore s'accommoder, lorsqu'il est pourvu d'une lentille ayant la distance focale négative F, nous aurons

et la valeur 1/A est employée par Donders, à l'exemple de Young, comme mesure de l'amplitude d'accommodation.

L'unité de mesure pour l'accommodation est donc 1 divisé par la mesure de longueur, et, pour concorder avec les numéros des verres de lunettes, on mesure généralement les longueurs tantôt en pouces de Paris, tantôt en pouces prussiens.

Une même amplitude d'accommodation de 1/6 appartient donc : 1° à un œil emmétrope, dont la distance visuelle s'étend de 6 pouces à l'infini ; 2° à un œil myope qui a une distance visuelle de 3 à 6 pouces ; 3° à un œil hypermétrope, dont la distance visuelle s'étend de + 12 à — 12 pouces, puisque

L'amplitude de l'accommodation 1/A diminue d'une manière continue avec les progrès de l'âge, et pour des yeux tout à fait ou à peu près

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